Hérouville-Saint-Clair Théâtre, musique, arts visuels... À Caen, un nouveau festival, « Écritures partagées »

Le festival Écritures Partagées aura lieu du 19 janvier au 7 février 2016, à Caen (Calvados). Marcial Di Fonzo Bo nous dit tout sur cet événement dédié à la création contemporaine.

Mise à jour : 11/01/2016 à 15:39 par Mathieu Girard

Rendez-vous du 26 au 28 janvier 2016, au théâtre des Cordes, à Caen (Calvados), pour découvrir la pièce Visage de feu, mise en scène par le Caennais Martin Legros. (Photo : Collectif La Cohue)
Rendez-vous du 26 au 28 janvier 2016, au théâtre des Cordes, à Caen (Calvados), pour découvrir la pièce « Visage de feu », mise en scène par le Caennais Martin Legros. (Photo : Collectif La Cohue)

Du 19 janvier au 7 février 2016, la Comédie de Caen (Calvados) inaugure le Festival Écritures partagées. Cet événement, organisé en partenariat avec de nombreuses structures culturelles, sera dédié au théâtre, à la musique, au cinéma et aux arts visuels
Cette parenthèse dans la saison 2015-2016 a pour objectif de promouvoir des auteurs concernés par la politique et la société, qui portent un regard sur le monde d’aujourd’hui. Rencontre avec Marcial Di Fonzo Bo, le directeur du Centre Dramatique National de Normandie.

Une respiration dans la saison de la Comédie de Caen

Normandie-actu : Quelles étaient vos envies et vos ambitions lorsque vous avez décidé de créer ce nouveau festival ?
Marcial Di Fonzo Bo :
L’idée était d’avoir un temps de la saison qui soit un peu plus ouvert. On a appelé ça un festival, car on le voit plus comme un mouvement. Il s’agit d’une programmation faite sur deux semaines, à une autre vitesse, qui permettra au public d’aborder la vie de la Comédie de Caen d’une manière originale.

Concrètement, que signifie le terme « écritures partagées » ?
On a estimé que c’était important de faire circuler le public autrement entre différents spectacles. Les formes artistiques d’aujourd’hui sont de plus en plus sur ces questions transversales, on a donc mis l’accent sur les idées de partage et de connexion. Par exemple, nous avons la volonté de « croiser » le cinéma avec les arts visuels. On va travailler avec les gens de l’École supérieure des arts et médias de Caen et ceux du Café des images, mais aussi avec des structures internationales. C’est pourquoi le spectacle Antigone de Lucie Berelowitsch, avec des acteurs ukrainiens, ouvrira le festival, du 19 au 21 janvier 2016, au théâtre d’Hérouville Saint-Clair, près de Caen.

La bande-annonce d’Antigone :

Politique, mais pas trop

Cet événement a aussi une portée politique…
Il me semble que le théâtre est politique lorsqu’il s’efforce d’être poétique, quand il donne à réfléchir plutôt que de faire la leçon. Le théâtre est fort quand il donne des outils et le cadre pour penser, sans être frontalement politique. Il ne faut pas afficher un message ou une morale trop tendancieuse, et chacun saura s’y retrouver.

Entrons un peu dans cette programmation. Du 26 au 28 janvier 2016, au Théâtre des Cordes, à Caen, on pourra découvrir Visage de feu, la pièce du metteur en scène de Caen, Martin Legros, du collectif La Cohue
Martin et son équipe représentent la nouvelle génération du théâtre en Normandie. On aime beaucoup ce qu’ils proposent. D’ailleurs, leur prochaine création, adaptée d’un texte Dennis Kelly (Ndlr : auteur anglais à qui l’on doit notamment la très bonne série TV Utopia), sera produite par les théâtres de Rouen (Seine Maritime), Cherbourg (Manche), Hérouville et Vire (Calvados)
En ce qui concerne le spectacle Visage de feu, il a été sélectionné au Festival Impatience, en mai 2015, à Paris (Île-de-France), un événement dédié aux jeunes compagnies prometteuses. Cette pièce a été écrite par Marius Von Mayenburg, qui est un dramaturge important de la scène allemande. Elle parle comme nul autre du malaise adolescent.

La bande-annonce de Visage de feu :

Autre temps fort, du 1er au 5 février, Guillermo Pisani dévoilera Le système pour devenir invisible
Guillermo est un des artistes associés à la Comédie de Caen. Son spectacle a été créé au théâtre de Vanves (Hauts-de-Seine), en décembre 2015. Il s’agit de sa première mise en scène, qui prend la forme d’un essai sur le monde actuel et le langage. C’est une pièce à suspense qui se passe à Berlin, une fausse histoire d’amour et une vraie histoire d’espions, à moins que ce ne soit l’inverse… C’est un texte qui n’est pas forcément très accessible, mais qui constitue une belle tentative d’écriture du nouveau théâtre, avec de très beaux comédiens.

Le Centre Chorégraphique National rouvre ses portes

Le festival inclut également la soirée d’ouverture du Centre Chorégraphique National de Caen, le samedi 30 janvier 2016…
Nous avons la volonté, avec Alban Richard, le nouveau directeur du CCNC, de travailler main dans la main, pour que nos deux projets puissent se booster mutuellement.

> Lire aussi : Centre chorégraphique national de Caen. Le projet d’Alban Richard.

Une soirée de performances et de danse sera au programme, en présence de nombreux invités tels que David Bobée, le directeur du Centre Dramatique National de Haute-Normandie, et Emmanuelle Vo-Dinh, la directrice du Phare, le Centre Chorégraphique National du Havre (Seine-Maritime). Côté scène, on pourra découvrir une répétition publique de J’ai dans mon cœur un Général Motors, un spectacle de Julien Villa, qui rend hommage à deux figures de la musique soul : la chanteuse Diana Ross, et Berry Gordy, le patron du célèbre label Motown.

