Rouen [Livre] L'œuvre américaine de Marcel Duchamp, inspirée par...Rouen

Patrice Quéréel, "anartiste" reconnu de Rouen vient de sortir un nouveau livre dédié à l'oeuvre de Duchamp et de son inspiration puisée à Rouen ou Blainville-Crevon. Présentation.

Mise à jour : 29/11/2014 à 19:49 par Thierry Chion

Patrice Quéréel, un homme haut en couleurs, à la culture artistique énorme et à la bonne humeur constante. (Photo Thierry Chion)
Patrice Quéréel, un homme haut en couleurs, à la culture artistique énorme et à la bonne humeur constante. (Photo Thierry Chion)

Un livre qui parle des origines de Marcel Duchamp et de ce que cela a pu apporter à son œuvre, voici ce que vient de signer Patrice Quéréel. Marcel Duchamp est connu comme auteur et artiste américain. « Aux USA, à côté de ses œuvres, on remarque le carton indiquant qu’il est artiste américain. Il avait d’ailleurs pris la nationalité américaine à la fin de sa vie », souligne Patrice Quéréel, “anartiste” rouennais reconnu, grand maître de l’Univers cité de Rouen, mais surtout auteur du livre Duchamp l’indigène.
Plutôt que de présenter l’univers très connu de l’artiste qui détourne des objets du quotidien pour en faire une œuvre d’art, comme l’incontournable urinoir, Patrice Quéréel s’est intéressé au monde qui a précédé cette période, à ce laps de temps présentant un peintre influencé par l’école de… Blainville-Crevon et de Rouen.

Deux univers

Je connais les deux mondes, les deux univers de l’artiste, c’est ce qui fait l’originalité de mon livre car je perçois les apports de la jeunesse, du monde de son enfance, dans les œuvres de la maturité. Dans sa production américaine, on sent cette influence de la Normandie, et ce jusqu’à la fin de sa vie. Par exemple, sa dernière œuvre, Étant donnés, 1° la chute d’eau, 2° le gaz d’éclairage, est purement d’inspiration rouennaise. Il y présente le square Verdrel. Lorsqu’il habitait chez ses parents, au 71 de la rue Jeanne d’Arc, à Rouen, il avait directement une vue sur la chute d’eau du square et sur le gaz d’éclairage ».

Finalement, tout ce qui est signé de la main de l’artiste et que l’on croit être fou, exubérant, ou surréaliste, ne serait qu’une production qui s’inscrit dans une représentation de la ville de Rouen. Et Blainville-Crevon ? « Incontestablement La chambre verte. Dans sa maison à Blainville-Crevon, il y avait une chambre interdite, la chambre verte. À cette époque, les propriétaires, car les Duchamp étaient locataires, se réservaient une chambre pour revenir une fois par an pour toucher les fermages. Et pour les enfants, cette pièce interdite était remplie de mystère, jusqu’au jour où ils savent où se trouve la clé de la porte. Dans l’œuvre de Duchamp, il y a partout des portes, des serrures, des mondes ouverts, des mondes fermés ».
Ce nouveau livre, paru aux éditions des Falaises, contient 200 pages. « Le but n’est pas de tendre vers l’exhaustivité, mais il est de saisir la matrice normande de son œuvre américaine ».

De Blainville à Rouen

Selon l’auteur, la vie de Duchamp correspond à un cercle. Il est né à Blainville-Crevon, puis est scolarisé au lycée Corneille, mis à la pension Bossuet, dans la côte de Neufchâtel. Il passe sa jeunesse dans la ville de Rouen qu’il quitte après le décès de ses deux parents, en 1925. Il ne reviendra quasiment plus à Rouen, sauf pour des inhumations familiales, et une exposition organisée au musée des Beaux-arts de Rouen, en 1967, soit un an avant sa mort. « Cette exposition appelée Les Duchamps, avec un S, est importante car il renoue avec le passé qui est la source de son inspiration ».

  • Infos pratiques
    Marcel Duchamp l’indigène, de Patrice Quéréel, aux éditions des falaises.
    Prix : 39 euros.

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.