Le Havre Harcèlement sexiste dans les transports. Rouen et Le Havre se mobilisent

La première campagne de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports a été lancée. En province, Rouen et Le Havre s'associent à l'initiative.

Mise à jour : 10/11/2015 à 12:47 par Solène Bertrand

(Capture écran YouTube).
La campagne contre le harcèlement sexiste a été lancée, lundi 9 novembre 2015. Le Havre et Rouen sont partenaires de l'initiative. (Capture écran YouTube).

Lundi 9 novembre 2015 a été lancée la première campagne nationale de sensibilisation contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun, à Paris et en province. Des affiches et un clip vidéo diffusé sur les réseaux sociaux marquent le refus des comportements inacceptables dont sont victimes les femmes, dans les transports en commun. 7 000 espaces publicitaires seront mis à disposition par les opérateurs à Paris, et en province et par JCDecaux (4 000). En Normandie, les villes de Rouen et Le Havre (Seine-Maritime) sont partenaires de l’opération.

« Face au harcèlement, n’attendons pas pour réagir »

Première campagne nationale destinée à alerter sur des agressions sexistes à répétition, cette initiative veut en finir avec la banalisation des attaques verbales qui tendent à diminuer la femme et à la réduire à l’état d’objet de désir. Le slogan de cette campagne 2015 : « Face au harcèlement, n’attendons pas pour réagir. »
Cette initiative, déployée à Paris et en province (villes partenaires de l’opération : Agglomération de Grenoble, Mulhouse, Métropole de Rouen Normandie, Le Havre, Toulouse, Brest, Lille, Tours, Amiens, Clermont-Ferrand, Besançon, Nantes, agglomération de Saint-Étienne), a deux objectifs : marquer le refus de comportements inacceptables, et donner à chacun – victimes comme témoins ‑ des clés d’actions et de réactions face à ces situations.

Une campagne qui fait partie des 12 propositions issues du Plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun présenté le 9 juillet 2015 et élaboré notamment avec les transporteurs SNCF, RATP et UTP (Union des transports publics et ferroviaires), précise le site MobiliCités, le portail des transports publics et de la mobilité.

Refus de banaliser les attaques régulières et les atteintes à la personne et à leur intégrité physique et morale, cette campagne s’affiche dans les rues et sur le net, où un clip recensant les différentes agressions verbales et crues, qui sont le lot quotidien des voyageuses, est diffusé.

Le spot de la campagne de lutte contre le harcèlement dans les transports :

En complément, le secrétariat d’État aux Droits des femmes propose des outils pédagogiques et interactifs téléchargeables sur le site du Gouvernement permettant aux victimes, aux témoins, aux usagers mais aussi aux agents de sécurité et aux professeurs de mieux faire face au harcèlement sexiste et de mieux connaître la loi.

Des numéros d’urgence

Pour permettre aux femmes victimes de violences de se faire connaître, la SNCF a mis en place un service d’alerte téléphonique (31 17) qui sera également disponible par SMS (31 177) à partir du 7 décembre 2015. Outre ces numéros d’urgence, d’autres mesures seront prises pour garantir la sécurité dans les transports en commun :

Élisabeth Borne, PDG de la RATP, a annoncé que la RATP déployait une campagne d’information spécifique “Face au harcèlement, ouvrons nos voix” afin de rappeler les systèmes d’alertes existants et les moyens mis en œuvre par l’opérateur pour garantir la sécurité de tous : une présence humaine avec 5200 agents en station et dans les gares ; 368 gares et stations équipées de bornes d’appel, 37500 caméras de vidéo-protection, précise le site de MobiliCités.

Autant de dispositifs pour protéger les victimes et dissuader les agresseurs.

Renforcer la sécurité des femmes

D’autres pistes sont à l’étude pour renforcer la sécurité des femmes dans les transports en commun. Le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, a indiqué qu’une circulaire allait être envoyée aux préfets pour les inciter à mettre en place des « marches exploratoires » partout en France. Ces marches d’usagères, visites de terrain, doivent permettre d’identifier les aménagements à faire pour sécuriser les femmes (éclairage, présence humaine, vidéprotection, rames d’un seul tenant etc.). Des arrêts à la demande sur certaines lignes de nuit pourraient également être testés.
Témoin, victime, usager quotidien des transports en commun ou voyageur occasionnel, sont invités à partager leur expérience avec la communauté pour faire reculer le harcèlement sexuel en France : les témoignages peuvent être postés sur Twitter, Vine, Instagram ou Facebook avec le hashtag #harcelementagissons.

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