Que retenir du mea culpa de Sarkozy ? « La France pour la vie », le livre de l'ex-président

Nicolas Sarkozy, ex-chef de l'État, publie lundi 25 janvier 2016, « La France pour la vie », un ouvrage publié chez Plon, où il évoque ses erreurs mais aussi ses pistes de travail.

Mise à jour : 22/01/2016 à 12:34 par La Rédaction

Illustration de l'article : "La France pour la vie" à paraître lundi: Sarkozy y concède ses erreurs
Photo du livre « La France pour la vie » de Nicolas Sarkozy postée le 21 janvier 2016 sur son compte Twitter. (© Twitter/AFP/HO)

35 heures, bouclier fiscal, ISF, campagne « décevante » de 2012 : Nicolas Sarkozy concède avoir commis des « erreurs», durant son quinquennat, dans un livre « La France pour la vie » publié chez Plon, à paraître lundi 25 janvier 2016. Dans cet ouvrage, il avance également des propositions pour « redresser » la France. Écrit cet été dans la plus grande discrétion, il a été édité à 120 000 exemplaires.

D’abord, les regrets de l’ex-chef d’État

Dans cet ouvrage obtenu jeudi soir par l’AFP, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République et président des Républicains, a choisi de mettre en exergue une citation de Confucius, censée traduire l’état d’esprit qui l’a animé pour l’écriture de cet ouvrage. « L’archer est un modèle pour le Sage. Quand il a manqué le milieu de la cible, il en cherche la cause en lui-même. » Dans son ouvrage, il fait le mea culpa de ses cinq années de présidence :

La défaite de 2012 « me conduit à analyser ce que j’aurais dû faire différemment, à la fois dans la conduite des réformes et dans l’exercice de la fonction présidentielle », reconnaît l’ex-chef de l’État. (…) Aujourd’hui, je regrette d’avoir retardé des réformes qui auraient dû être engagées dès les premiers jours de mon quinquennat », affirme-t-il, à propos notamment de « la baisse des charges », qui aurait dû être « plus immédiate et plus forte ». (…) J’aurais également dû aller au bout de deux sujets plutôt que de les contourner : les 35 heures et l’ISF (Ndlr, l’impôt sur la fortune) » .
© AFP/Archives/JOEL SAGET. Graffiti "Casse toi pauvre con"  sur une affiche électorale de Sarkozy le 28 avril 2012 à Paris
Graffiti "Casse toi pauvre con" sur une affiche électorale de Sarkozy le 28 avril 2012 à Paris. (© AFP/Archives/Joël Saget)

Retour sur le « casse-toi pauvre con »

Autres « erreurs » : l’exonération fiscale des heures supplémentaires et le bouclier fiscal, qui, « pour habile qu’il fut d’un point de vue technique, [l']a exposé à un coût politique ». Ça a été « un raté de communication grave ».
Nicolas Sarkozy regrette également avoir « cédé à la colère » au Salon de l’agriculture (il avait lancé « Casse-toi pauvre con » à un homme qui l’avait insulté), et être parti en vacances tout de suite après son élection sur un yacht, celui de son ami Vincent Bolloré, l’industriel devenu également patron de Canal +.

Nicolas Sarkozy semble donc regretter ses premiers pas de président, estimant qu’il a été « trop anguleux, peut-être même trop simpliste », voire « exaspérant ». « Je suis resté quelques mois de trop l’homme, alors qu’il aurait fallu être immédiatement le président », rapporte Le Monde.

La campagne de 2012 fut « décevante quant aux débats de fond », écrit-il également. À propos de l’affaire Bygmalion, qui vaut à plusieurs de ses proches d’être mis en examen, le président des Républicains affirme : « On aura sans doute du mal à le croire. C’est pourtant, je le jure, la stricte vérité : je ne connaissais rien de cette société jusqu’à ce que le scandale éclate. »

« Ce n’est pas une déclaration de candidature »

Le livre, composé de dix chapitres d’une lecture fluide, alterne les réflexions personnelles – « les deux années qui ont suivies mon départ ont été heureuses (…) Force m’est de reconnaître que cet échec de 2012 m’a apaisé » - et les propositions de fond :

Ce livre n’est pas une déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle. Il est trop tôt » mais « tout dire avant le grand rendez-vous de 2017 pour tout faire après, telle est bien, me semble-t-il, la seule stratégie possible pour être à la hauteur des défis qui attendent la France », explique le chef de file des Républicains.

« Ses adversaires potentiels à la primaire ne sont pas dupes et se préparent au débat », affirme Le Figaro. Pour que « l’alternance ait lieu – si ce n’est pas nous, ce sera, hélas, la présidente du Front national » - l’ancien président avance ce qui apparaît quand même comme une trame d’un futur projet : Europe, immigration, fiscalité, retraite (« première étape à 63 ans dès 2020 », « 64 ans en 2025 »)… « Ce sont le travail et les entreprises qui redresseront la France », affirme Nicolas Sarkosy, dans cet ouvrage.
Finalement, l’ex-chef de l’État, fait la promesse de ne pas revenir sur le mariage homosexuel, comme il l’avait annoncé pendant sa campagne pour la présidence de l’UMP : « il ne saurait être question de démarier les mariés, ce serait injuste, cruel et en outre juridiquement impossible. »

Au risque d’être à contre-courant, je veux dire mon opposition au mandat unique », écrit-il également.

Nicolas Sarkozy  assure également n’avoir « ni amertume, ni détestation envers (s)on successeur François Hollande, aucun compte à régler, aucune vengeance à assouvir ». Son livre sera en vente lundi 25 janvier.

Avec AFP

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