Caen « Swatting » à Caen. Quand la police, les pompiers et la morgue débarquent... pour rien

Début septembre 2015, à Caen (Calvados), des habitants auraient été victimes de « swatting ». Police, pompiers et morgue ont débarqué chez eux. Une enquête est ouverte.

Mise à jour : 30/11/2015 à 08:24 par La Rédaction

(©Flickr/Actu Secours)
Début septembre 2015, les forces de l'ordre ont débarqué chez un couple à la suite d'un canular téléphonique. (Photo d'illustration ©Flickr/ActuSecours)

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 2015, la police de Caen (Calvados) aurait reçu plusieurs appels inquiétants : un homme menacerait de mort son fils, dans une habitation de l’agglomération. De nombreux moyens sont alors déployés, mobilisant plusieurs dizaines d’agents des forces de l’ordre et des sapeurs-pompiers. Sur place, dans le domicile concerné, aucune victime. Les résidents – un couple – auraient été les cibles d’une très mauvaise blague. Ils auraient également été menacés, au téléphone, tout au long de la nuit.

Menaces de mort au téléphone

Le couple, victime du canular, témoigne auprès de Liberté : lui, Jean-Michel*, aurait reçu plusieurs appels sur son téléphone professionnel, dans la soirée. « Je vais te pourrir la vie », lui aurait-on annoncé. Quelques temps après, en plus des policiers, du Samu, et des sapeurs-pompiers, c’est la morgue qui aurait sonné à sa porte. Elle aurait été contactée pour venir chercher un corps. Elle, Christine, rapporte que le mystérieux inconnu aurait également menacé de mort leur fils :

Ils ont dit qu’ils étaient de la police municipale de notre commune, qui n’en a pas… Ensuite, ils m’ont traitée de tous les noms, avant de menacer de tuer notre fils »

* Les prénoms des victimes ont été modifiés.

Le harcèlement continue

Mais le ou les « blagueurs » s’acharnent. Dans la nuit du 6 au 7 septembre 2015, une des voisines du couple est également contactée. En pleine nuit, paniquée, elle se rend chez le même couple : « Quelqu’un l’avait appelée en lui disant que j’étais en train de faire une crise cardiaque, et qu’elle devait faire son devoir de citoyen en me sauvant », témoigne Jean-Michel auprès de Liberté.
Le 8 septembre, un autre voisin aurait aussi été victime d’un appel similaire. En plus des appels à répétition, Christine aurait reçu de nombreux SMS, vulgaires et insultants. Une situation qui l’aurait contrainte à se voir délivrer un arrêt maladie.

Une enquête ouverte

À la suite de ces (très) mauvaises blagues, une enquête a été ouverte pour retrouver le ou les auteurs des appels. Les conséquences de canulars téléphoniques sont passibles de deux ans de prison, et 30 000 euros d’amende.

> Lire aussi : « Explosion » au CHU de Caen. La très mauvaise blague d’un site internet

Le « swatting » : la mode du canular

Si le canular téléphonique n’est pas nouveau, l’appel à des forces de l’ordre, faisant croire à un danger imminent l’est plus, et il s’appelle le « swatting ». Le terme, né aux États-Unis en 2008, est utilisé pour les actes qui consistent à « convaincre l’unité de police paramilitaire Swat, (le GIGN américain) de débarquer chez quelqu’un au motif que cette personne serait en danger ou représenterait un danger pour les autres », explique Libération. Il a été utilisé pour la première fois chez les amateurs de jeux vidéos en ligne, qui ont pour habitude de se filmer en direct. Le but étant ainsi de regarder les interventions « musclées » des forces de l’ordre, en direct, par les joueurs adverses. 
Mais le phénomène s’est propagé, en dehors de l’univers des gamers.

Vidéo. Le swatting chez les joueurs de vidéo en ligne  :

De nombreuses victimes

En mars 2015, plusieurs célébrités en ont fait les frais, comme la chroniqueuse Enora Malagré, le rappeur Lil Wayne ou encore le chanteur Justin Bieber.
En 2014, un auteur de canular téléphonique Franco-Israélien, Ulcan, alias Grégory Chelli, 32 ans, avait fait parler de lui. Ce dernier avait pris pour cible l’un des journalistes de Rue89, Benoît Le Corre. Il avait notamment inventé la mort du journaliste. Son père, visité par la police à la suite de cette annonce, était décédé d’une crise cardiaque quelques jours plus tard.

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