Rouen En Normandie, les cinq Départements et la Région s'unissent pour créer le G6 normand

Faisant suite au G5, créé en 2015 par les présidents de Département de Normandie, le G6 a été officiellement lancé vendredi 22 janvier 2016, à Rouen (Seine-Maritime). Présentation.

Mise à jour : 22/01/2016 à 19:07 par Fabien Massin

Les présidents de Département et le président de Région à Rouen, vendredi 22 janvier 2016, lors du lancement du G6 normand. (photo : Alan Aubry/Département de Seine-Maritime)
Les présidents de Département et le président de Région, à Rouen (Seine-Maritime), vendredi 22 janvier 2016, lors du lancement du G6 normand. (Photo : Alan Aubry/Département de Seine-Maritime)

Le monde a le G20, la Normandie a désormais son G6. Vendredi 22 janvier 2016, à l’Hôtel du Département de Seine-Maritime, à Rouen, les cinq présidents de Département normands, Pascal Martin (Seine-Maritime), Sébastien Lecornu (Eure), Jean-Léonce Dupont (Calvados), Alain Lambert (Orne), Philippe Bas (Manche) et le président de la nouvelle Région Normandie, Hervé Morin, se sont réunis pour lancer cette structure informelle. Cette démarche de rassemblement avait été initiée en 2015 après les élections départementales, qui avaient vu les cinq Départements se retrouver à droite, après le basculement de l’Eure et la Seine-Maritime. Elle se poursuit en accueillant la Normandie réunifiée, remportée par Hervé Morin (UDI). « Nous faisons aujourd’hui ce que nous avons dit pendant la campagne des Régionales », a rapporté Hervé Morin.

Mutualisation des moyens

C’est un grand plaisir d’accueillir pour la première fois ce G6, qui prend la suite du G5, a déclaré Philippe Martin. Cette démarche répond à trois principes : la cohérence politique, une volonté de rendre visible l’action politique, et la recherche d’efficacité. Il s’agit, pour les habitants, d’identifier qui fait quoi. Et le plus important, pour nous : apporter des réponses concrètes à leurs attentes.

À l’issue de cette première rencontre, de premières idées ont été esquissées. Des réflexions qui interviennent dans un contexte financier délicat, comme a tenu le souligner Pascal Martin : « Nous avons décidé de ne pas accentuer la pression fiscale, même si pour toutes nos collectivités, l’exercice 2016 sera particulièrement difficile. » Les dirigeants de Normandie ont ainsi commencé à plancher sur quelques axes : développement économique, mutualisation des moyens des différentes collectivités (groupement d’achat, pour faire baisser les coûts, pour les véhicules, par exemple), création d’une plateforme commune de mise en aux enchères du matériel inutilisé, un « Bon Coin » normand.

Plan d’investissement pour les routes

Les routes devraient faire l’objet d’un plan d’investissement commun, que les élus annoncent important.

Contrairement aux socialistes qui avaient décidé de ne plus investir, nous investirons dans les routes, a déclaré Hervé Morin Nous allons présenter dans quelques mois un plan d’investissement, tel que cela n’a pas été fait depuis belle lurette.

Sur le développement économique, un des chantiers sera l’articulation des structures existantes (Seine-Maritime expansion, Calvados stratégie, Eure expansion etc.), après l’arrivée de la future grande Agence régionale de développement économique, annoncée par Hervé Morin.

Le développement économique, voilà précisément un domaine où le principe de subsidiarité peut s’exercer, a défendu Sébastien Lecornu. Hervé Morin veut une agence de développement économique dotée de 100 millions d’euros, mais n’aura-t-elle pas besoin des Départements pour exercer pleinement ses missions ?

Le président de la Région Haute-Normandie a abondé dans ce sens : « Cette agence, qui sera le bras armé de la Région, sera également au service de toutes les collectivités. »

Clarification des missions de chacun

Ce partage des tâches et ce souci de clarification des missions de chacun devraient se décliner dans d’autres domaines. Dans la politique agricole, les Départements pourraient se charger des aides d’urgence aux agriculteurs en difficulté, et la Région assurer la stratégie d’exportation. Le tourisme, également, devrait faire l’objet de réflexions. « Actuellement, nous sommes dans un système « édredon » étouffant, avec une multiplicité d’acteurs. On ne s’y retrouve pas. »

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