Rouen Jugés pour la séquestration d'une prostituée, au Havre : le procès renvoyé

Ce matin, deux Havrais devaient répondre de crimes sur une prostituée roumaine. Leur procès a été renvoyé : absente, la partie civile n'avait pas été citée à comparaître.

Mise à jour : 11/09/2013 à 11:32 par Jane Hitchcock

Les deux accusés, amis, reconnaissent que le soir des faits, ils avaient pris en charge la prostituée à bord de leur Dacia. (Illustration AFP)
Les deux accusés, amis, reconnaissent que le soir des faits, ils avaient pris en charge la prostituée à bord de leur Dacia. (Illustration AFP)

Que s’est-il réellement passé dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juillet 2011 au Havre et dans plusieurs communes avoisinantes ? C’est ce que la cour d’assises de la Seine-Maritime, à Rouen, devait s’attacher à comprendre dès ce matin, mercredi 11 septembre 2013, en jugeant deux hommes renvoyés pour l’enlèvement, la séquestration et le viol d’une prostituée. Absente à l’ouverture des débats, la partie civile, qui réside en Roumaine, n’a pas été citée à comparaître : le procès est donc renvoyé, sine die.

La victime se présente nue, dans une boulangerie

L’affaire. Alors qu’il vient de commencer sa journée, à 2h du matin le mardi 19 juillet 2011, un boulanger du Tilleul surprend une femme entièrement nue poussant la porte de son fournil. Elle est en état de choc. Cette Roumaine expliquera aux gendarmes, alertés par l’artisan, qu’elle a été battue puis agressée sexuellement sous la menace d’un couteau par un client et son complice.
Après avoir dispersé les vêtements de la jeune femme et tenté de dissimulé les préservatifs dans un champ, les deux hommes l’auraient abandonnée dans un chemin en rase campagne, complètement nue.
Les investigations des militaires révèleront que l’ADN retrouvé à l’endroit indiqué par la prostituée appartient à un habitant de Harfleur, âgé de 30 ans, chauffeur de profession, et connu pour une affaire de vol. Le suspect sera interrogé deux mois plus tard, avec son présumé complice, un commerçant ambulant âgé de 22 ans, domicilié à Montivilliers. Ces deux pères de famille nieront tout ou presque, en bloc.

L’accusé aurait voulu récupérer son argent

Les deux hommes, amis, reconnaissent que le soir des faits, ils avaient pris en charge une prostituée à bord de leur Dacia, pour se « changer les idées ». Le premier confirme avoir négocié une prestation sexuelle contre 50 €, qu’il aurait remis à la jeune femme avant que celle-ci, se déclarant fatiguée, ne change d’avis.
Il avoue aussi avoir tenté de récupérer son argent sous la menace d’un couteau, pendant que son ami conduisait la voiture, jusqu’aux environs d’Étretat, où, finalement, la prostituée aurait fini par accepter d’avoir une relation. Pour cet accusé, défendu par le bâtonnier de Rouen, Me Philippe Lescène, donc, il n’y a ni enlèvement, ni viol.

Les versions divergent

Pour le complice présumé, représenté par Me Abdel Alouani, c’est une toute autre position. Lui, n’aurait jamais eu de relation sexuelle avec cette femme. Les gendarmes, d’ailleurs, n’ont pas retrouvé d’indice en ce sens. Il n’aurait fait que transporter son ami et la prostituée jusqu’à ce chemin de terre, d’où il est reparti après que le Havrais lui ait assuré que leur passagère avait fini par détaler.
Une confrontation sera organisée par le juge d’instruction, mais les versions des trois protagonistes dans cette affaire ont continué de diverger. Les trois magistrats professionnels et les jurés populaires avaient jusqu’à vendredi 13 septembre 2013 pour suivre leur intime conviction et rendre leur décision. Le dossier reviendra plus tard devant la cour d’assises de la Seine-Maritime, à une date qui sera fixée dans quelques semaines.

Jane Hitchcock
Journaliste coordinatrice de l'équipe web 76actu - Twitter
Localité(s) :
Rouen, 76

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