Le Havre Football. Incidents lors du match Le Havre-Lens. Un sénateur PS interpelle Bernard Cazeneuve

Après la rencontre de foot, Le Havre-Lens, marquée par des incidents, un sénateur du Pas-de-Calais interpelle le gouvernement sur les conditions d'accueil des supporters de Lens.

Mise à jour : 20/02/2016 à 16:28 par Karine Lebrun

Le député PS du Pas-de-Calais interpelle le ministre de l'Intérieur sur les conditions d'accueil des supporters lensois lors de leur venue au Stade Océane, au Havre, le 30 janvier (photo wikimédia commons).
Le sénateur PS du Pas-de-Calais interpelle le ministre de l'Intérieur sur les conditions d'accueil des supporters de Lens lors de leur venue au Stade Océane, au Havre (Seine-Maritime), le 30 janvier 2016. (Photo : Wikimédia Commons).

Samedi 30 janvier 2016, lors du match de Ligue 2 de football entre Le Havre (Seine-Maritime) et Lens, des incidents avaient émaillé la rencontre. Le flash-ball avait été utilisé par les forces de l’ordre à l’extérieur du stade Océane. Et, pendant le match, plusieurs dizaines de sièges avaient été cassés et jetés sur la pelouse, en plein match, par des supporters lensois.
Au lendemain de ces dégradations, le président des Tigers, un groupe de supporters de Lens, exprimait son indignation dans les colonnes du journal L’Équipe, critiquant « l’acharnement des forces de l’ordre sur certains groupes de supporters ». Un peu plus de 15 jours après les faits, c’est le sénateur PS du Pas-de-Calais, Daniel Percheron (ancien président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais) qui interpelle le ministre de l’Intérieur, sur les conditions d’accueil des supporters de Lens, au Havre.

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« L’action des forces de l’ordre était-elle mesurée ? »

Dans une question au gouvernement publiée au Journal officiel en date du jeudi 18 février 2016, l’élu écrit en préambule :

Le football n’est pas la guerre et n’est pas l’état d’urgence », et demande au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, « si quelques dizaines de supporters lensois doivent être traités comme des hordes menaçant la paisible Normandie. Certes, le peuple « sang et or » est fervent et parfois bruyant, mais, s’il s’agit de l’encadrer lors d’un déplacement sympathique, il importe de garder la mesure. »

Et de demander au ministre « s’il considère que l’action des forces de l’ordre lors de cette rencontre était mesurée ».

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« Classe laborieuse, classe dangereuse » ?

Tonfas, flash-ball avaient été utilisés par les forces de l’ordre, samedi 30 janvier, pour contenir les débordements. Et trois Lensois avaient été interpellés avant d’être relâchés. Le Hac, en raison des sièges cassés, avait porté plainte. La Ligue de football professionnel (LFP), elle, a fait le choix de sanctionner les supporters. Jeudi 4 février 2016, sa commission de discipline a prononcé l’interdiction des déplacements des supporters du RC Lens à l’extérieur, jusqu’à nouvel ordre. Trop, c’est trop pour le sénateur du PS.

À l’heure où les paysans de France retrouvant l’allant et le ton millénaire de leur « jacquerie », infligent, en quelques jours, quatre millions d’euros de désagréments sur les routes de l’Ouest, les amateurs de ballon rond bénéficient de la vigilance des pouvoirs publics. L’arrondissement de Lens était celui qui produisait, en 2010, le moins de richesses en économie marchande de notre pays (1 000 euros l’an par habitant), il subit aujourd’hui, patiemment, un chômage de masse, pratiquement deux fois supérieur à la moyenne nationale. Il serait fort dommageable que la formule « classe laborieuse, classe dangereuse » retrouve un vernis d’actualité lors d’une simple et paisible rencontre de football », critique Daniel Percheron.

Le sénateur attend désormais une réponse du gouvernement.

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