En Seine-Maritime, 76 fermetures de classes ? La colère des parents d'élèves

Vendredi 11 mars 2016, la carte scolaire de Seine-Maritime sera figée. 76 fermetures de classes seraient envisagées. Les parents d'élèves haussent le ton et occupent des écoles.

Mise à jour : 10/03/2016 à 17:30 par Karine Lebrun

À La Cerlangue, près du Havre, les parents d'élèves occupent l'école 24 heures sur 24.
À La Cerlangue, près du Havre, les parents d'élèves occupent l'école 24 heures sur 24.

L’échéance approche. Vendredi 11 mars 2016, le CDEN (Comité départemental de l’Éducation nationale) de Seine-Maritime, réuni à la préfecture de Rouen, va décider de manière définitive des contours de la carte scolaire 2016. Le syndicat Snuipp-FSU 76 annonce, jeudi 10 mars 2016, que le nombre de fermetures seraient de 76 pour 67 ouvertures, dans le département.
Dans les villes et villages, déjà informés de la forte probabilité d’une ou plusieurs fermetures de classes, les mobilisations se multiplient et les parents haussent le ton. Certains, comme à la Cerlangue, près du Havre, ont même fait le choix d’occuper l’école, nuit et jour. Tour d’horizon.

Occupation 24h sur 24 à la Cerlangue

Depuis le lundi 7 mars 2016, à 9h, les parents d’élèves occupent l’école des Pépinières qui réunit maternelle et primaire. Une école frappée par la menace d’une fermeture de classe.

Nous occupons l’école 24h sur 24 pour montrer notre détermination à sauver la classe et pour soutenir l’équipe enseignante », expliquent à Normandie-actu, les parents d’élèves.

Comme beaucoup, ils craignent une réorganisation des classes, peu propice aux apprentissages, avec l’émergence de classes à triples niveaux en primaire.

Les parents, en plus, ne comprennent pas la décision de fermeture, étant donné les bonnes prévisions d’effectifs pour la rentrée prochaine. Nous dénonçons une vision de l’école au rabais, qui risque à court et moyen terme d’entraîner la « mort » des villages faute d’une offre scolaire de qualité ! »

En dépit de trois jours d’occupation, l’envoi de nombreux mails et des coups de téléphone pour défendre leur dossier auprès de l’inspecteur de la circonscription, les parents restent toujours sans réponse. Ils poursuivent donc le mouvement avec la même opiniâtreté.

« Du jamais vu » à Gonfreville-l’Orcher

Quatre fermetures de classes à la rentrée 2016, c’est l’annonce qui a été faite à la municipalité de Gonfreville-l’Orcher, toujours près du Havre.

Du jamais vu. C’est inacceptable pour une ville dont la population augmente », dénoncent les parents d’élèves.
Les parents d'élèves à Gonfreville-l'Orcher, ont manifesté jeudi 10 mars 2016 et invitent à une opération Ecoles mortes, vendredi 11 mars 2016 (©Ville de Gonfreville-l'Orcher).
Les parents d'élèves, à Gonfreville-l'Orcher, ont manifesté, jeudi 10 mars 2016 et invitent à une opération « écoles mortes », vendredi 11 mars 2016. (© Ville de Gonfreville-l'Orcher)

Trois classes de maternelle (Jean-Jaurès, Turgauville, Arthur-Fleury) et une classe de primaire (Gournay-en-Caux) sont concernées par cette décision. Les parents d’élèves se sont immédiatement mobilisés en publiant un tract de dénonciation des faits.

L’Éducation nationale considère qu’il y a trop d’écoles dans notre ville. Non aux classes surchargées et à la perte de qualité d’enseignement, oui au maintien de la scolarité des enfants dès deux ans, oui au maintien de toutes nos écoles », lit-on sur ce document.

Jean-Michel Saglio, inspecteur de l’Éducation nationale pour la circonscription Havre sud, est venu présenter les « hypothèses de travail » à Jean-Paul Lecoq, le maire de la commune, lundi 7 mars 2016. Les parents d’élèves ont exprimé leurs craintes :

La discussion, parfois tendue, n’ayant pas rassuré les parents d’élèves, ils ont décidé de maintenir leur mouvement en fin de semaine », rapporte la municipalité.

Jeudi 10 mars 2016, toutes les écoles de la ville, maternelles et primaires, sont occupées par les parents d’élèves. Vendredi 11 mars, jour de la tenue du Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), les parents d’élèves et la municipalité programment une journée « écoles mortes » et invitent les parents à ne pas déposer les enfants dans les établissements scolaires.

Il n’y aura ni ramassage scolaire, ni cantine, ni accueil. Seule la sortie des CE2 de l’école Arthur-Fleury est maintenue », prévient la municipalité.

Manifestations dans les rues et sur la toile

« Les enfants ne sont pas des sardines ! » Les parents d’élèves de l’école de Saint-Georges-sur-Fontaine, à Rouen, ont scandé ce slogan, ce jeudi 10 mars, jour de la tenue du comité technique spécial départemental où les syndicats d’enseignants présentaient leurs arbitrages à l’inspection d’académie.

Dans d’autres communes, la mobilisation prend forme sur internet et les réseaux sociaux comme Facebook avec le lancement de pétitions et de pages de soutien. Un mode opération qu’ont notamment choisi les parents d’élèves de l’école Marcel-Pagnol à La Frenaye, près de Lillebonne, menacée aussi d’une fermeture de classe. Et ceux de l’école primaire Joseph-Hémery de Saint-Martin-du-Vivier.
La semaine passée, déjà, des mobilisations s’étaient organisées dans le département. Notamment à Saint-Denis-le-Thiboult.

> Lire ici : Carte scolaire. Des écoles menacées en Normandie, les parents toujours inquiets

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