Beuzeville [L'histoire] Cette lettre envoyée en 1870 vers la Normandie retrouvée en Australie

Comment une lettre destinée à Pont-Audemer (Eure), en 1870, a pu se retrouver en Australie ? Un habitant du Calvados, passionné de généalogie, a percé le mystère.

Mise à jour : 22/02/2016 à 19:14 par Raphaël Tual

La lettre d'Alexandre Mesnier. (©National archives of Australia).
La lettre d'Alexandre Mesnier. (©National archives of Australia).

Grâce à une enquête  de quelques heures sur un clavier d’ordinateur, un habitant de Bernières-le-Patry (Calvados) a résolu l’énigme.
Emmanuel Hamel a passé une partie de sa nuit du jeudi 18 février 2016 à comprendre pourquoi une lettre envoyée de Paris en 1870, à destination de Pont-Audemer (Eure), a pu se retrouver en Australie. Une missive que viennent de retrouver les Archives nationales d’Australie. Pour lever le voile, il a fallu passer par la généalogie, matière préférée d’Emmanuel Hamel, depuis 35 ans.

Je suis un passionné de généalogie depuis que j’ai 10 ans. En rentrant chez moi, jeudi soir, après le repas, je me suis mis à la tâche. J’adore les énigmes. J’ai terminé vers 1h30 », explique Emmanuel Hamel.

L’auteur de la lettre mystère est originaire de Beuzeville (Eure). Il est né en 1832 dans une famille d’épicier. Il passe donc son enfance près de Pont-Audemer avant de s’installer à Paris où il se marie en 1864. « En lisant la lettre, les gens ont cru qu’il s’agissait d’un Charles Mesnier, mais c’est bien Alexandre. Son “A” ressemble à un “Ch” », remarque le passionné. Alexandre fait une carrière d’officier ministériel auprès de la cour d’Appel de Paris.

La lettre d'Alexandre Mesnier retrouvée par les Archives nationales d'Australie (©National archives of Australia).
La lettre d'Alexandre Mesnier retrouvée par les Archives nationales d'Australie (©National archives of Australia).

« Son écriture prouve qu’il a de grandes qualités littéraires »

En décembre 1870, jour où cet Alexandre écrit sa lettre, Paris est encerclée par les Prussiens. « Il dit dans sa lettre qu’il n’a pas de nouvelle de sa famille, mais c’est normal. Le courrier pouvait sortir de Paris, mais pas rentrer. » Son courrier sort donc « par ballon monté », comme indiqué sur l’enveloppe.

C’est émouvant parce qu’il a écrit tout petit et a plié son courrier en cinq fois, parce qu’il ne devait pas y avoir beaucoup de place dans le ballon. Son écriture prouve qu’il avait de grandes qualités littéraires », poursuite Emmanuel Hamel.

Voilà pour le contexte historique et familial, mais quel rapport avec l’Australie ? Pour comprendre, il faut s’intéresser au frère d’Alexandre.

Son frère, Jules Mesnier, est mort en 1919 à Grand-Camp, près de Bernay dans l’Eure. Après avoir épousé une fille d’un magnat du charbon au Pays de Galles, où il vit, Jule crée une société appelée Les phosphates d’Océanie, en 1908, découvre Emmanuel Hamel. Il faisait donc affaires avec des îles aux alentours de l’Australie.»

Est-ce que Jules Mesnier avait la lettre de son frère avec lui lors d’un séjour au début du XXe siècle ? « Je n’ai pas pu prouver que Jules Mesnier s’est physiquement rendu en Australie », avoue humblement le généalogiste amateur. La fin reste encore à écrire.

Qu’est devenu Alexandre Mesnier ?

« Je sais qu’il est revenu à Pont-Audemer en 1888 pour un acte de décès de sa tante, mais il était toujours domicilié à Paris. Je ne sais pas quand est-ce qu’il est mort, ni où. Je n’ai recherché que dans le premier arrondissement de Paris pour l’instant… »

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