Changeons de sujet pour terminer. Vous êtes actuellement à Paris, où vous répétez la pièce Vera, avec Karin Viard en vedette. Comment cela se passe-t-il ?
Très bien ! C’était plus simple pour tout le monde de commencer à Paris. Nous y avons enchaîné cinq jours de répétitions pour nous familiariser avec l’adaptation française du texte d’Alena Sluneckova signée Pierre Notte, qui est à nos côtés. Les acteurs et les actrices sont ravis, le projet de décor est abouti et va partir en construction dans nos ateliers à Hérouville Saint-Clair, dès le 15 janvier. Ensuite, nous serons à la Comédie de Caen durant tout le mois d’avril 2016 pour la dernière ligne droite, avant de présenter la pièce au public caennais en avant-première, du 25 au 29 avril 2016.

Le programme du Festival Écritures partagées

  • Antigone. Lucie Berelowitsch revisite la tragédie grecque de Sophocle. Antigone est une figure de la révolte et de la liberté, du courage humain réclamant la justice au-delà de la raison d’État. Pour l’incarner, elle a choisi un collectif de femmes ukrainiennes, comédiennes et musiciennes engagées : les Dakh Daughters (lire ci-dessous). Du 19 au 21 janvier 2016, à 20h, à la Comédie de Caen, à Hérouville. 5 à 25 euros.
  • Événements. Un hommage à Didier Georges Gabily, écrivain et homme de théâtre français disparu en 1996, mis en scène par Virginie Lacroix avec les étudiants du Conservatoire de Caen. Lundi 18 janvier 2016, à 20h, au Théâtre des Cordes, à Caen. Entrée libre.
  • Portrait Pasolini. La Comédie de Caen a commandé à Lucie Berelowitsch un portrait d’artiste, en lien avec sa création, Antigone. C’est avec Thibault Lacroix qu’elle a décidé de travailler sur Pasolini. Samedi 23 janvier 2016, à 16h, au Musée des Beaux-Arts, à Caen. 4 euros.
  • Let’s go. Ce film d’Élise Vigier, Frédérique Loliée et Lucia Sanchez explore les nouvelles formes de représentations, de questionner la société, d’interroger le monde en attaquant ce qui est, soi-disant, normal. Samedi 23 janvier 2016, à 11h, au Café des images, à Hérouville. 4,20 à 6,50 euros.
  • Les Dakh Daughters. Ces musiciennes ukrainiennes expriment avec puissance et humanité le besoin de liberté des citoyen/nes d’un monde en mutations où le devoir de révolte fédère actes et pensée et s’oppose à l’amertume de la résignation. Elles proposent un cabaret apocalyptique où s’entrechoquent dans un spectacle polyphonique surpuissant des textes de Brodski, Bukowski ou Shakespeare. Samedi 23 janvier 2016, à 20h, à la Comédie de Caen, à Hérouville. 8 à 12 euros.

Écoutez les Dakh Daughters :

  • Visage de feu. Une pièce de Martin Legros, d’après le texte de Marius Von Mayenburg. L’histoire ? Kurt et Olga, deux adolescents issus de la petite bourgeoisie allemande, se heurtent au confort complaisant de leurs parents. Du 26 au 28 janvier 2016, à 20h, au Théâtre des Cordes, à Caen. 5 à 25 euros.
  • J’ai dans mon cœur un Général Motors. Assistez à une répétition publique de la nouvelle création de Julien Villa, du collectif Vous êtes ici. Il nous entraîne dans les années 1960 et 1970, à Détroit, dans le nord des Etats-Unis. Samedi 30 janvier 2016, de 18h à 2h, à la Halle aux Granges, à Caen. Entrée libre.
  • Contre-formes. Une exposition collective de Jean-Philippe Baselo, Camille Bonbon, Julien Creuzet, Romuald Dumas-Jandolo, Sébastien Rémy et Cyril Verde. Du 23 janvier au 1er avril 2016, à la Comédie de Caen, à Hérouville. Entrée libre.
  • Shake that devil ! Un rituel de danses et de théâtre en forme de cérémonie païenne et de bal electro. Samedi 30 janvier 2016, de 18h à 2h, à la Halle aux Granges, à Caen. Entrée libre.
  • Le système pour devenir invisible. Une histoire est donnée à voir : une nuit à Berlin, Mia rencontre Heiner ; elle hésite à tout quitter pour s’ouvrir à une nouvelle vie. La pièce explore la difficulté de trouver une vérité sur laquelle on peut s’appuyer, et évoque notre société sans utopie et sous surveillance. Du 1er au 3 février 2016, à 20h, et les 4 et 5 février, à 19h, au Théâtre des Cordes, à Caen. 5 à 25 euros.
  • Mardi et Les Dents. Un double prestation de Mardi, un solo de guitare acoustique de Guillaume Hardy, et des Dents, un concert de spoken word techno de Martin et Baptiste Legros. Jeudi 4 février, à 21h30, au Théâtre des Cordes, à Caen. 5 euros.
  • Portrait Foucault. Cette pièce de Pierre Maillet, artiste-associé au CDN, revient sur la rencontre entre le célèbre philosophe Michel Foucault et le Normand Thierry Voeltzel qu’il avait pris en stop en remontant vers Paris. Samedi 5 février 2016, à 20h, à l’Imec, à Saint-Germain-la-Blanche-Herbe. Entrée libre.

Infos pratiques :
Festival Écritures partagés, du 19 janvier au 7 février 2016, à Caen et Hérouville Saint-Clair (Calvados).
Tarif : 40 euros le pass trois spectacles (+ le concert des Dakh Daughters). Tél : 02 31 46 27 29.

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