Caen [Interview] Hubert-Félix Thiéfaine, à Caen, sur la scène du Zénith

Samedi 5 décembre 2015, le Zénith de Caen (Calvados) accueillera Hubert-Félix Thiéfaine en concert. Entretien avec une légende de la chanson française, qui ne se démode pas.

Mise à jour : 04/12/2015 à 09:15 par La Rédaction

Samedi 5 décembre 2015, le Zénith de Caen (Calvados) accueille Hubert-Félix Thiéfaine pour un concert qui fera date. (Photo : F. Loock)
Samedi 5 décembre 2015, le Zénith de Caen (Calvados) accueille Hubert-Félix Thiéfaine pour un concert qui fera date. (Photo : F. Loock)

Samedi 5 décembre 2015, le Zénith de Caen (Calvados) accueille Hubert-Félix Thiéfaine, une légende de la chanson française. L’interprète du célèbre tube La Fille du coupeur de joint, est un artiste engagé, qui, depuis ses débuts en 1978, a su se renouveler régulièrement.
Son dernier album, Stratégie de l’inespoir, réalisé avec son fils, Lucas, est dans les bacs depuis le 24 novembre 2014. Interview.

« L’écriture a toujours été un moteur pour moi »

Normandie-actu : Après 17 albums, qu’est ce qui continue de nourrir votre musique ? Comment évitez-vous la lassitude ?
Hubert-Félix Thiéfaine : Grâce aux mots, je pense. Vous savez, l’écriture a toujours été un moteur pour moi, un peu comme le volant dans les anciennes locomotives à vapeur, c’est elle qui m’entraîne et m’anime. Musicalement, ensuite, il faut absolument chercher à se renouveler, à se remettre en question, à explorer des univers musicaux différents… La lassitude n’a pas sa place tant qu’il y a de l’innovation.

Votre fils, Lucas, a réalisé votre dernier album. Comment s’est passé le travail avec lui ?
Cela a été une belle surprise et ce n’était pas du tout prévu ! Je lui avais demandé d’enregistrer en version guitare-voix plusieurs de mes titres afin d’avoir une maquette convenable. Quelques jours plus tard, Lucas m’a envoyé une version de En remontant le fleuve sur laquelle il avait fait des arrangements. Mon texte l’avait visiblement inspiré et son travail correspondait exactement à l’ambiance que je voulais pour cette chanson. Le travail en studio s’est ensuite déroulé naturellement : beaucoup de discussions, jamais de conflits. En 17 albums studio, je ne m’étais jamais senti aussi bien !

Stratégie de l’inespoir…

Pouvez-vous nous expliquer le titre Stratégie de l’inespoir qui a une résonance particulière aujourd’hui ?
L’inespoir est un mot qui me plaisait. Au départ, je pensais l’avoir inventé, avant de me rendre compte qu’il était utilisé par des grands auteurs; comme Verlaine par exemple, avant de disparaître du dictionnaire… Je me suis donc permis de lui donner ma propre définition, à mi-chemin entre l’espoir et le désespoir, un peu comme l’immoralité se situe entre la moralité et l’amoralité. Pour moi, l’inespoir, c’est une sorte de no man’s land émotionnel entre ces deux extrêmes, une zone neutre préservée à la fois des illusions souvent déçues de l’espoir et de cette affliction qu’est le désespoir. C’est une place de choix pour observer le monde et écrire.

Écoutez La Stratégie de l’inespoir :

On vous classe souvent un peu facilement dans la case chanson française, mais on sent une vraie affinité avec des artistes anglo-saxons comme Nick Cave ou Lou Reed. Vous allez chercher des choses chez des artistes de cette trempe ?
Vous savez, j’avais 15 ans quand a explosé le « Swinging London » et il est évident qu’à cette époque j’ai été influencé par le rock anglo-saxon et le blues américain, tout comme par la langue anglaise. Nick Cave et Lou Reed sont des artistes que j’adore et que j’ai écoutés tout au long de ma vie, comme les Stones ou Bob Dylan par ailleurs. Mais je ne pense pas être allé chercher des choses en particulier chez eux. Ensuite, on ne sait jamais totalement ce qui vous influence ou pas lorsque vous écrivez et composez…

Samedi 5 décembre 2015, vous revenez au Zénith de Caen, et ça n’est pas votre premier passage en Normandie. Des souvenirs particuliers de concerts dans notre région ?
Je suis souvent venu en Normandie à mes débuts, notamment lorsque je tournais avec mon tout premier spectacle, Comme un chien dans un cimetière. Je me souviens en particulier d’un concert sous chapiteau en plein hiver… on avait été obligés de faire taper les gens dans leurs mains pour qu’ils se réchauffent !

Infos pratiques :
Samedi 5 décembre 2015, à 20h, au Zénith, 6 rue Joseph-Philippon, à Caen (Calvados)
Tél : 08 91 67 00 17
Tarifs : 39 à 49 euros

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