Saint-Marcouf Normandie. Qui veut acheter l'île de Saint-Marcouf, mise en vente dans la Manche ?

L'île du Large Saint-Marcouf (Manche) devrait bientôt être mise en vente par l'État. Deux associations de Normandie se déclarent prêtes à faire l'acquisition du site. Explications.

Mise à jour : 08/11/2015 à 09:38 par Alice Labrousse

L'île du Large Saint-Marcouf est en vente par l'État. Deux associations normandes ont déjà fait connaître qu'elles souhaitaient être acquéreurs du lieu. (Photo @FacebookAssociationdesAmisdel'îleduLarge)
L'île du Large Saint-Marcouf devrait être mise en vente par l'État. Deux associations normandes ont déjà fait savoir qu'elles souhaitaient faire l'acquisition du lieu. (Photo @Facebook Association des Amis de l'île du Large)

Au large de la commune de Saint-Marcouf (Manche), se trouvent deux îles : l’île de Terre et l’île du Large. Si la première est une réserve naturelle ornithologique, l’autre est un bien de l’État qui sera bientôt mis en vente. Fin octobre 2015, l’association des Amis de l’île du Large Saint-Marcouf a envoyé une lettre au préfet de la Manche pour annoncer qu’elle souhaitait se porter acquéreur de l’île de 53 mètres.
Contacté par Normandie-actu, le service départemental des domaines des finances publiques n’a pas souhaité communiquer à propos de ce projet de vente.

Un projet en cours

Christian Dromard, président de l’association, détaille le projet de vente de l’île à Normandie-actu. « Il y a plus d’un an que l’on sait que l’État veut vendre l’île. Cela nous a été confirmé par le Département. Nous avons d’ailleurs fait part de notre envie de l’acheter à la préfecture. Mais, pour le moment, on ne connaît ni son prix ni quand la vente aura lieu. » Le prix d’une île inhabitée et surtout inhabitable est bien difficile à déterminer.

Nous ne savons pas le prix. Mais, en même temps, sur cette île, on ne peut pas construire, c’est un espace protégé. Son prix devrait être symbolique.»

Une bataille entre deux associations

Si le projet de vente n’a pas encore été acté, deux acquéreurs potentiels se sont déjà déclarés : l’association de Christian Dromard et le Groupe ornithologique normand (GONm) qui souhaite que la seconde île de l’archipel soit, comme la première, une réserve naturelle.  Mais le président des Amis de l’île du Large ne l’entend pas de cette oreille. « Il y a déjà plusieurs réserves naturelles dans la baie des Veys. Et surtout… s’ils achètent l’île, nos travaux de rénovation n’auront servi à rien. Ce serait du gâchis financier et d’énergie pour les bénévoles. Notre projet est financé par des collectivités publiques en partie. » Les Amis de l’île du Large, eux, souhaiteraient que le site soit ouvert au public.

Nous aimerions faire visiter l’île à des petits groupes de 50 personnes, pas plus, puisque les bateaux qui peuvent y accoster sont petits. Et créer aussi une école pour y apprendre le respect de l’environnement, de la pêche et de la plongée aussi. »

Une rénovation portée par les bénévoles

Créée en 2003, l’association des Amis de l’île du Large Saint-Marcouf veut rénover le fort du XIXe siècle, construit sur le site. En 2008, ils obtiennent les autorisations pour effectuer les premiers travaux. Ils espèrent redonner à l’édifice son allure d’antan. Leur projet repose sur la volonté des bénévoles et les financements publics, ainsi que ceux des mécènes et les cotisations des 500 membres. « Nous investissons 80 000 à 100 000 euros par an dans les rénovations. Et nous ne comptons pas le travail des bénévoles. En 20 ans, nous pouvons estimer les coûts à 20 millions d’euros pour remettre le site en état. Nous sommes à un stade où il faut faire appel à des sociétés professionnelles pour le gros œuvre. Certains blocs de pierre pèsent plus d’une tonne. »

Une île…historique ?

Les membres de l’association ont soumis la candidature de l’île du Large au « monument historique » pour un classement potentiel. « La candidature de l’île passera en commission d’inventaire avant la fin d’année 2015. Nous en saurons plus en 2016. » L’édifice a été construit sous Napoléon Ier, puis consolidé sous Napoléon III. Le fort a longtemps servi de prison, il a été démilitarisé vers 1890. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands avaient pris l’île et l’avait minée. « Lors du Débarquement, les Américains ont “libéré” l’île, certains ont perdu la vie à cause des mines allemandes. » Depuis 1999, l’endroit est interdit au public pour des raisons de sécurité. Seuls les membres de l’association ont l’autorisation de s’y rendre.

Sauvons nos trésors, émission diffusée sur France 2 :

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