Faut-il interdire la fessée pour les enfants ? L'ONU épingle la France

Le comité des droits de l'enfant de l'ONU a publié un rapport de 20 pages, le 4 février 2016, qui épingle la France sur plusieurs sujets, dont celui des punitions corporelles.

Mise à jour : 06/02/2016 à 17:17 par La Rédaction

Le comité sur les droits de l'enfant de l'ONU demande une nouvelle fois à la France d'interdire les punitions corporelles (Photo d'illustration)
Le comité sur les droits de l'enfant de l'ONU demande une nouvelle fois à la France d'interdire les punitions corporelles (Photo d'illustration)

Le comité sur les droits de l’enfant de l’ONU a publié, jeudi 4 février 2016, quelques 20 pages de recommandations destinées au gouvernement, quant aux droits de l’enfant, qu’il s’agisse de mineurs isolés, d’enfants handicapés, mais aussi du sujet épineux des enfants de migrants ou encore des châtiments corporels. « Un inventaire à la Prévert peu flatteur », comme Le Monde, qui souligne que la France est une nouvelle fois épinglée, pour « plusieurs sujets déjà pointés du doigt en 2009 ».

« Pas de fatalité, une question de volonté politique »

Nathalie Serruques, de l’Unicef France, s’est exprimée dans un communiqué, dans lequel elle ne mâche pas ses mots.

C’est la préoccupation majeure, à Calais et à Grande-Synthe en particulier. Il n’y a pas d’accès aux droits fondamentaux, pas de mise à l’abri, pas d’accès à l’éducation ni à la santé. Jusqu’à quand ? Les condamnations pleuvent, on est montrés du doigt, ça suffit. Il n’y a pas de fatalité, c’est une question de volonté politique ».

Les punitions corporelles encore montrées du doigt

L’ONU évoque également le sujet des châtiments corporels, recommandant qu’ils soient formellement interdits, ce à quoi la secrétaire d’État chargée de l’enfance, Laurence Rossignol a répondu  « qu’elle n’entendait pas légiférer sur le sujet ».
Au rang des châtiments corporels, la fessée, qui fait débat en France : entre ceux qui pensent « qu’une fessée de temps en temps ne fait pas de mal », et ceux qui prônent son interdiction totale. Interrogée par BFM, Edwige Antier, pédiatre, estime pour sa part qu’elle doit être abolie.

Grâce à la loi, chacun se pose vraiment la question et apprend à faire autrement, explique-t-elle sur RMC. La fessée, ça a l’air d’être un mot gentil alors que ça attaque par derrière les personnes les plus vulnérables. Il n’y a que la France qui résiste et qui ne veut pas passer à l’abolition des châtiments corporels, c’est la honte en Europe ».

Regardez, Ivan Jablonka, historien et professeur à l’univertité Paris XIII (Vidéo Le Monde, 2015)

En Europe, la plupart des pays ont légiféré sur l’interdiction de la fessée

Handicap.fr rapporte d’ailleurs que le comité des enfants de l’ONU demande à la France « d’interdire expressément les châtiments corporels dans tous les milieux, y compris au sein de la famille, dans les écoles, les garderies et dans les soins alternatifs », soulignant qu’ils sont une forme de violence.
« Cette nouvelle sommation de l’ONU pour faire adopter une loi interdisant les punitions corporelles dans les familles risque de mettre mal à l’aise le gouvernement, qui ne comptait pas revenir sur ce sujet sensible, qui continue malheureusement à susciter en France des levées de bouclier, alors que la plupart des pays d’Europe ont pu légiférer sans problème », observe pour sa part La Croix.

  • Et vous ? Pensez-vous qu’il faut interdire la fessée  ?

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