En Normandie, les riverains des centrales nucléaires sont-ils bien protégés ?

Une nouvelle campagne d'information destinée aux riverains des centrales nucléaires, lancée par l'Autorité de sûreté nucléaire, a débuté, lundi 11 janvier 2016.

Mise à jour : 13/01/2016 à 07:47 par Karine Lebrun

Les riverains situés à moins de 10 kilomètres des centrales nucléaires sont concernés par la campagne d'information (©Les Informations dieppoises).
Les riverains situés à moins de 10 kilomètres des centrales nucléaires sont concernés par la campagne d'information.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a lancé, lundi 11 janvier 2016, une nouvelle campagne d’information et de distribution préventive de comprimés d’iode autour des centrales nucléaires françaises. 500 000 foyers et établissements recevant du public sont concernés par cette campagne. Des réunions publiques sont programmées. La Normandie compte trois sites nucléaires, Paluel et Penly en Seine-Maritime et Flamanville dans la Manche. Des réunions publiques sont programmées à Saint-Lô (Manche), et Dieppe (Seine-Maritime), jeudi 14 janvier 2016, « pour sensibiliser les riverains au risque nucléaire ».

> Lire aussi : En Normandie, tournée d’iode pour les voisins de centrales nucléaires. Mode d’emploi.

Les six réflexes à avoir en cas de risque nucléaire

La campagne d’information est renouvelée alors que les comprimés d’iode distribués à la population en 2009, vont bientôt être périmés. Sont concernées par cette campagne les 5 000 communes situées à moins de 10 kilomètres d’une centrale nucléaire. Au-delà de la distribution d’iode, cette campagne appelée « Alerte nucléaire, je sais quoi faire ! » a pour objectif de « sensibiliser les riverains au risque nucléaire et aux moyens de s’en protéger ».

La population est au cœur de cette démarche, car, en dernier ressort, en cas de crise, c’est elle qui devra agir pour se protéger », explique l’Autorité de sûreté nucléaire. « Les six réflexes pour bien se protéger en cas d’accident nucléaire seront rappelés systématiquement à cette occasion. »

En quoi consistent-t-ils ?

  • Se mettre à l’abri rapidement dans un bâtiment en dur
  • Se tenir informé à l’aide des médias
  • Ne pas aller chercher ses enfants à l’école
  • Limiter ses communications téléphoniques – ingérer le(s) comprimé(s) d’iode sur instruction du préfet selon la posologie prescrite
  • Se préparer à une éventuelle évacuation.

Voir la vidéo de l’Autorité de sûreté nucléaire :

Un dispositif de protection des riverains jugé trop faible

Plusieurs associations jugent cependant ces préconisations insuffisantes. Au lancement de la campagne, Greenpeace et l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO) implantée dans le Calvados, à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, ont signé un communiqué commun pour alerter sur la faiblesse du dispositif de protection des riverains des centrales nucléaires.  Pour ces deux entités, la distribution de pastilles d’iode doit impérativement s’étendre dans les communes situées dans un rayon de 100 kilomètres autour des centrales nucléaires.

Il existe un consensus international pour reconnaître que l’iode radioactif libéré lors d’un accident nucléaire peut être à l’origine d’une augmentation des cancers de la thyroïde chez les jeunes comme cela a été observé après la catastrophe de Tchernobyl, jusqu’à 500 kilomètres de la centrale accidentée », insistent Greenpeace et l’ACRO. La France s’illustre par un paradoxe choquant : étant donné le nombre record de réacteurs nucléaires sur son territoire, sa population est l’une des plus exposées dans le monde au risque d’un accident nucléaire. Mais dans le même temps, elle est particulièrement mal protégée par le plan de distribution d’iode en vigueur. Cette situation n’est pas acceptable », s’indignent les militants. »
  • Informations pratiques :
    Pour obtenir toutes les informations sur la campagne de l’ASN, un numéro Vert est mis à disposition : 0 800 96 00 20 ainsi qu’un site internet.

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