Évreux L'Eure supprime les aides pour les études à l'étranger. Coup de gueule de la Région

Le Département de l'Eure a supprimé les aides reversées aux étudiants partant à l'étranger. La Région Haute-Normandie a appelé au retrait de cette décision, le 6 octobre 2015.

Mise à jour : 08/10/2015 à 12:25 par Valentine Godquin

Pour réaliser des économies, le Département de l'Eure fait le choix de supprimer les aides pour les voyages d'études à l'étranger. (Photo : Timothée L'Angevin)
Sébastien Lecornu préside le Département de l'Eure. (Photo : Timothée L'Angevin)

Lundi 14 septembre 2015, lors de la commission permanente du Département de l’Eure, présidé par Sébastien Lecornu (Les Républicains), les élus ont validé la suppression des aides reversées aux étudiants partant pour un séjour d’études à l’étranger. Une décision qui n’est pas au goût de Nicolas Mayer-Rossignol, président socialiste de la Région Haute-Normandie. Il appelle les conseillers départementaux à revenir sur leur vote.

La bourse Aristide-Briand a été instituée en juin 2002 sous la présidence de Jean-Louis Destans, ex-président PS du Département. Remise sur dossier, cette aide financière était une façon de soutenir les étudiants pour leur mobilité internationale, selon leur niveau d’études. Dans le procès-verbal des délibérations du 14 septembre 2015, il est spécifié que cette aide est calculée de deux façons : un forfait de 400 euros est délivré aux étudiants inscrits en cycles courts (BTS, DUT), ou un « montant attribué selon le pays d’accueil, avec au minimum quatre mois effectifs à l’étranger », pour les étudiants en cycles longs. 150 euros étaient reversés par mois à l’étudiant partant dans un pays du continent européen, contre 250 euros par mois pour un pays hors Europe.
La suppression de cette aide est effective à compter de la rentrée universitaire 2015-2016, dans « un contexte budgétaire contraint ».
Pour l’année scolaire 2014-2015, 90 dossiers ont été accordés sur 121 demandes, pour un budget de 114 500 euros.

L’incompréhension de la Région

Dans un courrier du mardi 6 octobre 2015, Nicolas Mayer-Rossignol a fait part de son « incompréhension face à cette décision qui m’apparaît défavorable aux jeunes Normands eurois ».

Je m’étonne et m’inquiète de ce choix au moment où la mobilité des jeunes Normands, notamment ceux résidant dans le Département de l’Eure, doit être encouragée et facilitée. Faute de bourse départementale, des familles pourraient renoncer à envoyer leurs enfants faire leurs études ou un stage à l’étranger.

Il indique également, à l’attention de Sébastien Lecornu, que la Haute-Normandie se charge d’adresser des aides aux étudiants pour des études à l’étranger. Il évoque le chiffre d’au moins un million d’euros consacrés chaque année :

Vous objecterez peut-être que le Département est contraint à prendre cette décision pour des raisons budgétaires. Mais cela me paraîtrait discutable lorsque l’on connaît le coût du dispositif, 114 500 euros, soit 0,02 % du budget du Département pour l’année 2015.

Même si cette décision a été actée à l’issue de la commission permanente des élus de l’Eure, Nicolas Mayer-Rossignol appelle à la prise de conscience concernant cette décision, et « de bien vouloir réparer ce qui me semble être une erreur ».

Une lettre « polémique, approximative et maladroite »

Dès le lendemain, mercredi 7 octobre 2015, le président du Département de l’Eure a mené une contre-offensive à l’encontre de Nicolas Mayer-Rossignol, dans un nouveau courrier :

J’ai bien reçu votre courrier qui m’a surpris par son caractère polémique, approximatif et maladroit. Je ne vous en veux pas. J’ai compris qu’elle ne s’expliquait que par le contexte électoral dans lequel vous êtes plongé et qui est nouveau pour vous.

Sébastien Lecornu justifie cette suppression de la bourse Aristide-Briand, qui visait « un public méritant, mais choisi, presque favorisé par rapport à ceux dont le Département à la charge », citant l’exemple des 4 000 allocataires du RSA.

> Lire aussi : Dans l’Eure, le président du Département menace… de ne plus payer le RSA

    Vous ironisez sur la maigre économie que je réalise. Hélas, vous avez raison : je regarde tout, je compte chaque euro. C’est un principe que vous ignorez, chaque euro d’argent public doit être justifié.

    Concluant sur les prochaines échéances électorales, Sébastien Lecornu rappelle enfin ses objectifs pour la Normandie et son avenir, en espérant participer à la construction « d’un nouvel espoir et d’une nouvelle jeunesse », pour la Région réunifiée.

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