Bolbec Harcèlement à la caserne, en Seine-Maritime. Trois pompiers obtiennent gain de cause

Alors que la procédure pénale se poursuit, trois sapeurs-pompiers de Bolbec, qui voulaient faire reconnaître des faits de harcèlement, de 2001 à 2006, ont obtenu gain de cause.

Mise à jour : 16/01/2016 à 14:09 par Sandra Beaufils

Soulagement pour Renaud Blanc, Stéphane et Dominique Burel qui ont obtenu gain de cause au tribunal administratif.
Soulagement pour Renaud Blanc, Stéphane et Dominique Burel, sapeurs-pompiers de Seine-Maritime, qui ont obtenu gain de cause au tribunal administratif de Rouen (Seine-Maritime).

Les années passent et les procédures juridiques se poursuivent pour Renaud Blanc, Stéphane et Dominique Burel, sapeurs-pompiers volontaires à Bolbec (Seine-Maritime) qui accusent leur ancien chef de centre de harcèlement moral. Mardi 12 janvier 2016, le tribunal administratif de Rouen leur a donné gain de cause dans l’affaire les opposant au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) en fixant un montant indemnitaire pour le harcèlement moral de deux d’entre eux, la perte de leurs vacations depuis 2007, et le préjudice moral.

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La somme est assez satisfaisante au regard de ce qui se fait habituellement au tribunal administratif lorsqu’il s’agit d’affaires de harcèlement, même si elle n’est pas à la hauteur des souffrances », reconnait Me François Bleykasten, avocat des trois sapeurs-pompiers.

Même s’ils ont encore deux mois pour interjeter appel, tout comme le Sdis, Renaud Blanc, Stéphane et Dominique Burel sont « très satisfaits de la décision ». Une satisfaction qui n’est pas financière, mais plutôt morale et psychologique.

Il s’agit d’une première reconnaissance de ce harcèlement, au moins pour deux d’entre eux, une étape importante pour la réhabilitation de leur honneur », assure leur avocat.

Sur la touche

Les trois hommes se battent depuis plusieurs années pour tenter de faire reconnaître des faits de harcèlement qui auraient été commis par leur ancien chef de centre, de 2011 à 2006. Harcèlement qui aurait conduit au suicide de l’un de leurs collègues en 2001 et à la tentative de suicide de trois autres en 2001 et 2006. La dernière tentative a été celle de trop : en 2006, les trois hommes décidaient de se mettre en disponibilité.
Courant 2007, ils demandaient leur réintégration. Une demande acceptée par courrier du Service départemental d’incendie et de secours. Pourtant, ni le sergent-chef Blanc, ni le lieutenant Burel, ni l’adjudant Burel ne s’étaient vu proposer une affectation. Une mise à l’écart douloureuse pour les trois hommes qui ont choisi de continuer le combat en justice et de faire connaître leur histoire : en 2008, 2012 et 2014 sortaient trois livres.

Poursuite au pénal

Si cette décision du tribunal administratif de Rouen est importante pour les trois hommes, l’affaire n’est pas terminée. En effet, une procédure pénale court toujours. L’ancien chef de centre a été mis en examen pour des faits de harcèlement moral par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Caen (Calvados) et un supplément d’informations a été demandé. L’enquête se poursuit donc sur ces faits.
Reste que pour les trois sapeurs-pompiers, cette première reconnaissance du tribunal administratif est un grand pas :

Il y a encore du chemin à faire tant sur le plan pénal que pour notre statut parce que nous sommes toujours sur la touche mais le harcèlement est ici reconnu. Nous retrouvons notre fierté et notre sérénité » assure Renaud Blanc.

Hors du tribunal, le combat continue pour les trois sapeurs-pompiers volontaires. Ils ont créé une association Harcèlement 18 : depuis quelques années, des délégués régionaux se sont déployés sur toute la France et un numéro d’écoute psychologique a été mis en place.
Parce que le message des trois hommes restent cette main tendue vers ceux de leur profession « pour que plus jamais tout cela n’arrive ». Très attachés à la corporation, ils ont choisi d’aider et de garder la main tendue vers les autres.

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