Vigilance renforcée dans les usines. En Seine-Maritime, les sites Seveso inspectés

Parmi les 74 sites industriels Seveso de Haute-Normandie placés en vigilance rapprochée, 38 sont implantés en Seine-Maritime. Elles devront suivre plusieurs directives.

Mise à jour : 17/07/2015 à 19:42 par La Rédaction

Près de Rouen et du Havre, de nombreux sites industriels sont classés Seveso. (Photo d'illustration : Haropa/port du Havre)
Près de Rouen et du Havre, de nombreux sites industriels sont classés Seveso. (Photo d'illustration : Haropa/port du Havre)

Trente-huit sites de seuil haut enregistrés en Seine-Maritime, contre quatre dans l’Eure. Le calcul est sans équivoque. La Seine-Maritime est le département de Haute-Normandie qui abrite le plus grand nombre d’établissements classés Seveso. Ces établissements, exerçant une activité industrielle dangereuse, auraient été contactés dès mardi 14 juillet 2015 par le préfet. Ce dernier était chargé de leur transmettre les directives à suivre, émises par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à la suite des explosions survenues à l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône).
Si ces directives restent secrètes par mesure de sécurité, le reportage de France 3, diffusé le jeudi 16 juillet 2015, dévoile quelques-unes des actions d’ores et déjà mises en oeuvre par les responsables des sites Seveso : vérification des accès et des systèmes de vidéo-surveillance, mobilisation des sapeurs-pompiers, des gendarmes et des policiers, renforcement du gardiennage…
Enfin, les 1 171 sites classés Seveso en France doivent être inspectés avant la fin de l’année 2015, a annoncé vendredi 17 juillet la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal.

Vidéo. Le reportage de nos confrères de France 3 Haute-Normandie :

Une note urgente envoyée par le ministre de l’Intérieur

Après les explosions survenues mardi 14 juillet 2015, dans un complexe pétrochimique de l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône), le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a envoyé mercredi une note urgente aux préfets de zone de sécurité et de défense, de Région et de Département. Le ministre a ainsi demandé à ses interlocuteurs de prendre contact avec les responsables des sites industriels sensibles, en particulier ceux classés Seveso, afin d’effectuer une inspection de ces installations, de vérifier leur enceinte et le bon fonctionnement de leur système de vidéoprotection.
Le ministre de l’Intérieur appelle ainsi à « exercer une vigilance particulière ces prochains jours et nuits », qui précise que « les destinataires de la note doivent aussi recenser les éventuels autres points sensibles, susceptibles d’être visés par des actes de malveillance ».

Vigilance renforcée sur les sites industriels sensibles

Car selon les premiers éléments de l’enquête, ces explosions seraient de nature criminelle. Selon La Provence, des trous auraient été découverts dans un grillage proche de l’une des cuves. Et un système de mis à feu aurait été saisi par les enquêteurs. Pour l’heure, la thèse d’un « acte malveillant » est donc privilégiée.
En avril 2013, plus de 70 sites classés Seveso (seuils haut et bas) étaient recensés en Haute-Normandie. Quatorze sites sont également classés en Basse-Normandie. De nombreuses usines pétrochimiques sont implantées dans l’agglomération de Rouen et du Havre, où les installations industrielles classées sont nombreuses.

La Seine-Maritime anticipe la note du ministre

Si la préfecture de Seine-Maritime a confirmé dans la matinée du 15 juillet 2015, à Normandie-actu, avoir reçu la note urgente du ministre de l’Intérieur, difficile d’avoir des informations supplémentaires. Notamment en ce qui concerne les moyens qui pourraient prochainement être mis en oeuvre. Si la préfecture de Haute-Normandie reste discrète sur la façon dont cette vigilance va être mise en place, les services de l’État assurent avoir déjà anticipé certains des points abordés par la note du ministre de l’Intérieur. En France, 1 171 sites industriels sont classés Seveso.

Vidéo. L’incendie sur le site pétrochimique de Berre-l’Étang (Le Monde) :

Le vendredi 26 juin 2015, un site Seveso avait été victime d’un attentat, dans l’Isère. Le suspect aurait décapité son patron avant de tenter de faire exploser l’usine Air Products, à Saint-Quentin-Fallavier.

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