Caen L'énorme chantier du tramway de Caen, un projet inédit en France

Le tramway actuel de Caen (Calvados), sur pneus, sera remplacé en 2019 par un tramway sur rails. Le projet, estimé à 230 millions d'euros, est confié au groupement Asyas.

Mise à jour : 04/07/2015 à 17:21 par Marjorie Janetaud

Vue d'artiste ©Aprim
Le tramway sera sur rails d'ici 2019. (Vue d'artiste ©Aprim)

À Caen (Calvados), le tramway sur pneus, sera bientôt de l’histoire ancienne. Mis en circulation en 2002, il devrait être remplacé par le rail d’ici septembre 2019. Vendredi 3 juillet 2015, la Communauté d’agglomération Caen-la-Mer a fait un pas de plus dans le projet en choisissant le groupement Asyas pour la maîtrise d’oeuvre.
Asyas est l’acronyme de quatre sociétés indépendantes françaises Artelia, Setec, Attica et Signes. Le “y” symbolise leur union pour réaliser le projet caennais. Les sociétés sont spécialisées dans l’ingénierie des infrastructures et des transports, d’architecture et de paysage. Riches de leurs expériences dans d’autres villes de France (Le Havre, Rouen, Le Mans, Nice…) pour la mise en service de tramways, métros, bus à haut niveau de service, elles se sentent de taille à relever un défi, inédit en France : construire des rails sur un réseau TVR (Transport sur voie réservée).

C’est un enjeu très fort mais à notre portée. Il s’agit d’une première en France, mais tout à fait faisable », ont annoncé les responsables du groupement en présentant leur projet.

Un projet à 230 millions d’euros

Pour remplir les objectifs fixés par le cahier des charges, Asyas doit concevoir un système de transport fiable, robuste et pérenne tout en minimisant les nuisances pendant les travaux, tenir les délais et maintenir le coût de ce nouveau tramway qui est estimé à 230 millions d’euros. La solution ? Utiliser au maximum l’existant. Seul le matériel roulant sera entièrement remplacé.
D’abord, il faudra établir un diagnostic technique et fonctionnel de la ligne existante en étudiant la ligne aérienne de contact et les plateformes qui seront conservées mais adaptées au nouveau matériel roulant ainsi que les approches sécuritaires des carrefours. Asyas devra ensuite trouver les solutions les plus appropriées et imaginer une insertion dans l’environnement urbain à la hauteur des attentes de l’agglomération. S’il semble impossible de végétaliser l’ensemble du tracé, il le sera en majorité. Objectif : « développer la présence de la nature dans la ville.» L’occasion de « redonner une image contemporaine à Caen».

Minimiser les nuisances sonores et visuelles

Pendant les travaux, le groupement s’engage à garantir le fonctionnement des commerces, l’accessibilité et la circulation des piétons et des automobilistes, puis de maintenir le réseau actuel avec des bus de substitution. Des méthodes seront recherchées avec les équipes des sociétés choisies pour les travaux afin d’éviter les nuisances sonores et visuelles.

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La nouvelle équipe de la Communauté d’agglomération Caen-la-Mer a abandonné le précédent projet qui comportait deux lignes de tramway pour un coût de 300 millions d’euros le jugeant « irréalisable financièrement ». Le nouveau projet comprend une extension de la ligne 1 sur la Presqu’île pour desservir les nouveaux équipements publics comme le Cargö, l’Ésam, la BMVR, la MRI et le Palais de justice et Fleury-sur-Orne. L’hypothèse d’une continuité de la ligne jusqu’à la place du théâtre pour remplacer les bus est aussi imaginée et a été accueillie favorablement pendant les réunions de concertations.

Un couloir de bus dans un espace piéton comme celui de l’îlot Bellivet est plutôt anachronique», relève le maire de Caen, Joël Bruneau. Une réflexion est d’ailleurs menée sur cette partie du coeur de ville que les élus caennais souhaitent redynamiser.

Les chiffres du futur tramway de Caen

• 17,1 km : c’est la distance qui correspond à la transformation de la ligne 1, son prolongement jusqu’au terminus de Fleury-sur-Orne (ZAC des Hauts de l’Orne) et la création de la ligne Presqu’île.
• 24 : c’est le nombre de rames. Elles mesurent chacune 32 mètres.
• 210 : le nombre de places dans chaque rame au lieu de 128 dans l’actuel TVR.
• 37 : le nombre de stations qui seront desservies.
• 64 000 : le nombre de voyageurs transportés avec le nouveau tram contre 42 000 aujourd’hui.
• 74 000 : le nombre d’habitants desservis, à moins de 500 mètres d’une station, dont 47 000 emplois, 27 000 scolaires et étudiants.

Le calendrier

• De 2015 à 2017 : études et appels d’offres.
• Fin 2017 : les travaux démarreront, tandis que l’actuel TVR continuera de circuler.
• Début 2018 : arrêt du TVR et mise en place du réseau de bus de substitution.
• Printemps 2019, : essais du nouveau tramway.
• Septembre 2019 : mise en service du nouveau tramway.

Comment est financé le tram de Caen ?

• 230 millions d’euros : c’est le coût du futur tramway.
• 27 millions d’euros : la subvention de l’État dont 3,6 millions pour mise en conformité du TVR.
• 45 millions d’euros : la subvention du Département du Calvados.
• 15 millions d’euros : la subvention de la région Basse-Normandie.
• 15 millions d’euros : la subvention au titre du FEDER (fonds européens).
• 14,5 millions d’euros : l’autofinancement sur les fonds propres de Caen la mer.
• 143,5 millions d’euros : emprunt à long terme.

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