Condé-sur-Sarthe VIDEO. Le bourreau d'Ilan Halimi, Youssouf Fofana, détenu violent, en prison en Normandie

Le 13 février 2006, Ilan Halimi, torturé pendant 24 jours parce qu'il était juif, avait succombé à ses blessures. 10 ans après, son bourreau est toujours en prison en Normandie.

Mise à jour : 14/02/2016 à 15:15 par Timothée L'Angevin

Youssouf Fofona est emprisonné au centre pénitenciaire de Condé-sur-Sarthe (Orne) (capture d'écran Youtube/Orne Hebdo)
Youssouf Fofona est emprisonné au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon (Orne). (Capture d'écran Youtube/Orne Hebdo)

Dans sa prison de Normandie, Youssouf Fofana entend « fêter l’anniversaire de la mort d‘Ilan Halimi, à sa manière ». Samedi 13 février 2016, 10 ans jour pour jour après la découverte du jeune homme homme juif de 23 ans sur une voie ferrée de l’Essonne, agonisant, le cerveau du « gang des barbares » veut faire « parler de lui », rapporte Le Figaro.
Youssouf Fofana a été condamné à la prison à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Il est détenu au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon, dans l’Orne. Il est accusé d’avoir commandité l’enlèvement d’Ilan Halimi, un vendeur de téléphone, qui avait été torturé pendant 24 jours dans un appartement puis une cave de Bagneux (Hauts-de-Seine), et laissé pour mort. Il n’avait pas survécu à ses blessures.

> Lire aussi. Ilan Halimi. Ce nom résonne depuis dix ans comme le symbole de l’horreur de l’antisémitisme en France. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’intérieur, lui a rendu hommage. Vidéo.

La mort d’Ilan Halimi, il y a dix ans
Le 18 janvier 2006, Ilan, 23 ans, vendeur dans un magasin de téléphonie de Paris, est abordé par une adolescente. Un « appât » qui a pour consigne de séduire « un jeune juif ». Trois jours plus tard, la jeune fille l’entraîne en banlieue parisienne, où des complices l’attendent dans appartement d’un immeuble d’une cité, à Bagneux (Hauts-de-Seine).
Pendant 24 jours, dans cette cité, le jeune homme sera séquestré, frappé, insulté, brûlé… À plusieurs reprises, la famille d’Ilan recevra des demandes de rançons, jusqu’à 450 000 euros. Mais Youssouf Fofana, à la tête du « gang des barbares », est méfiant. Il sera finalement décidé « de se débarrasser de l’otage ».
Le 13 février 2006, Ilan Halimi est encore vivant, lorsqu’il sera retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée, dans l’Essonne. Il est nu, son corps porte des traces de coups de couteau et de brûlures. Ilan décédera durant son transport à l’hôpital.
Le 16 février 2006, le procureur de la République de Paris déclarera qu’un « gang organisé » – ayant déjà fait au moins trois tentatives d’enlèvement – est à l’origine du meurtre d’Ilan. Une femme se rendra finalement à la police et livrera des « informations significatives » pour l’avancée de l’enquête. Lors des nombreuses gardes à vue, les enquêteurs comprendront rapidement que la séquestration d’Ilan est directement liée à son appartenance religieuse. Le 20 février 2006, le juge d’instruction retiendra la circonstance aggravante de crime commis « en raison de l’appartenance à une religion ». Youssouf Fofana, âgé aujourd’h'ui de 35 ans, sera arrêté à Abidjan (Côte d’Ivoire), et extradé le 4 mars, mis en examen pour « assassinat » et incarcéré.
Le 29 avril 2009, 27 personnes comparaissaient devant la cour d’assises de Paris. Après un procès de huit semaines à huis clos, Youssouf Fofana avait été condamné à la peine maximale, la perpétuité, avec 22 ans de sûreté. Les deux complices jugés les plus actifs, Samir Aït Abdelmalek, 30 ans, et Jean-Christophe Soumbou, 23 ans, écoperont respectivement de 15 et 18 ans de réclusion. La jeune fille qui avait servi d’appât sera condamnée à neuf ans de prison. Elle a été libérée en 2012. Sa relation avec l’ancien directeur de la prison de Versailles avait défrayé la chronique.
Le 17 décembre 2010, après sept semaines de procès, la cour d’assises du Val-de-Marne, siégeant en appel, aggravera d’un à trois ans les peines de sept accusés et confirmera le verdict prononcé pour les dix autres. 10 ans après, le principal accusé, Youssouf Fofana est toujours derrière les barreaux, en Normandie, près d’Alençon (Orne). Un détenu provocateur et violent qui a été plusieurs fois condamné depuis : à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » après avoir diffusé des vidéos de propagande sur internet depuis sa cellule ; et à quatre ans pour des agressions à l’encontre de surveillants….

27 personnes jugées

L’histoire du « gang des barbares » avait ému la France. 27 personnes en tout avaient été jugées pour avoir participé de près ou de loin, comme appât, ravisseur, surveillant, geôlier, bourreau, à cette affaire. Des peines allant de l’acquittement à la prison à perpétuité avaient été prononcées en 2009 et 2010.

L’hommage à Ilan Halimi, 10 ans après :


Dix ans après, l’hommage à Ilan Halimi par leparisien

Apologie du terrorisme en prison

Le cerveau, Youssouf Fofona, avait été arrêté quelques jours après les faits en Côte d’Ivoire, où il s’était réfugié. Finalement extradé, il avait été mis en examen pour « association de malfaiteurs, enlèvement, séquestration en bande organisée avec actes de tortures et de barbarie, assassinat » avec circonstance aggravante de faits commis « en raison de l’appartenance de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

La bande-annonce du film, 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi >

Détenu violent, il a été placé en quartier disciplinaire au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe. Lors de sa détention, il a agressé des surveillants de prison, ce qui lui a valu trois ans de prison supplémentaires. À la maison centrale de Clairvaux (Aube), il s’était filmé dans sa cellule et avait posté une quinzaine de vidéos sur YouTube où il faisait l’apologie du terrorisme. Il avait été condamné à sept ans de prison supplémentaires. À présent, profitant de ce triste anniversaire, le détenu chercherait à faire de nouveau parler de lui.

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