Alençon Louise, ma fille, quatre mois, atteinte de trisomie. L'émouvant message d'une maman de Normandie

Caroline Boudet, originaire d'Alençon (Orne), enflamme les réseaux sociaux avec son message sur sa fille, sur Facebook : "deux bras, deux jambes, un chromosome en plus."

Mise à jour : 10/06/2015 à 10:53 par La Rédaction

Louise, quatre mois, deux bras, deux jambes et un chromosome en plus. (Page Facebook : Louise & Co.)
Louise, quatre mois, deux bras, deux jambes et un chromosome en plus. (Page Facebook : Louise & Co.)

Son message a ému la planète et enflammé les réseaux sociaux : Caroline Boudet, journaliste, originaire d’Alençon (Orne), est maman de deux enfants : Paul et Louise. La petite dernière, âgée de quatre mois, est atteinte de trisomie. Une différence qui ne définit pas le nourrisson, mais sert juste à qualifier ce qu’elle a :

C’est une petite âgée de quatre mois qui est atteinte de trisomie, ou qui a une trisomie, comme vous voulez. Ce 47e chromosome n’est pas ce qu’elle EST, c’est ce qu’elle A.

Pour en finir avec les maladresses et commentaires qui peuvent heurter, la maman a décidé de rendre accessible le statut de sa page Facebook pour faire changer le regard porté sur la trisomie 21 et les enfants qui en sont atteints.

Plus de 24 000 partages en 48 heures

Caroline Boudet a posté ce message, cet appel sur sa page Facebook, lundi 8 juin 2015. Il a été partagé plus de 24 000 fois, en moins de 48 heures. Le message émeut. Le témoignage d’une mère sur la différence et la manière, parfois peu délicate, qu’a l’entourage d’évoquer ce chromosome en plus dont a hérité la petite Louise :

S’il-vous-plaît quand vous rencontrez une Louise, ne demandez pas à sa mère, « ça n’a pas été dépisté pendant la grossesse? » Soit ça l’a été et la décision de « garder l’enfant » est assumée, soit ça ne l’a pas été et la surprise a été assez importante pour ne pas revenir dessus. « Louise n’est pas un bébé malgré tout, c’est un bébé, point. Et « malgré tout », c’est moche comme prénom, je préfère largement Louise. »

Le droit à la différence

Caroline Boudet attire l’attention sur les maladresses commises, les formulations hasardeuses qui peuvent blesser et faire mal.

Ne dites pas « ils sont comme ci, ils sont comme ça ». Non. « Ils » ont tous leur caractère, leur physique, leurs goûts, leur parcours. « Ils » sont aussi différents entre eux que vous l’êtes de votre voisin. Je sais que quand on ne le vit pas, on ne le pense pas, mais les mots importent. Ils peuvent réconforter ou blesser. Alors, pensez-y juste une petite seconde, surtout si vous faites partie du corps médical et portez une blouse blanche, rose ou verte.

Pour sensibiliser le plus grand nombre, la maman de Louise a partagé son statut pour que celui-ci circule et que son appel à la délicatesse soit entendu.

Vous pouvez faire tourner et le partager si vous le souhaitez. Car des « mamans de Louise », il y en a 500 nouvelles par an qui se font gâcher une journée par des mots malheureux. Je sais que ce n’est pas fait pour blesser. Il suffit de le savoir.

Mission accomplie. Le message fait le tour de la planète. Émue, Caroline Boudet publiait, le 8 juin 2015, le statut suivant :

C’est une journée de dingue. Je vous jure. J’ai commencé par chouiner en sortant de la radiologie et je finis avec la bouille de Louise sur le Huffpost, sur L’Express, et des dizaines de messages d’inconnus qui me parviennent. Je suis… je sais pas quoi dire. Je suis très émue. Je ne pensais vraiment pas déclencher tout cela. Merci.

Face à l’afflux de messages, une page Louise & Co a été ouverte sur Facebook.

Le post complet, ici :

[LES MOTS SONT IMPORTANTS] Elle, c’est ma fille. Louise. Qui a quatre mois, deux bras deux jambes, des bonnes grosses joues et un chromosome en plus. 
S’il vous plaît quand vous rencontrez une Louise, ne demandez pas à sa mère “Ca n’a pas été dépisté pendant la grossesse?” Soit ça l’a été et la décision de “garder l’enfant” est assumée, soit ça ne l’a pas été et la surprise a été assez importante pour ne pas revenir dessus. En plus, toute mère à une fâcheuse tendance à culpabiliser sur tout et n’importe quoi, alors un chromosome en plus passé inaperçu, je vous explique pas.
Ne dites pas à sa mère “C’est votre bébé malgré tout”. Non. C’est mon bébé, point. Et “malgrétout”, c’est moche comme prénom, je préfère largement Louise.
Ne dites pas à sa mère “comme c’est une petite trisomique… etc” Non. C’est une petite âgée de quatre mois qui est atteinte de trisomie, ou qui a une trisomie, comme vous voulez. Ce 47e chromosome n’est pas ce qu’elle EST, c’est ce qu’elle A.Vous ne diriez pas “Comme c’est une petite cancéreuse… etc”.

Ne dites pas “ils sont comme ci, ils sont comme ça”. Non. “Ils” ont tous leur caractère, leur physique, leurs goûts, leur parcours. “Ils” sont aussi différents entre eux que vous l’êtes de votre voisin.
Je sais que quand on ne le vit pas, on ne le pense pas, mais les mots importent. Ils peuvent réconforter ou blesser. Alors, pensez-y juste une petite seconde, surtout si vous faites partie du corps médical et portez une blouse blanche, rose ou verte.
Je n’ouvre d’habitude pas mes statuts à tous, mais pour celui-ci ce sera le cas. Vous pouvez faire tourner et le partager si vous le souhaitez.
Car des “mamans de Louise”, il y en a 500 nouvelles par an qui se font gâcher une journée par des mots malheureux. Je sais que ce n’est pas fait pour blesser. Il suffit de le savoir.

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.