Hérouville-Saint-Clair [Interview] Comédie de Caen. La grande première de Marcial Di Fonzo Bo

Du 7 au 9 octobre 2015, la Comédie de Caen présente « Dans la République du bonheur ». Il s'agit de la toute première pièce de Marcial Di Fonzo Bo, jouée à Hérouville (Calvados).

Mise à jour : 05/10/2015 à 20:29 par Mathieu Girard

Rendez-vous du 7 au 9 octobre 2015, à la Comédie de Caen (Calvados), pour découvrir Dans la République du bonheur, la première pièce de Marcial Di Fonzo Bo (ici à droite) présentée à Hérouville. (Photo : Cristophe Raynaud de Lage)
Rendez-vous du 7 au 9 octobre 2015, à la Comédie de Caen (Calvados), pour découvrir « Dans la République du bonheur », la première pièce de Marcial Di Fonzo Bo (ici à droite) présentée à Hérouville. (Photo : Christophe Raynaud de Lage)

Nommé en janvier 2015 à la tête de la Comédie de Caen (Calvados), le Centre Dramatique National de Normandie, Marcial Di Fonzo Bo, n’avait pas encore eu l’occasion de présenter son travail aux Caennais. Cela sera chose faite du 7 au 9 octobre 2015, avec la pièce Dans la République du bonheur, qu’il a mise en scène avec son acolyte de toujours, Élise Vigier. Entretien.

Une adaptation de Martin Crimp

Normandie-actu : Comment est née la pièce Dans la République du bonheur ?
Marcial Di Fonzo Bo : C’est une adaptation d’un texte de Martin Crimp, que j’avais faite avant d’arriver à Hérouville Saint-Clair. C’est la dernière création du Théâtre des Lucioles, la compagnie que j’ai animée avec Élise Vigier pendant 20 ans. Ce spectacle a été créé en 2014 aux Subsistances, à Lyon (Rhône), et a été présenté avec succès au Théâtre de Chaillot, à Paris (Île-de-France). Nous avons décidé de le présenter en ouverture de saison, avant de partir en tournée pour une trentaine de dates. Cette pièce amorce la thématique que nous déclinerons jusqu’au 14 octobre 2015,  à la Comédie de Caen : la thématique du bonheur.

À quoi correspond cette « République du bonheur » ?
La République, c’est le vivre ensemble. Quant au bonheur, ma foi, il faut le définir chaque jour. Comment concevoir le bonheur ensemble ? La pièce parle d’aujourd’hui, de la quête effrénée d’individualisme dans laquelle on vit, et de la société qui ne considère plus du tout les utopies, qui ont toutes foutu le camp.

La bande-annonce de Dans la République du bonheur :

Huit acteurs et trois musiciens sur scène

Que pourra-t-on voir sur scène exactement ?
On est devant huit acteurs et trois musiciens, avec une pièce qui se déroule en trois parties très distinctes. La première ressemble à du théâtre classique, avec un quatrième mur : on arrive dans une famille, à Londres (Angleterre), le jour de Noël, avec le grand-père, les enfants et le petit-fils. L’oncle Bob, que je joue, et Madeleine, sa copine, font irruption et décident de régler leurs comptes. On assiste donc, en live, à la destruction de cette famille, par la parole.
Dans la deuxième partie, on découvre ce qui se passe une fois la famille détruite. Le décor explose et il n’y a plus que des miroirs qui reflètent la présence du public. Les acteurs sont débarrassés de leurs personnages et ils essaient de vivre ensemble. Cet acte comporte cinq sous-parties qui correspondent à différentes libertés : la liberté d’écrire le scénario de ma propre vie, la liberté de vivre de mon propre trauma, etc. Chacune d’entre-elles est ponctuée par une chanson d’Étienne Bonhomme, qui a aussi écrit la musique de la pièce Démons.

> Lire aussi : Romain Duris, Marina Foïs, Anaïs Demoustier… Pluie de stars sur la Comédie de Caen.

Et la dernière partie ?
Elle est plus abstraite, plus courte. C’est quasiment de la science-fiction. Bob et Madeleine, qui ont quitté la famille lors du premier acte, finissent par arriver dans ce qui pourrait être la République de demain. Le décor est un mur de lumière aveuglant, nous sommes dans un futur proche assez terrifiant, dépourvu d’images et de chair. C’est peut-être ce qui va nous arriver si on continue à vivre comme on le fait.

Être à la fois comédien et metteur en scène, c’est compliqué ?
C’est le pied ! C’est une des particularités du travail que j’ai fait avec la compagnie des Lucioles pendant 20 ans : l’acteur est au centre du projet et est aussi derrière. Il occupe une place mouvante. C’est important pour un comédien d’être aussi metteur en scène, ça aide à mieux comprendre son métier. C’est compliqué car cela demande beaucoup de travail, mais c’est le bonheur le plus total.

Infos pratiques :
Du 7 au 9 octobre 2015, à 20h, à la Comédie de Caen,
1 square du Théâtre, à Hérouville Saint-Clair, près de Caen (Calvados). 
Tél : 02 31 46 27 29. Tarifs : 5 à 25 euros.

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