Caen Le théâtre de Caen obtient le label de « scène conventionnée lyrique »

L'État a attribué au théâtre de Caen (Calvados) le label de scène conventionnée d'art lyrique. Ce haut lieu de la culture percevra 200 000 euros par an, jusqu'en décembre 2018.

Mise à jour : 11/02/2016 à 15:28 par Mathieu Girard

Le théâtre de Caen (Calvados) accueille l'ensemble Correspondances de Sébastien Daucé jusqu'en 2019. (Photo : Molina visual)
Le théâtre de Caen (Calvados) accueille l'ensemble "Correspondances" de Sébastien Daucé, jusqu'en 2019. (Photo : Molina visual)

L’art lyrique et le théâtre de Caen (Calvados), c’est une longue histoire d’amour. Au cours de cette saison 2015-2016, par exemple, pas moins de quatre opéras sont programmés dans ce haut lieu de la culture en Normandie, sans oublier les très nombreux concerts de musique baroque. 
Rien de plus normal finalement que cette institution obtienne le label de scène conventionnée, dont bénéficient déjà près de 150 structures en France. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le directeur de la salle caennaise, Patrick Foll, a aussi annoncé l’accueil en résidence de l’ensemble Correspondances de Sébastien Daucé, pour les trois prochaines années.

Une juste reconnaissance du travail accompli

En décembre 2015, l’État a signé avec la Ville de Caen une convention attribuant au théâtre municipal le label de scène conventionnée. Une manière de réaffirmer son soutien au projet pluridisciplinaire de cette structure, qui est aussi considérée comme un opéra.

C’est la reconnaissance du travail fait dans cette maison depuis de nombreuses années, estime Joël Bruneau, le maire de Caen. C’est un établissement qui présente aux habitants de ce territoire une offre culturelle de grande qualité et qui rencontre le succès du public. Je me réjouis aussi de l’arrivée en résidence de l’ensemble Correspondances qui s’inscrit dans la continuité du travail déjà accompli avec les Arts Florissants pendant des années, et confirme le rôle de cette structure dans l’éclosion des grands talents du monde baroque.

La possibilité de signer cette convention avait été évoquée il y a un an, alors que l’équipe de Patrick Foll revenait aux affaires, après 18 mois de travaux.

C’est une salle très agréable, belle et confortable, s’enthousiasme Jean-Paul Ollivier, le directeur régional des affaires culturelles de Normandie. Il existe déjà tout un réseau de labels construit avec les collectivités locales : les centres dramatiques nationaux, les centres chorégraphiques nationaux, les fonds régionaux d’art contemporain, les pôles nationaux des arts du cirque… Les autres institutions qui ont une vraie exigence, mais qui n’entrent pas dans ces différents labels, peuvent recevoir cette appellation de scène conventionnée.

Pour cela, il faut avoir une spécialité. Ici, l’État a reconnu l’excellence du théâtre de Caen en matière d’art lyrique et de théâtre musical.

Une confirmation de la dimension européenne du projet

Le ministère de la Culture et de la Communication consacre plus de 10 millions d’euros par an à ces scènes conventionnées. Le théâtre de Caen va percevoir une aide d’environ 600 000 euros, jusqu’en décembre 2018. Cela lui permettra de continuer à développer des projets originaux, s’appuyant sur des ensembles européens, et de continuer ainsi à étendre un réseau qui, aujourd’hui, dépasse largement nos frontières.

Cette reconnaissance de l’État est une nouvelle étape pour nous, assure Patrick Foll, le maître des lieux. Il y a ici un CDN (centre dramatique national) important, un centre chorégraphique, et un théâtre lyrique et pluridisciplinaire. Un opéra qui fait de la production lyrique et qui, en même temps, propose l’ensemble du spectacle vivant, c’est unique en France (…) La Ville a fait un bon investissement car elle dispose aujourd’hui d’un théâtre qui a une vraie dimension européenne. Nous sommes un acteur identifié et reconnu.

Au fil des ans, le théâtre de Caen a noué des partenariats avec le Palazetto Bru Zane de Venise (Italie), le théâtre national de Prague (République tchèque), les théâtres de la Ville de Luxembourg, mais aussi l’opéra de Lille (Nord) ou le festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence (Boudes-du-Rhône).

L’ensemble Correspondances, un nouveau souffle

L’an passé, la collaboration avec l’ensemble musical baroque des Arts Florissants a pris fin. Elle avait duré 25 ans ! Les nouveaux venus, Sébastien Daucé et l’ensemble Correspondances, n’ont, pour l’instant, signé qu’un bail de trois années.

Sébastien est un artiste singulier, dans son approche du répertoire, mais aussi dans sa manière de présenter les œuvres au public. Son arrivée est un nouveau souffle, poursuit Patrick Foll.

L’ensemble Correspondances :

Le jeune et brillant claveciniste breton a créé cet ensemble baroque en 2009, à Lyon (Rhône). Il est ravi de s’installer en Normandie.

Je suis heureux d’arriver dans une maison comme celle-là, où l’on fait confiance aux artistes. Cette résidence à Caen est une vraie chance et un honneur. Cela nous permet d’être associés à un lieu qui est reconnu internationalement pour l’opéra, mais aussi pour le baroque français, qui est au cœur de notre projet. C’est ici qu’on va aborder pour la première fois la scène et des projets lyriques ; il s’agit donc d’une étape importante pour nous.

Vous pourrez rapidement jauger le talent du jeune homme et de ses musiciens, puisqu’ils interpréteront les Grands Motets pour la Semaine Sainte de Marc-Antoine Charpentier, le samedi 5 mars 2016, suivra un hommage à Michel-Richard de Lalande, le mardi 3 mai 2016.

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