Le Havre Interview. La Grande Sophie en concert, au Havre et à Alençon

La Grande Sophie sera en concert en Normandie, les 24 et 25 mars 2016, avec son album, « Nos histoires ». Un nouvel opus, où de nombreuses figures féminines se croisent. Entretien.

Mise à jour : 20/03/2016 à 17:41 par Solène Bertrand

La Grande Sophie est en concert au Havre, le 24 mars, et à Alençon, le 25 mars 2016. (Photo : Arnola)
La Grande Sophie est en concert au Havre, le 24 mars, et à Alençon, le 25 mars 2016. (Photo : Arnola)

La Grande Sophie fait étape au Tetris, au Havre (Seine-Maritime), le jeudi 24 mars 2016, et à La Luciole, à Alençon (Orne), le vendredi 25 mars 2016. Après La place du fantôme, l’artiste revient sur scène avec son nouvel opus, intitulé sobrement Nos histoires. Retour sur la genèse de cet album né lors d’une tournée au Vietnam. Entretien.

De l’intime à l’universel

Normandie-actu : L’album précédent, La place du fantôme, était très intime. Même si on reste dans ce registre, on est dans l’universalité avec ce nouvel opus, Nos histoires, racontant des expériences personnelles qui peuvent néanmoins parler à tous.
La Grande Sophie : Après un album très introspectif, j’avais besoin de chercher la lumière. Nos histoires est né à Hanoï, alors que s’achevait ma tournée avec mon précédent album. J’avais prévu de prolonger mon voyage au Vietnam et de découvrir le pays, mais le décès du général Giap a bouleversé mon programme. Puis, en raison d’un typhon, je n’ai pu poursuivre mon voyage. Sur place, j’ai pu découvrir les gens, m’attarder et déambuler à Hanoï. J’avais besoin de parler de cette grande rencontre.

Qu’avez-vous retenu de ce voyage ?
Hanoï m’a séduite. Je suis très attirée par cette ville, très traditionnelle, mais aussi tournée vers le futur. J’ai été emportée par ce mode de vie, par les couleurs et la nourriture. C’est un pays très souriant. J’espère que les gens vont se reconnaître.

Ode aux femmes

Cet album est nourri de rencontres. On y croise de nombreuses figures féminines : de Jeanne Cherhal à Delphine de Vigan, en passant par la pianiste Maria Yudina. Pourquoi rendre hommage à cette pianiste ?
Maria Yudina est une femme virtuose. J’ai découvert son travail, grâce aux Variations Goldberg. Le fait que ce soit une femme, ça m’a parlé. En me documentant, j’ai vu combien elle était libre dans son interprétation. Elle a une histoire personnelle incroyable. C’était une résistante et opposante au régime de Staline. Lui dédier une chanson m’a permis de me poser tout un tas de questions. C’était important pour moi d’écrire cette chanson sur le courage de cette femme, à qui on a interdit de jouer.

Vous prêtez votre voix à des femmes et racontez des parcours de vie. C’est important de rendre hommage à l’art féminin ?
C’est une voix donnée aux femmes. J’ai toujours été sensible à l’art féminin : de Chrissie Hynde à Suzanne Vega, en passant par Joan Baez et PJ Harvey. Quand j’entends une femme prendre la parole, je tends une oreille particulière.

La magie d’une chanson

Nos histoires est un album fédérateur. Chacun peut s’y reconnaître et réinterpréter vos chansons.
Quand je pars sur les routes, j’aime bien rencontrer les gens. Souvent, ils me racontent sur mes chansons des histoires qui leur appartiennent. Pour moi, c’est la magie d’une chanson. Les histoires sont différentes pour chacun.

Il existe différentes nuances et différentes palettes de sentiments sur ce disque. De la mélancolie à la colère : autant de facettes qui sont les vôtres ?
La mélancolie a toujours fait partie de moi. Le titre, Tu dors, évoque une rencontre, et la nécessité de la réveiller pour éviter qu’elle ne s’engourdisse. C’est aussi mon premier titre au piano.

Vidéo. Tu dors de La Grande Sophie :

Il y a de bonnes rencontres, mais aussi tout le fantasme qu’on projette. Quand l’autre ne répond pas, qu’une forme d’indifférence s’installe, la colère submerge. J’évoque la non réciprocité des rapports dans Les portes claquent. Mon album parle de toutes les rencontres, de la réussite à l’échec.

Vidéo. Les portes claquent de La Grande Sophie :

« Un silence, c’est précieux »

Votre album est fait de nuances. On découvre une autre Grande Sophie.
Avant, je fonçais comme une fusée, mais j’ai découvert qu’un silence, c’est précieux et qu’il faut savoir le laisser s’exprimer.

Votre rencontre avec Delphine de Vigan vous a beaucoup influencée ?
J’ai fait des lectures musicales avec elle et je me suis retrouvée seule sur scène avec elle. Nous étions juste nous deux et j’ai dû apprendre à m’adapter au contexte. Avant, j’étais peut-être à l’état brut. J’apprends désormais à savoir ponctuer, rythmer et à ajouter des virgules. À nuancer, en somme.

  • Infos pratiques :
    Jeudi 24 mars 2016,  à 20h30, au Tetris, Fort de Tourneville, au Havre. Tarifs : de 18 à 23 euros. Réservations en ligne, ici
    Vendredi 25 mars, à 21h, à La Luciole, 171 route de Bretagne, à Alençon. Tarifs : de 23 à 28 euros. Réservations en ligne, ici

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