Rouen Hervé Morin, président de la Normandie, veut rassembler à droite et... à gauche

Le 20 mars 2016, les adhérents de l'UDI ont dit "non" à une primaire commune avec Les Républicains. Hervé Morin, président du Nouveau centre, veut rassembler, à droite et à gauche.

Mise à jour : 21/03/2016 à 16:49 par Solène Bertrand

 (Photo © CD/Normandie-actu)
Hervé Morin rêve d'une famille politique, qui de Valls à Sarkozy, de Macron à Juppé, pourrait gouverner la France ensemble. (© CD/Normandie-actu)

Dimanche 20 mars 2016, les adhérents de l’UDI ont suivi la consigne du président du parti, Jean-Christophe Lagarde, et ont voté à 66,56% contre une participation à la primaire de la droite.
Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Hervé Morin, président du Nouveau centre (l’une des composantes de l’UDI) et président de la Région Normandie, juge « naturel et normal » que le parti centriste « refuse, pour l’instant, de participer à la primaire » de droite, puisque les deux formations ne se pas accordées sur un programme commun. L’ex-ministre de la Défense appelle différentes familles politiques, à droite comme à gauche, à se rassembler. Explications.

Élaborer un pacte législatif avec les Républicains

Alors que son parti s’est prononcé contre une participation à la primaire de la droite, Hervé Morin, conformément à l’idée de Nicolas Sarkozy, qui souhaiterait parvenir à un accord avec le parti centriste, s’est dit favorable à la création d’un groupe de travail entre Républicains et UDI.

Ce groupe de travail, côté centristes, devra être composé des principaux représentants des composantes de l’UDI (le Nouveau Centre, le Parti radical de Laurent Hénart, l’Alliance centriste de Jean Arthuis) et des présidents des groupes parlementaires (le président du groupe UDI à l’Assemblée, Philippe Vigier, et celui au Sénat, François Zocchetto), a-t-il déclaré au Monde, samedi 18 mars 2016.

L’élu ne veut fermer aucune porte pour l’instant et souhaite qu’une réflexion commune sur un programme soit menée et qu’un pacte législatif soit élaboré. Il va même plus loin, appelant à rassembler les forces politiques, au-delà de tout clivage : gauche et droite pourraient alors travailler de concert.

« Un rassemblement de Valls à Sarkozy, de Macron à Juppé »

La France de 2017, Hervé Morin l’imagine rassemblée. Il s’autorise même à imaginer des rapprochements entre l’actuel Premier ministre PS, Manuel Valls, et l’actuel président des Républicains, Nicolas Sarkozy. Autre possibilité dans le nouveau jeu de sept familles du président de Région : miser sur le cocktail Macron-Juppé. Un seul objectif : faire émerger une force politique centrale pour barrer la route au parti de Marine Le Pen et « mener les réformes indispensables à la modernisation du pays. »

Ce rassemblement, qui irait de Valls à Sarkozy ou de Macron à Juppé, rassemble en fait près de 60% des Français. C’est d’ailleurs le rêve originel des centristes ! L’émergence du FN permet paradoxalement cette recomposition politique que n’ont pas su faire François Mitterrand en 1988, ni Jacques Chirac en 2002, ni Nicolas Sarkozy en 2007.

Hervé Morin plaide pour une recomposition politique, rassemblant les forces de droite et de gauche, pour « transformer le pays » : « Une force se situant entre, d’un côté, la droite poujadiste du repli mortel et de l’autre, une gauche refusant l’évidence de la mondialisation et contestant l’autre modèle. »

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