Rouen Innovation. Des étudiants de Normandie misent sur le paiement, avec l'empreinte de la main

Ils ont 20 et 22 ans et ont imaginé un nouveau moyen de paiement sécurisé : Digipay, avec l'empreinte biométrique de la main. Un procédé nouveau, en quête d'argent. Explications.

Mise à jour : 13/02/2016 à 09:18 par Valentine Godquin

Les deux étudiants ont imaginé un nouveau mode de paiement, avec l'empreinte de la main. (Photo : ©Vincent Hibon/Erwam Deguilhem)
Les deux étudiants de Rouen (Seine-Maritime) ont imaginé un nouveau mode de paiement, avec l'empreinte de la main. (Photo : ©Vincent Hibon/Erwam Deguilhem)

C’est en élaborant leur projet tutoré, pour leur licence professionnelle Réseaux et télécommunications à l’IUT d’Elbeuf (Seine-Maritime) que les deux étudiants ont monté un projet ambitieux, créant un nouveau moyen de paiement. Vincent Hibon, 20 ans, et Erwan Deguilhem, 22 ans, ont déjà remporté plusieurs concours en présentant Digipay, un moyen de paiement fonctionnant par la lecture de l’empreinte… de la main ! Un système infaillible, qu’ils destinent au monde du tourisme.

Un projet ambitieux

Pour arriver à ce stade de réalisation de leur projet, les deux étudiants ont dû faire preuve de détermination. « Nous voulions sortir de l’ordinaire pour notre projet tutoré, en proposant un service de paiement digital avec l’empreinte du doigt, avec biométrie. Mais, quand nous l’avons présenté à l’Université de Rouen, le projet a d’abord été refusé, car trop ambitieux pour des étudiants de notre âge », se souvient Vincent Hibon, l’un des deux porteurs de projet.
Loin de se laisser abattre, les deux inventeurs ont peaufiné ce projet, avant de le présenter, en parallèle de leurs études, à des concours tels que les Entrepreunariales.

Nous avons été nominés dans deux catégories : managing innovation, et parcours d’entreprise. Nous avons également été en finale du concours Carrefour des possibles, à la pépinière d’entreprises Seine-Innopolis, de Petit-Quevilly. Nous y avons proposé notre système devant 300 personnes.

En un an et demi, le projet a évolué. Un rendez-vous auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a permis de relever les points positifs et négatifs de leur projet.

Il y avait un problème avec le choix des empreintes digitales. La CNIL évoquait le risque d’un piratage de serveur, qui permettrait de récupérer les empreintes, qui sont uniques, et définitives. C’est alors que nous avons pensé aux empreintes du tour de la main. C’est une méthode qui se développe, et qui permet, par un scanner biologique, d’évaluer la longueur, l’épaisseur et le volume des doigts. C’est aussi un moyen qui est accepté par la CNIL, car ces éléments peuvent changer avec le temps et les données sont périssables.

Un système pour les sites touristiques

Le système Digipay serait adapté pour le monde du tourisme. (©Digipay/V.Hibon/E.Deguilhem)
Le système Digipay serait adapté pour le monde du tourisme. (©Digipay/V.Hibon/E.Deguilhem)

Si l’idée est élaborée, reste encore à définir son domaine d’exploitation. Là aussi, les deux porteurs de projet ont imaginé tout un procédé, pour mettre en valeur leur création.

Ce n’est pas facile pour dés étudiants de démarcher les banques. Nous avons décidé de rétrécir le champ d’action dans le domaine du tourisme, en imaginant des bornes interactives dans des campings ou sur des sites touristiques, qui permettraient, pour toute personne achetant un forfait, de profiter d’activités de loisirs, en validant leur entrée sans avoir recours à la carte bleue, à l’argent liquide ou au portable. Un moyen de passer ses vacances en étant complètement déconnecté.

Les deux inventeurs sont ainsi allés à la Ville de Rouen et à la Métropole Rouen Normandie, pour proposer leur invention sous forme de bornes interactives, au pied des différents monuments touristiques de la ville. Imaginons qu’un visiteur prenne un abonnement touristique, il lui suffirait de scanner sa main sur cette borne, directement sur la borne, sans avoir à passer au guichet.

À la recherche de financeurs

Pour la réalisation de ce projet, les deux étudiants doivent encore trouver des financeurs et des ingénieurs, prêts à investir dans leur système. « Les bornes coûteraient cher. Un module biologique (pour lire l’empreinte) vaut déjà, à lui seul, environ 5 000 euros. »

Plusieurs bornes sont nécessaires pour que ce projet se concrétise à l’échelle d’une ville ou d’une métropole. Il y en aurait pour environ 100 000 euros. Si nous trouvons des personnes prêtes à soutenir notre projet, nous monterons une auto-entreprise pour le développement.

Ce projet ambitieux, créé par de jeunes étudiants, a suscité l’admiration. Ces derniers espèrent désormais franchir les prochaines étapes, pour voir leur moyen de paiement se concrétiser, dans les campings et musées de Normandie… et au-delà.

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