Dieppe Éboulement des falaises de Pourville, près de Dieppe. Les conclusions des géologues

Le Bureau de recherches géologiques et minières a livré les résultats de l'étude menée sur la falaise entre Dieppe et Hautot-sur-Mer. Le rapport est moins alarmiste que prévu.

Mise à jour : 10/10/2015 à 19:29 par Solène Bertrand

Les Infos dieppoises.
Impressionnant éboulement de falaise, en décembre 2012, sur la route de Pourville. Le BRGM a rendu son rapport sur la géologie du site. ©Les Infos dieppoises.

Dans la nuit du 21 au 22 décembre 2012, une maison située route de Pourville, à Pourville-sur-Mer, près de Dieppe (Seine-Maritime), était emportée par un impressionnant éboulement de falaise. Aucune victime n’était à déplorer : la maison avait été évacuée en 2011. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) de Haute-Normandie a mené une étude sur cette zone particulièrement sensible, afin de mieux appréhender la géologie particulière du site. La fermeture de la D75 (route touristique qui mène de Pourville à Dieppe) aux véhicules, cyclistes et piétons était envisagée : le rapport rendu en septembre 2015 démontre qu’une déviation modeste devrait permettre de réduire les risques et de sécuriser les lieux.

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Explosion de la falaise

L’éboulement de falaise de décembre 2012 avait alerté les autorités. Sur la zone concernée, se trouvent une route départementale, deux lycées et un stade ; d’où la nécessité d’étudier le terrain, afin de connaître les risques potentiels pour les populations.

En décembre 2012, la falaise, qui constituait une butée pour toutes les formations, a littéralement explosé. Un glissement de terrain a suivi, mais l’ensemble bouge très peu. L’étude que nous avons menée nous a permis d’étudier une géologie particulière qu’on ne connaissait pas bien. Il nous fallait comprendre quels étaient les symptômes de la maladie, explique Didier Pennequin, directeur régional du BRGM.

Des carottages et forages ont été effectués. L’objectif étant d’essayer de prévoir le recul des falaises et d’anticiper les dangers potentiels :

Aujourd’hui, il est difficile d’anticiper sur le plan climatique et on peut pas prévoir quand une falaise va casser. Cela dépend des pluies, mais aussi de la mer et de l’effet de la houle. Si l’hiver est relativement sec, il ne se passera rien. Si l’hiver est pluvieux, cela aura une incidence sur la falaise. Si on ne peut pas anticiper les effondrements de falaise, on peut néanmoins comprendre le mécanisme et délimiter des zones de péril.

Une maison engloutie par la falaise. Le reportage de France 3 Haute-Normandie :

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Une vingtaine de poches d’altération

L’étude a permis de mettre en évidence, sur la zone étudiée, l’existence d’une petite vingtaine de poches d’altération :

Les falaises sont grignotées par l’eau de pluie et la mer. Lorsqu’il y a trop d’eau, les falaises ne peuvent pas résister. C’est ce qui s’est produit en décembre 2012 : le niveau des nappes montait et la falaise n’a pas tenu. Certaines des poches d’altération identifiées peuvent se rejoindre. Ce sont donc des zones sensibles et une attention particulière doit être portée.

Le rapport a permis de positionner les lignes au-delà desquelles on ne peut plus assurer une sécurité.

Mise en place d’une déviation

En décembre 2013, la sous-préfecture de Dieppe interdisait aux camions de plus de 3,5 tonnes et aux bus scolaires l’accès à la portion de route littorale, en raison d’un risque d’éboulement. La sous-préfète Martine Laquièze estimait alors que la route pourrait être, à terme, totalement fermée à la circulation automobile, mais aussi aux cyclistes et aux piétons. L’étude du BRGM est plus rassurante que les premières conclusions :

Par rapport à ce qu’on avait initialement projeté, les résultats sont plutôt rassurants. Une petite partie de la route est impactée. Il sera sans doute facile de créer une déviation modeste pour préserver la route. Seules deux maisons complémentaires seront impactées à l’échelle 3-10 ans. On craignait que 10 à 20 maisons soient concernées. Quant aux deux lycées, ils ont plusieurs dizaines d’années devant eux. Les établissements sont construits sur de la roche dure non érodée et aucune poche d’altération n’a été identifiée. Le stade, quant à lui, est construit sur une série de poches jusqu’au milieu et pourrait disparaître dans 50 à 100 ans. Il n’y a pas de danger immédiat, précise le directeur régional du BRGM.

Le rapport sera mis en ligne, dans son intégralité, en novembre 2015, sur le site du BRGM.

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