Le Havre Lutte contre l'excision. Le combat de l'association Gams Normandie

Samedi 6 février c'était la journée mondiale de lutte contre l'excision. En France, 53 000 femmes seraient excisées. Au Havre, le Gams Normandie organise un débat, le 8 février.

Mise à jour : 06/02/2016 à 20:15 par Solène Bertrand

Les femmes africaines, au sein de l'association Gams, sont actives, menant un véritable travail de prévention auprès des plus jeunes. (Photo d'illustration : capture d'écran YouTube du documentaire, Kenya. L'excision
Les femmes africaines, au sein de l'association Gams, sont actives, menant un véritable travail de prévention auprès des plus jeunes. (Photo d'illustration : capture d'écran YouTube du documentaire, Kenya. L'excision, une lutte au quotidien.)

En 2004, selon les chiffres de l’Institut national d’études démographiques, la France comptait environ 53 000 femmes excisées. Des mutilations génitales principalement en Afrique subsharienne, au Proche-Orient, et en Asie du Sud-Est, avant leur arrivée en France ou lors d’un retour dans leur pays d’origine, rappelle 20 minutes. Depuis une trentaine d’années, la fédération nationale Gams (Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles et des mariages forcés) vient en aide à ces femmes. En Normandie, et plus précisément au Havre (Seine-Maritime), l’association mène des campagnes de prévention et d’information. Lundi 8 février 2016, dans le cadre de la journée internationale contre les mutilations sexuelles féminines, elle organise un débat et une rencontre autour de la bande dessinée, Ne me coupez pas, à la Maison du Patient.

Combattre le silence

Présidente de l’antenne havraise du Gams, Danièle Bugeon, pédiatre, intervient en Normandie, depuis de nombreuses années. Elle a pu noter l’évolution des mentalités et constater que les excisions, si elles concernent moins les fillettes en bas-âge, ont toujours lieu, mais à un âge plus tardif.

Dans les années 90, le nombre de cas d’excisions recensés était important, de l’ordre de 2 fillettes sur 3 à l’époque. Quand la prévention a débuté, les chiffres ont chuté. Toutefois, les familles continuent de pratiquer l’excision, mais plus tardivement, quand les enfants ont une dizaine d’années et qu’elles échappent à la surveillance médicale des PMI (Protection maternelle et infantile). Les mentalités ont tout de même évolué. Il fut un temps où les petits bébés étaient concernés par l’excision : cela se pratiquait dans les cuisines et salles de bain. C’était considéré comme culturel et un grand silence entourait ces actes, rappelle la présidente du Gams Normandie.

Pour aider toutes ces femmes victimes de mutilations génitales, le Gams a été créé, libérant la parole et menant un travail de prévention auprès des femmes et de jeunes dans les établissement scolaires.

Reportage. Kenya : l’excision, une lutte au quotidien :

Un travail de prévention

C’est un procès retentissant, en région parisienne, celui d’une petite fille,  morte suite à une hémorragie, qui, en 1982, motivera la création du Gams. « Ce rappel à la loi est important. Il permet d’expliquer aux plus jeunes ce à quoi on s’expose juridiquement quand on pratique l’excision. Cela illustre aussi les dangers encourus par les femmes qui subissent ces mutilations. » L’association compte des femmes du milieu médical, des femmes africaines qui se sont battues contre leurs communautés.

Au Havre, Nafissatou Fall, directrice du Gams de la Région Normandie antenne du Havre, intervient en qualité d’interprète et médiatrice auprès des femmes. Cela fait 25 ans qu’elle accompagne des femmes, qu’elle les informe.

Le Gams Normandie intervient dans les établissements scolaires :

Nous faisons un gros travail de prévention auprès des élèves de 3e. C’est une thématique difficile à aborder avec des jeunes de cet âge-là ; c’est pourquoi nous séparons les garçons et les filles pour faciliter les échanges. Nous expliquons en quoi consiste une excision, les complications qu’elle engendre. Le tout avec des planches anatomiques pour les aider à mieux appréhender leur corps.

Un débat et une rencontre

Lundi 8 février 2015, à la Maison du patient, au Havre, le Gams Normandie organise une rencontre et un débat. De 14h à 18h, des intervenants seront invités à prendre la parole, témoignant de leur travail quotidien et de leur expérience. La bande dessinée Ne me coupez pas, réalisée par l’association rouennaise ASIFA (Association interculturelle des femmes actives) et Bob Kanza, sera également présentée.

C’est ouvert à tous dans la limite des places disponibles. La Maison du patient est aussi notre lieu d’accueil et d’écoute : nous y assurons une permanence, tous les lundis après-midi, mais uniquement sur rendez-vous car nous tenons à ce que les femmes ne se croisent pas. Il faut songer à conserver la confidentialité de la démarche.
  • Infos pratiques :
    Lundi 8 février 216, à la Maison du patient, hôpital Flaubert, 55 bis rue Gustave Flaubert, au Havre (Seine-Maritime)
    Inscriptions au 06 30 36 42 42
    Courriel : gamshautenormandie@gmail.com

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