Rouen Enquête. Élise et Julien retrouvés morts, à Rouen, dans un appartement

Les corps de deux jeunes ont été découverts, place de la Pucelle, à Rouen (Seine-Maritime), en début de soirée, dimanche 20 décembre 2015. La piste criminelle est privilégiée.

Mise à jour : 02/01/2016 à 15:23 par La Rédaction

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Une enquête a été ouverte après la découverte des corps sans vie de deux jeunes dans un appartement, derrière cet immeuble à colombages de Rouen (Seine-Maritime), dimanche 20 décembre 2015. (Photo © TC)

Que s’est-il passé, dans cet appartement de la place de la Pucelle, à Rouen (Seine-Maritime) ? Près de 24 heures après la découverte des corps sans vie d’Élise F. et de Julien T., dans un appartement du centre-ville de Rouen, leur décès reste toujours un mystère. Les enquêteurs du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen, qui ont été saisis de l’affaire très rapidement après la macabre découverte, n’excluent aucune piste. Mais les éléments relevés par les policiers semblent orienter l’enquête vers la piste criminelle.
La mise en scène, les traces sur les corps… Tout oriente les hommes du SRPJ sur la piste d’un double homicide. Enquête.

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Sortis avec des amis jusqu’à 3h du matin

Dans la soirée du samedi 19 décembre, Élise et Julien étaient sortis avec des amis, dans plusieurs bars de la rive droite de Rouen. Entre 3h et 4h du matin, les jeunes gens ont laissé les amis avec qui ils passaient la soirée. Pour rentrer dans l’appartement de la jeune femme, au rez-de-chaussée d’un immeuble à colombages du centre-ville. On y accède par une porte, sous un porche. L’appartement donne sur une petite cour intérieure. La fenêtre reste souvent ouverte.
Selon nos informations, les deux jeunes fréquentaient le milieu homosexuel rouennais. « Mais cela ne paraît pas être une clé de l’énigme », tempère le procureur de la République de Rouen, Jean-François Bohnert, écartant la thèse du meurtre sur fond d’homophobie.

Des traces de strangulation et une mise en scène macabre

C’est le lendemain que leurs amis, inquiets de ne pas avoir de nouvelles, ont tenté de les joindre. En vain. Ils ont décidé de se rendre sur place. Devant l’appartement, la porte est fermée. Ils sont inquiets et appellent les secours. Ce sont les sapeurs-pompiers qui feront la macabre découverte.
Les deux jeunes âgés de 24 et 31 ans sont allongés par terre. Ils sont habillés, mais leurs corps sont recouverts d’un drap. Une « mise en scène », selon une source proche du dossier, qui intrigue les enquêteurs. Dans l’appartement, pas une trace de sang. Mais les deux présentent des traces d’hématomes, sur le visage et une partie du corps. Selon nos informations, la jeune femme et le jeune homme présenteraient des traces au niveau du cou, qui pourraient laisser penser qu’ils auraient été étranglés. Pour l’un des deux, ces traces sont plus précises. La police judiciaire est aussitôt chargée des investigations.

Cette découverte pose beaucoup de questions et nous n’avons actuellement que peu de réponses. Les causes du décès n’apparaissent pas clairement, même si des traces de violences ont été constatées sur les deux corps », décrit le procureur de la République.

« Une jolie femme, blonde » et un infirmier

Les deux victimes sont âgées de 24 et 31 ans. Élise F., sans emploi, est originaire de Dieppe. Elle a notamment travaillé pour les services de l’État, après son BTS. Elle est décrite par ses voisins comme « une jolie femme, blonde ». Le jeune homme, Julien T., est infirmier au CHU de Rouen. Il est originaire de Lyons-la-Forêt, dans l’Eure, où son “père”, chez qui il a toujours vécu et grandi, est maire et conseiller départemental. Son père biologique est, lui, de Gisors.

Ce sont deux jeunes sans problèmes, totalement inconnus des services de police », poursuit le procureur.

Des autopsies des deux corps devraient avoir lieu dans la semaine, mercredi au plus tôt. Dans la soirée, de nombreux enquêteurs, notamment de la police technique et scientifique, se sont rendus sur les lieux pour tenter de recueillir de précieux indices. Le quartier a été complètement bouclé. Pour l’heure, aucune piste n’est écartée, même si les enquêteurs tentent de résoudre une énigme, qui s’apparente à un double meurtre. Sans mobile apparent. Rien n’aurait été volé.

Briac Trébert
et Christophe Degand

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