Mont-Saint-Aignan [Vidéos] Gaz lacrymogène à la ferme des Bouillons, près de Rouen. Tensions avec la police

La marche des "zadistes", dimanche 23 août 2015, de Rouen à Mont Saint-Aignan (Seine-Maritime), s'est achevée par des échauffourées avec la police, devant la ferme des Bouillons.

Mise à jour : 24/08/2015 à 09:57 par La Rédaction

Photo Twitter : @guiofdeep
Photo Twitter : @guiofdeep

La « grande marche festive » organisée, dimanche 23 août 2015, en fin de matinée, par l’association pour la protection de la ferme des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen (Seine-Maritime) – dont les occupants ont été délogés le mercredi 19 août 2015, à l’aube - s’est achevée par des échauffourées avec la police, en début d’après-midi.
Deux manifestants auraient été pris en charge par les sapeurs-pompiers, après avoir été aspergés par du gaz lacrymogène. D’autres dénoncent des coups. Les zadistes (pour zone à défendre) avaient débuté leur marche au clos Saint-Marc, en centre-ville de Rouen, à 10h, pour rejoindre la ferme des Bouillons, à Mont Saint-Aignan. Une marche « pour protester contre la pose d’un grillage autour de la ferme des Bouillons par les nouveaux propriétaires, les frères Mégard ». Les participants voulaient déposer des petits mots sur les clôtures disposées autour du site, mais ils se sont heurtés à une vingtaine de policiers.

Voilà ce que nous sommes en train de vivre, en manifestation pacifique

Posted by Sigrid Daune on dimanche 23 août 2015

Lire aussi : L’évacuation de la ferme des Bouillons, mercredi 19 août 2015.

Les policiers ont barré la route des manifestants

Ils étaient environ 150. Tout s’est bien déroulé au départ, mais, progressivement, en arrivant sur le site de la ferme des Bouillons, le ton est monté. Une vingtaine de policiers étaient présents. Les fonctionnaires ont souhaité réguler la manifestation, et que les participants viennent, par petits groupes et non tous ensemble comme ils le souhaitaient, déposer ces mots, mais les policiers ont été chargés. Ils ont dû faire usage du gaz lacrymogène pour se dégager. Un pneu d’un fourgon de police a été crevé avec un couteau, également », indique-t-on à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de Seine-Maritime.

Les images de France 3 :

Les zadistes dénoncent, eux, « des violences policières », et envisagent de porter plainte. « Nous avions demandé l’autorisation pour poser ces mots sur le grillage. Le chemin menant à la grille est un chemin communal. Il appartient à tout le monde, à la collectivité. Ce n’est pas normal d’avoir barré la route avec des policiers », s’indigne un manifestant. « Quelques femmes ont avancé, les seins nus, avec des slogans. Des policiers ont alors fait usage de la violence et ont aspergé tout le monde avec du gaz lacrymogène », relate de son côté une jeune femme, dans le cortège.
Depuis leur expulsion de la ferme des Bouilons, les zadistes occupent un champ, à proximité. Une cinquantaine de tentes, de yourtes et de caravanes ont été installés. Mais une nouvelle expulsion plane. Vendredi 21 août 2015, les zadistes ont (encore) reçu la visite d’un huissier.

Gwénaëlle Fliti
et Briac Trébert

La réaction du Parti de Gauche 76 : « Une marche citoyenne et pacifique est partie de la place Saint-Marc à 10h pour protester contre le sort fait aux militants qui tentent depuis plus d’un an de sauver un espace agricole contre l’appétit des investisseurs immobiliers de la grande distribution. Malgré la pluie, les occupants et les sympathisants de la ferme des Bouillons étaient entre 150 et 200 à défiler dans les rues de Rouen et Mont-Saint-Aignan. Une ambiance festive grâce à une fanfare jusqu’à l’entrée du chemin communal de la ferme des bouillons vers 13h30. Là, une dizaine de policiers barraient le passage. Nous avons demandé à passer pour poser des messages poétiques, militants et d’indignation sur la clôture de la ferme. Au bout d’une demi-heure, la police a chargé les manifestants avec des matraques et des gaz lacrymogènes. Le porte parole de la ferme des Bouillons a reçu un coup à la tête qui l’a blessé. Le porte parole du Parti de Gauche de Seine-Maritime a également reçu un coup de matraque. Comme à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes, l’Etat répond au désir d’alternative des citoyens par les coups des policiers. Et les responsables politiques des communes, de la Métropole, du Département et de la Région ne mouftent pas, comme s’ils n’étaient concernés en rien ! Cette situation est extrêmement inquiétante pour l’avenir de notre démocratie. »

Plus d’infos à venir sur Normandie-actu.

 

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