Le Havre L'écrivain du Havre, Maylis de Kerangal, en lice pour le Man Booker International Prize

Trois auteurs francophones sont en lice pour le Man Booker International Prize. Parmi les écrivains retenus, la Havraise, Maylis de Kerangal, avec son roman, Réparer les vivants.

Mise à jour : 15/03/2016 à 16:44 par Solène Bertrand

L'écrivain du Havre, Maylis de Kerangal, en lice pour le Man Booker International Prize. (Photo : C.Helie. Gallimard)
L'écrivain du Havre, Maylis de Kerangal, en lice pour le Man Booker International Prize. (Photo © C.Helie/Gallimard)

Créé en 2005, le Man Booker International Prize est un prix prestigieux qui récompense des livres traduits en anglais. Pour l’édition 2016, 13 écrivains sont en lice. Parmi eux, l’écrivain du Havre (Seine-Maritime), Maylis de Kerangal, avec Réparer les vivants, paru en anglais sous le titre, Mend the living. Le roman a déjà reçu de nombreux prix : Grand Prix RTL-Lire 2014, Roman des étudiants France Culture-Télérama 2014, prix Agrippa d’Aubigné 2014 etc.
Initialement bisannuel, le Man Booker International Prize est désormais annuel. Autre changement, il récompense désormais un seul ouvrage traduit en anglais et non plus l’ensemble de l’œuvre d’un auteur. Le nom du lauréat sera dévoilé en mai 2016.

13 romans sélectionnés

Pour l’édition 2016, 13 romans ont été sélectionnés. Parmi les écrivains en lice, trois sont francophones : Marie NDiaye, avec Ladivine, Fiston Mwanza Mujila, avec Tram 83, et Maylis de Kerangal, avec Réparer les vivants. Une belle consécration pour la Havraise, conseillère littéraire de la dernière édition du festival littéraire, Le Goût des autres, dont le roman a été un véritable succès de librairie, qui lui a valu d’être adapté à la scène par Emmanuel Noblet et prochainement au cinéma par la réalisatrice Katell Quillévéré.

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Le roman raconte l’histoire d’une famille confrontée à la perte d’un adolescent, le jeune Simon, et à la délicate question du don d’organes. Un récit poignant et une véritable plongée dans le cœur humain qui a touché de nombreux lecteurs, comme en attestent les nombreuses récompenses décernées. Parmi les auteurs retenus pour le Man Booker International Prize, deux prix Nobel : le Turc, Orhan Pamuk et le Japonais, Kenzaburô Oé.

La traduction : un travail de cocréation

Maylis de Kerangal se réjouit d’être en lice pour ce prestigieux prix, et y voit l’occasion d’élargir « le champ du livre ». Pour l’auteur, ce prix salue aussi le travail de traduction. Les 50 000 livres sterling (64 000 euros) à la clef seront partagés entre l’écrivain et le traducteur : une véritable reconnaissance du travail de cocréation.

Pour le faire vivre dans une autre langue, un traducteur est amené à interroger le texte original, à le ressaisir au prisme de sa culture et de sa sensibilité. Au final, c’est bien sûr le même livre, le plus fidèle possible à l’original, mais il a forcément bougé, effectué un écart, opéré un déplacement. C’est passionnant », confie Maylis de Kerangal à Télérama.

Ses romans, Naissance d’un pont et Réparer les vivants, ont été tous deux traduits en anglais par Jessica Moore :

Jessica vient de la poésie et de la musique, nous nous sommes penchées ensemble sur ces textes, c’était une expérience très enrichissante. Réparer les vivants a d’ailleurs été traduit en anglais dans deux traductions différentes, la première par Jessica Moore en Angleterre et au Canada, la seconde aux États-Unis. Bien que dans la même langue, ces textes sont différents, chacun va continuer sa vie, voyager sans moi.

Maylis de Kerangal considère l’écriture comme une première traduction, un travail de restitution : les mots se transforment pour prendre corps dans l’écriture, dans la langue littéraire. Auteurs et traducteurs ont un même goût pour les mots, le rythme de la phrase. Le prix Man Booker International Prize est l’occasion de récompenser conjointement le travail de création et de traduction, qui vise, par l’écriture, à transfigurer le langage, à le mettre en scène et à le magnifier. Le prix sera décerné le 16 mai 2016.

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