Évreux [L'histoire] Le patron des Tondus vend ses saunas libertins à Évreux et au Havre

Guillaume de Thomas, avait fondé les tondus, un mouvement de protestation contre les charges patronales. Il jette l'éponge et vend ses entreprises, des saunas à Évreux et au Havre.

Mise à jour : 26/05/2015 à 19:45 par Karine Lebrun

Guillaume Thomas a décidé de stopper toutes ses activités commerciales en France (©CD).
Guillaume Thomas a décidé de stopper toutes ses activités commerciales en France. (©CD)

Guillaume de Thomas, patron d’une chaîne de saunas libertins, L’Équatorial, implantés à Évreux (Eure), Poitiers, Orléans et Le Havre (Seine-Maritime) a décidé de vendre ses entreprises. Le cofondateur des Tondus, un mouvement de petits entrepreneurs qui avaient décidé de ne plus payer un certain nombre de charges patronales, jugeant qu’elles étaient « une entrave à la création d’emplois », a mis fin également à ce groupe de protestation. Sur la toile, le site et la page Facebook dédiés ne fonctionnent plus. Explications.

Mise en vente des entreprises

Le 19 mars 2015, cet habitant d’Évreux était poursuivi pour « travail dissimulé », « abus des biens ou du crédit d’une SARL par un gérant à des fins personnelles » et « escroquerie ». La justice reprochait notamment à Guillaume de Thomas et à son associé gérant d’avoir payé une partie des salaires de leurs employés au noir et d’avoir détourné de l’argent destiné à une association. « Je n’ai été condamné à rien », assure, mardi 26 mai 2015, l’entrepreneur.
Néanmoins, le chef d’entreprise annonce avoir mis en vente chacune de ses quatre affaires, lassé par un trop grand nombre de poursuites. Et par la faible mobilisation de ses collègues :

Depuis la création du mouvement des Tondus, il y a deux ans,  j’ai dû subir une dizaine de gardes à vue
, plusieurs citations à comparaître devant les tribunaux, plusieurs perquisitions de mes locaux professionnels et de mon domicile, des menaces des pouvoirs publics, des syndicats, des politiques, quatre contrôles fiscaux, deux contrôles d’Urssaf, plusieurs saisies de mes comptes bancaires
, du vandalisme sur ma voiture et mes commerces. Si, au plus fort du mouvement, nous  étions plus de 500 000, seule une poignée de chefs d’entreprises était réellement mobilisée lorsqu’il fallait agir. Car il faut bien l’admettre : en France, on sait râler mais on ne sait pas aller jusqu’au bout de nos revendications, tant et si bien que malgré le nombre impressionnant d’adhérents, Les Tondus ont très souvent été bien trop peu nombreux sur le terrain pour être finalement efficaces », souligne le chef d’entreprise.

Il écrit deux livres, sur l’Urssaf et l’aventure des Tondus

Guillaume de Thomas faisait encore l’objet d’une convocation devant les tribunaux, mardi 26 mai 2015. Il était assigné devant le tribunal de commerce d’Évreux pour le redressement judiciaire de son sauna d’Évreux. « L’Urssaf  me réclame 108 000 euros dont 20 000 seulement de cotisations sociales. Le reste n’est que frais de retard et amendes », estime l’exploitant. L’audience a finalement été reportée puisque le chef d’entreprise est en déplacement à l’étranger.

La France, parce qu’elle ne connaît pas l’entreprise, n’aime pas l’entreprise. L’entrepreneur est considéré comme un délinquant. En me lançant dans l’aventure des Tondus, je n’avais qu’un but : améliorer le sort des petits patrons en créant une union qui aurait pu être une force face aux pouvoirs publics. Seulement voilà, je n’avais pas idée, en juillet 2013, des moyens hallucinants que l’État français mettrait pour nous empêcher d’agir. Et encore moins, donc, des moyens qu’il allait me falloir pour parvenir à mon but. »

Guillaume de Thomas tire un trait sur l’activité entrepreneuriale en France. Mais il s’attelle à l’écriture de deux ouvrages sur l‘Urssaf et l’aventure des Tondus. Sur sa page Facebook, il se déclare intéressé par le témoignage des petits patrons français.

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