Caen [L'histoire] Le formateur de la prison de Caen faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international

Christophe Naudin était sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis en 2015. Pourtant, le 13 janvier 2016, il était formateur à la prison de Caen ! Explications.

Mise à jour : 23/02/2016 à 10:46 par La Rédaction

Objet d'un mandat d'arrêt international, émis en 2015, Christophe Naudin a toutefois pu entrer comme formateur, à la prison de Caen, en janvier 2016 (©Wikimedia Commons)
Objet d'un mandat d'arrêt international, émis en 2015, Christophe Naudin a toutefois pu entrer comme formateur, à la prison de Caen (Calvados), en janvier 2016 (©Wikimedia Commons)

Son CV semblait remarquable. À tel point que le 13 janvier 2016, Christophe Naudin vient former les personnels pénitentiaires de la maison d’arrêt de Caen (Calvados), au matériel dit « bagage X », du nom de ces portiques de sécurité installés à l’entrée des prisons. Mais, à ce moment-là, l’homme est également sous le coup d’un mandat d’arrêt international, lancé le 22 novembre 2015 par la République dominicaine, pour une affaire connue sous le nom de « Air cocaine » : il affirme en effet avoir organisé l’exfiltration de deux pilotes accusés de trafic de drogue dans les Caraïbes.

Interpellé en Égypte. L’Égypte a interpellé, jeudi 4 février 2016, le Français, Christophe Naudin, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international de la République dominicaine pour avoir organisé en octobre l’évasion de deux pilotes français, condamnés tous deux à 20 ans de prison par la justice dominicaine pour trafic de drogue dans l’affaire dite « Air cocaïne ». « Christophe Naudin a été arrêté [en vertu du mandat d’arrêt international émis en novembre par la justice dominicaine] jeudi soir à son hôtel près de l’aéroport du Caire », ont affirmé les autorités au Caire, précisant que le Français se trouvait en Egypte depuis deux jours…après être passé comme formateur à la prison de Caen (Calvados).
Ce criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne doit être extradé. Le 28 octobre dernier, Christophe Naudin avait aidé les deux pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos à quitter clandestinement la République dominicaine dans des conditions rocambolesques et à rejoindre la France, alors qu’ils étaient en liberté conditionnelle avec interdiction de sortie du territoire dominicain dans l’attente de l’examen de leur appel. Ces deux pilotes avaient été arrêtés en mars 2013 par les autorités dominicaines aux commandes d’un avion de location chargé de valises contenant 680 kilos de cocaïne. Anciens militaires reconvertis dans l’aviation d’affaires, les pilotes ont toujours clamé leur innocence. Peu après leur retour en France, Pascal Fauret et Bruno Odosont été placés en détention provisoire début novembre par la justice française, qui enquête sur ce vaste trafic international de drogue. La justice française a confirmé, le 19 novembre, leur maintien en détention.

« Les services de l’État ont failli à leur mission »

À la révélation de cette affaire, le syndicat UFAP-UNSa Justice, par la voix de son secrétaire local, Julien Matthieu, a déclaré être « indigné par le laxisme des différents services de l’État qui ont failli à leur mission de vérification » et a estimé que cette affaire « révèle des dysfonctionnements au sein de l’administration pénitentiaire ».

Pourtant, Christophe Naudin s’était déjà rendu dans d’autres établissements pénitentiaires dans l’ouest de la France. Toutes les vérifications l’autorisant à pénétrer au sein de ce type d’établissements auraient été effectuées comme l’exige la procédure… sauf qu’elles auraient eu lieu avant l’émission du mandat d’arrêt international. Christophe Naudin a été interpellé le 4 février 2016, en Égypte : il devrait prochainement être extradé vers la République dominicaine.

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