Saint-Aubin-le-Guichard Ils devaient être mangés. Des chiens sauvés, rapatriés en Normandie

Des chiens, destinés à la consommation humaine, ont été rapatriés au refuge de la Mare Auzou, près de Bernay (Eure), jeudi 17 mars 2016, par la Fondation Brigitte Bardot.

Mise à jour : 18/03/2016 à 18:55 par Valentine Godquin

Les chiens sont saisis, entassés dans des cages minuscules, et dans un état déplorable. (Photo : ©Fondation Brigitte Bardot)
Les chiens saisis, entassés dans des cages minuscules, et dans un état déplorable, sont accueillis dans un refuge de Normandie par la Fondation Brigitte Bardot. (Photo © Fondation Brigitte Bardot)

Ils étaient destinés à une fin des plus funestes. Jeudi 17 mars 2016, quatre chiens sauvés d’un trafic d’animaux destinés à la consommation, en Asie, ont été rapatriés par la Fondation Brigitte Bardot, à son refuge de la Mare Auzou, dans la commune de Saint-Aubin-le-Guichard, près de Bernay (Eure). Ils seront suivis, quelques jours plus tard, de huit autres chiens, tous dans l’attente d’être adoptés, pour un nouveau départ dans la vie. Un rapatriement qui se veut symbolique, pour rappeler au grand public la lutte de la fondation contre le trafic illégal d’animaux, destinés à la consommation humaine.

Entassés dans des cages

D’ici la fin mars 2016, 12 chiens venus d’Asie seront les témoins en France du trafic dont ils ont été victimes, en Thaïlande. Depuis de nombreuses années, la Fondation Brigitte Bardot est engagée en Asie pour venir en aide à l’association locale de protection animale, Soi Dogs, pour lutter contre le vol et l’envoi de chiens, dans des conditions déplorables, vers des pays consommateurs de chiens et de chats, tels que la Chine, ou encore le Vietnam.

Ces chiens ont été récupérés il y a environ un an lors d’une saisie effectuée par les agents de l’Unité Thaï Navy Mekong », commente Brigitte Auloy, chargée de mission à l’international pour la Fondation Brigitte Bardot. « Ils étaient plusieurs milliers entassés dans des cages, et ils ont été transférés ensuite dans des grands enclos situés au nord de la Thaïlande. Il faut savoir qu’environ 50% de ces chiens seulement ont survécus. Beaucoup ont été retrouvés mort d’étouffement dans les cages, touchés par des maladies contagieuses graves, ou blessés.
Les chiens sont saisis, entassés dans des cages minuscules, et dans un état déplorable. (Photo : ©Fondation Brigitte Bardot)
La moitié des chiens périssent, malades, ou étouffés dans ces minuscules cages. (Photo © Fondation Brigitte Bardot)

Ces découvertes sont fréquentes, aux frontières de la Thaïlande. Depuis un peu plus d’un an, une loi de protection animale a été votée dans ce pays, permettant de lutter pour le démantèlement de transports clandestins de chiens et de chats. Mais les réseaux sont toujours actifs, et prêts à saisir les chiens errants, ou encore voler d’autres animaux de compagnie pour faire transiter, dans des conditions effroyables, leur marchandise vers des pays consommateurs de chiens et de chats.

Cela fait des années que nous collaborons avec l’association Soi dogs, et nous avons participé à la construction d’une grande clinique vétérinaire spécialisée dans la stérilisation de masse des chiens de rue, qui sont nombreux en Thaïlande, mais aussi d’une autre clinique vétérinaire, pour les soins généraux et spécialisés. C’est une des plus grandes cliniques de ce genre en Asie.

Sensibiliser la population

En amenant ces chiens d’Asie dans le refuge de la Mare Auzou, la fondation veut ainsi informer et sensibiliser la population sur ces trafics organisés en Asie. « On veut mettre la lumière sur notre combat, et rappeler qu’il est possible de participer à notre mobilisation, en signant nos pétitions en ligne, ou encore en participant à notre campagne d’envoi de messages à l’ambassade de ces pays, pour exprimer nos opinions sur les actes commis à l’encontre des chiens et chats. »
La chargée de mission évoque ainsi un voyage qu’elle a réalisé il y a quelques semaines, dans ces pays où les trafics sont encore très actifs.

J’ai observé en Chine les choses les plus dures que j’ai jamais vues. En Corée du Sud, des élevages sont montés uniquement pour la consommation humaine. Vu l’immensité du problème, Il faut continuer de se battre avec tout le monde pour faire passer notre message, et ne pas baisser les bras.
Quatre premiers chiens sont arrivés au refuge de la Mare Auzou, jeudi 17 mars 2016. Huit autres les rejoindront, quelques jours plus tard. (Photo : ©Fondation Brigitte Bardot)
Quatre premiers chiens sont arrivés au refuge de la Mare Auzou, jeudi 17 mars 2016. Huit autres les rejoindront, quelques jours plus tard. (Photo : ©Fondation Brigitte Bardot)

En accueillant dans leur refuge cette douzaine de rescapés, la fondation souhaite ainsi démontrer qu’une autre vie est possible pour ces chiens sauvés de justesse. Tous seront proposés à l’adoption. « Ils font preuve d’une grande résilience et sont très sympathiques. C’est touchant de les voir accorder encore toute leur confiance en l’homme. Ils ne demandent qu’à vivre une nouvelle vie. »

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