Flamanville Manche. EPR à la centrale nucléaire de Flamanville. Mise en service en 2020 ?

Dans une lettre du 9 octobre 2015, EDF a demandé un nouveau délai pour le démarrage de l'EPR de Flamanville (Manche). En contrepartie, EDF devra fermer la centrale de Fessenheim.

Mise à jour : 22/10/2015 à 18:15 par Alice Labrousse

EDF repousse son projet d'EPR à la centrale de Flamanville (Manche) à 2020. (Photo d'illustration @wikipedia)
EDF repousse son projet d'EPR à la centrale de Flamanville (Manche) à 2020. (Photo d'illustration @Wikimedia commons))

C’est un compromis que fait EDF. L’électricien se voit obligé par l’État de fermer, en juin 2016, la centrale alsacienne de Fessenheim, la plus ancienne de France réputée comme dangereuse par les écologistes. En contrepartie, il a réussi à négocier un délai supplémentaire pour l’ouverture du réacteur pressurisé européen (EPR) à Flamanville, près de Cherbourg (Manche). EDF devrait alors disposer de 36 mois de plus, soit jusqu’au 11 avril 2020, selon nos confrères du Parisien.

10 ans n’ont pas suffi pour l’EPR

EDF avait obtenu l’autorisation pour son projet de réacteur pressurisé européen en 2007. L’entreprise disposait de dix ans pour mettre en service l’EPR, soit en 2017. Mais, dans une lettre adressée au ministère de l’Écologie, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a demandé un délai supplémentaire. Le coût du retard s’élèverait à 10,5 milliards d’euros.

Deuxième report

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Le projet a été repoussé plusieurs fois. En 2007-2008, ce sont des fissures dans le béton qui conduisent EDF à réajuster son investissement et ses travaux. De 3,3 milliards d’euros, il passe à quatre puis à cinq milliards d’euros. En 2011, deux ouvriers décèdent suite à une chute. La même année, le problème de bétonnage se reproduit. L’année suivante, redoublant de travaux de bétonnage, le coût s’élève à 8,5 milliards d’euros. Les travaux ont été repoussés en novembre 2014 à fin 2017 suite à la découverte d’une anomalie révélée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

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Pour rappel, le projet a eu l’aval du gouvernement dès 2004 pour la création et la mise en service de cet EPR.

Un véritable fiasco

Le parti Europe Écologie Les Verts (EELV) a réagi à cette annonce dans un communiqué. Il soupçonne le projet de ne pas être viable et demande au ministère de prendre des mesures drastiques.

«Il est plus que temps que les pouvoirs publics et en particulier la Ministre de l’Ecologie, prennent pleinement leur responsabilité comme cela a pu être le cas récemment concernant la décharge de GDE dans l’Orne, en demandant à la fois un moratoire sur la construction de l’EPR, et le lancement d’un vrai débat public sur l’avenir de la filière nucléaire en France. Révélation après révélation, retard après retard, ce chantier se révèle un véritable fiasco qu’il semble urgent d’arrêter au plus vite et c’est pour cette raison qu’EELV appelle à rejoindre massivement la mobilisation contre l’EPR qui aura lieu en octobre 2016. »

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