Caen L'humoriste Roland Magdane à Caen. Retour sur 30 ans de carrière

Avec « Rire ! », Roland Magdane sera sur la scène du Théâtre de Caen (Calvados), vendredi 12 février 2016. Pour Normandie-actu, l'humoriste revient sur ses 30 ans de carrière.

Mise à jour : 11/02/2016 à 09:11 par marjoriejanetaud

Roland Magdane jouera au Théâtre de Caen (Calvados), ce vendredi 12 février 2016. ©DR
Roland Magdane joue au Théâtre de Caen (Calvados), vendredi 12 février 2016. ©DR

L’humoriste Roland Magdane sera sur la scène du Théâtre de Caen (Calvados), vendredi 12 février 2016, avec son spectacle au titre évocateur, Rire. Entretien.

La passion du métier

Normandie-actu. On vous connaît humoriste, chanteur, comédien, animateur, vous considérez-vous comme un touche-à-tout ?
Roland Magdane. Le one-man-show est un long fleuve tranquille. Les autres ne sont que des petits chemins de traverse. Mais cela me permet de garder la passion de ce métier pour continuer à le faire bien. Il y a toujours une petite lassitude au bout de quelque temps et il faut se régénérer en allant ailleurs. Le one-man-show, c’est l’idéal parce que j’ai l’écriture et ce moment merveilleux où je rencontre le public. Quel est le métier où on se lève le matin en disant je vais jouer… je vais jouer à Caen, je vais jouer à Marseille ? Il n’y en a pas beaucoup.

À vos débuts, vous arboriez une tenue un peu clownesque, aujourd’hui un costume… et vous faites encore rire. Vous avez un secret ?
Dans les années 80, on se créait tous des personnages, peut-être pour se démarquer de nos aînés en costume, comme Devos ou Fernand Raynaud. En ce qui me concerne, c’est sûr que je me cachais derrière un personnage parce que j’étais très timide et je n’aurais pas pu monter sur scène sans.
Le secret, c’est ne jamais tricher, toujours être honnête avec le public. Un jour, j’ai rodé un spectacle à Mulhouse pendant une semaine et je me suis aperçu qu’il n’était pas bon. J’ai annulé toute la tournée parce que je me suis dit que les gens allaient être déçus et ne reviendraient plus me voir. Je dis toujours aux jeunes, qu’après un spectacle, il faut se demander si les 1 000 personnes qui sont là ce soir vont revenir dans six mois. Si c’est oui, c’est que le spectacle a été bon. On ne peut pas durer sans le public. La deuxième chose, c’est le travail. Tous les jours de ma vie, je passe 1h30 à travailler mes textes. Tout ce qui sonne moyen, je l’enlève. Alors on peut croire que je suis un génie, mais en fait c’est juste que je travaille et ne garde que ce qui fait rire.

Une compilation des meilleurs sketchs

Avec quel spectacle allez-vous faire rire le public caennais ? 
C’est un spectacle qui compile les plus gros succès pendant deux heures avec des enchaînements que j’améliore avec le public. Bien que je n’improvise que très peu. Tout l’art est donc de faire quelque chose de très cadré et de penser que ça ne l’est pas. Je vais les faire rire avec les plus grands sketchs des trois décennies. J’ai choisi deux ou trois sketchs emblématiques du début, mais je les ai remis au goût du jour. Par exemple, l’idée des organes qui discutent entre eux pendant une crise de foie était intéressante, mais je ne l’écrirais plus comme ça maintenant. J’ai utilisé les phrases mythiques de l’époque pour en refaire quelque chose de plus actuel. Pareil avec le sketch de l’épicier. La difficulté était de lier ces 30 ans de carrière. Je ne me suis imposé qu’une contrainte : utiliser uniquement des sketchs qui m’amusent encore. Comme je n’ai pas de mémoire, il a fallu que je les réapprenne et je les ai modifiés.

