Le Havre Football. Au Havre, les dettes de Maillol. Louvel veut « une preuve qu'il n'est pas un gangster »

Jean-Pierre Louvel, l'ancien président du Hac, s'agace que Christophe Maillol, l'ex-candidat à la reprise, n'ait pas réglé ses dettes. Il invite ses créanciers à porter plainte.

Mise à jour : 14/01/2016 à 09:18 par

Jean-Pierre Louvel, l'ancien président du Hac, invite les créanciers de Christophe Maillol, à porter plainte (©K.L.)
Jean-Pierre Louvel, l'ancien président du Hac (au centre), invite les créanciers de Christophe Maillol (à droite), à porter plainte (©K.L.)

Le 31 janvier 2015, Jean-Pierre Louvel, l’ancien président du Havre Athletic club (Hac), le club de football du Havre (Seine-Maritime), donnait le clap de fin de la grande saga Maillol. L’ancien joueur de rugby, candidat à la reprise du club, n’avait toujours pas, en dépit de nombreux reports, viré l’argent nécessaire au rachat. Le (mauvais) feuilleton aura duré cinq mois. Un an après le départ de Christophe Maillol, qui, en plus, a laissé plusieurs dettes au Havre, Jean-Pierre Louvel incite les créanciers trompés, à porter plainte contre lui.
> C’est Vincent Volpe qui a été nommé à la tête du Hac. L’ancien directeur général du groupe Dresser Rand s’attelle à trouver une stabilité économique pour le club doyen du Havre. Il a récemment répondu aux questions de Normandie-actu.

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Une question de morale

Athletic Store, Novotel, BMW. Pour l’ancien président du Hac, « ces trois dossiers ne sont toujours pas réglés ». Christophe Maillol aurait en effet laissé plusieurs notes salées dans plusieurs établissements du Havre.

Christophe Maillol aurait séjourné pendant près de trois mois au Novotel sans jamais débourser un centime. La facture s’élève à plusieurs milliers d’euros. Et la direction, le groupe Accord, lui court après, étrangement, sans jamais avoir porté plainte », affirme mardi 12 janvier 2016, France Bleu Normandie.

Une ardoise, moins importante, 2 000 euros vraisemblablement, a également été laissé à l’Athletic Store, la boutique officielle du Hac. Le nouvel investisseur supposé du club doyen aurait également loué un 4×4 BMW à la concession du Havre, « sans honorer les termes du contrat ». Le gérant avait démenti cette information sur Normandie-actu, en février 2015. Jean-Pierre Louvel persiste à dire que le litige demeure. Et pour l’ancien président du Hac, « c’est une question de morale, Christophe Maillol doit régulariser cette situation.»

Homme d’affaires sulfureux, Christophe Maillol n’était jamais devenu président du Havre Athletic Club, doyen du football français, après déjà trois tentatives de rachat manquées de clubs professionnels (Nantes, Grenoble et Nîmes)… Le passage en Seine-Maritime de l’ancien rugbyman - passé par les clubs de Valence, Lyon et Mâcon, avant de prendre sa retraite à 26 ans - avait fait du bruit. Le projet de rachat du Havre, qui n’a jamais vu le jour après un long feuilleton, était censé permettre à Christophe Maillol de devenir actionnaire à 92 % en échange de 6 millions, puis 17 millions d’euros d’investissement. Il s’était associé à un ancien professionnel, Jean-Christophe Thouvenel (deux saisons au HAC à partir de 1991), qui devait devenir manager général, et à Éric Besson, ministre de l’immigration (2009-2010) puis de l’industrie (2010-2012) sous les gouvernements Fillon. Besson avait déjà fait part de son intérêt pour occuper un poste dans un club de Ligue 1, notamment l’OGC Nice. Tout cela n’était que du vent.

> Lire aussi : La BMW, le Novotel : au Havre, Christophe Maillol encaisse…

Maillol serait parti au Brésil

L’ancien rugbyman serait aujourd’hui au Brésil et ne donnerait plus de signe de vie. Jean-Pierre Louvel s’exaspère :

Je lui ai écrit, je l’ai appelé pour lui dire qu’il fallait qu’il honore ses dettes s’il voulait retrouver une certaine dignité. Il m’ a dit qu’il le ferait. Mais, encore une fois, ses promesses n’ont jamais été tenues. »

Jean-Pierre Louvel, qui avait en son temps accueilli l’homme d’affaires à bras ouverts,  incite dès lors les créanciers à porter plainte contre lui.

C’est un droit dont ils n’ont pas à se priver. Je m’étonne de lire et d’entendre s’exprimer Maillol, qui dit ou non des vérités, sans que personne n’ait jamais osé porter plainte contre lui.  Il est temps qu’il comprenne que s’il veut revenir un jour en France, il doit s’acquitter de ses dettes, pour gagner un peu en hauteur. J’ai pris mes responsabilités dans cette affaire. À lui de prendre les siennes. Qu’il ne fasse pas la preuve qu’il n’est qu’un gangster », lâche l’ancien président.

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