Une expérience américaine

Au milieu des années 80, en plein succès, vous êtes parti aux États-Unis, pourquoi ?
J’ai eu un accident de voiture où j’ai vu ma dernière heure arrivée. Avant que la voiture ne s’encastre sous le camion, j’ai pensé : je vais mourir et je n’ai jamais rien fait de ma vie. À l’hôpital, je me suis d’abord dit je ne voulais plus rien regretter et ensuite je me suis demandé ce que j’aurais voulu faire et que je n’ai pas fait. J’ai toujours rêvé d’aller aux États-Unis, j’y suis parti. À l’époque, je vendais 500 000 albums, tout le monde m’a dit tu es cinglé. Moi, je savais que je partais pour faire autre chose. Arrivé aux États-Unis, je suis allé voir ce que faisaient des gens du même métier que moi. Les spectacles faisaient 20 minutes et je me suis dit que c’était abordable en anglais. La première fois a été catastrophique ! C’était au moment où les Américains voulaient bombarder Kadhafi et que le gouvernement français refusait que la France soit survolée… Je suis entré sur scène en disant, « Bonjour, je suis français ». Je suis sorti au bout de 10 minutes ! Les Américains n’avaient pas digéré que les Français leur aient dit non, alors qu’ils étaient venus libérer la France. J’étais sous contrat et il fallait que je trouve une solution pour le lendemain. Je leur dis « Bonjour, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous, je suis français. » Au lieu de « rentre chez toi » comme la veille, il y a eu un silence de mort. J’ai enchaîné en disant « vous pensez que nous, les Français, on déteste les Américains ? En fait, non, on déteste tout le monde ». Et là ils ont éclaté de rire !

Et vous avez réussi à les faire rire pendant 10 ans ?
À partir du moment où des agents ont su qu’un Français faisait rire les Américains, ils sont tous arrivés. L’un d’eux s’est occupé de moi et j’ai joué les premières parties de Jay Leno, puis une série aux États-Unis. J’aurais dû refuser en attendant plus gros, même si c’était exceptionnel qu’on me propose une série. Ils m’ont fait jouer la caricature du Français charmeur. Dans chaque épisode, j’avais une nouvelle femme… je me suis vite ennuyé et suis rentré en France.

La conquête d’un nouveau public

Après neuf ans d’absence, comment s’est passé votre retour ?
Les nouveaux, c’étaient Bigard, Palmade, Robin. On disait que j’étais mort. Mais dans la rue, les gens me reconnaissaient et me demandaient quand je revenais. Je savais qu’il y avait quelque chose à faire, mais je devais quasiment recommencer ma carrière à zéro. Avant de partir, je faisais des salles de 5000 places et là, il fallait que je me produise dans des petits théâtres de 500 places. J’ai mis mon ego dans ma poche et je me suis interrogé sur ce que j’allais faire. Si je faisais les anciens sketchs des aficionados, j’étais mort. Pourtant, c’était la solution la plus simple. J’ai choisi de ne faire que des nouveautés. La première tournée n’a pas fonctionn,é notamment parce que j’avais sorti un disque et que les gens ne savaient plus si c’était une tournée de chansons ou de sketchs. J’ai fait une émission chez Drucker pour pouvoir m’expliquer. J’ai rempli des demi-salles, j’avais perdu les aficionados mais sûrement gagné un nouveau public. Du coup, j’ai fait des salles plus petites, de 300 places. L’année d’après, je suis revenu dans des salles de 500 puis plus grandes…

Qu’allez-vous faire après la tournée ?
Je pense qu’on va tourner jusqu’à fin 2017 donc j’ai le temps de penser à quelque chose. J’ai envie d’écrire une pièce de théâtre et un film aussi. Je laisserai la passion l’emporter… J’ai aussi une idée de one-man-show. Mais je ne vais pas faire mes adieux. J’espère les faire rire jusqu’au bout !

Informations pratiques :
Vendredi 12 février 2016, à 15h et à 20h30, au Théâtre de Caen, 135 bld Maréchal Leclerc, à Caen (Calvados)
Tarif : 38,50 euros

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