Paris Éducation nationale. 27 radiations en 2015 pour des affaires de pédophilie

La ministre de l'Éducation a confirmé, mercredi 16 mars 2016, qu'il y a eu, en 2015, 27 radiations de membres de l'Education nationale liées à des cas de pédophilie. Explications.

Mise à jour : 16/03/2016 à 18:49 par La Rédaction

 

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La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, lors d'une conférence de presse à Paris, le 19 février 2016. (© AFP/Archives/FRANCOIS GUILLOT)

La ministre de l’Éducation nationale, Nadia Vallaud-Belkacem, a confirmé mercredi 16 mars 2016, qu’il y a eu, en 2015, 27 radiations de membres de l’Éducation nationale liées à des cas de pédophilie ou de pédopornographie. Les faits incriminés ne se seraient pas produits dans un cadre scolaire.
Mais, la ministre a prévenu, elle sera intraitable. « Je serai ferme pour sanctionner quand cela s’impose et j’en attends autant de toute institution. » Le projet de loi pour fluidifier l’information entre l’Éducation nationale et la justice pourrait être rapidement adopté.

Le nombre de radiations liées à la pédophilie est en augmentation

Le nombre de radiations pour des affaires liées à la pédophilie est en augmentation. Selon l’Éducation nationale, dix-neuf avaient été comptabilisés, premier et second degrés confondus, en 2014. Vingt-six ont été comptabilisés en 2013 et quinze en 2012.

Qu’il s’agisse de l’Église ou de l’école, j’ai un principe simple : la pédophilie est une affaire extrêmement grave qui détruit des vies. Tous ceux qui pensent qu’on peut régler les choses en interne, en faisant silence, se trompent gravement », a déclaré la ministre sur RTL.

L’Éducation nationale a été secouée en 2015 par l’affaire de Villefontaine, dans la banlieue de Lyon (Rhône), où le directeur d’une école maternelle a été mis en examen pour des viols sur ses très jeunes élèves. Il a été radié quelques jours après sa mise en examen. Dans cette affaire, révélée en mars 2015, l’enseignant avait été condamné en 2008 pour recel d’images pornographiques, mais il avait continué d’exercer, l’Éducation nationale n’ayant pas été informée des faits.

Le projet de loi, retoqué l’été dernier, en cours d’adoption

Les ministres de l’Éducation et de la Justice (Christiane Taubira à l’époque) ont conçu, après ces tristes événements, plusieurs dispositifs d’encadrement, dont la mise en place de référents au sein des parquets et rectorats, pour fluidifier la transmission d’informations.

Un projet de loi qui introduit une obligation de signalement, retoqué l’été dernier pour des questions de procédure, est en cours d’adoption », a précisé mercredi 16 mars 2016, Najat Vallaud-Belkacem.

La rue de Grenelle précise que les transmissions d’informations en tout début d’enquête seront « assorties de garanties fortes », pour « respecter la présomption d’innocence et la vie privée » des mis en cause. Le ministère s’est aussi engagé à « passer au peigne fin » tous les dossiers du personnel de l’Éducation nationale, en contact avec des mineurs pour repérer les agents publics condamnés sans avoir fait l’objet de signalement à l’administration. Le processus de vérification a d’abord été testé dans l’académie de Reims (Marne).

Il est quasiment achevé et aucun dysfonctionnement n’a été relevé », rassure le ministère.

Par la suite, il sera mis en oeuvre, à tour de rôle, dans les autres académies.

L’Église, aussi, dans la tourmente

Depuis quelques jours, l’Église de France est à son tour dans la tourmente. Le cardinal Philippe Barbarin est sous le feu des critiques, accusé de ne pas avoir agi avec suffisamment de célérité après avoir appris qu’un prêtre de son archevêché était soupçonné d’agressions sexuelles sur des jeunes scouts qu’il encadrait en 1986 et 1991. Cette affaire est révélée peu de temps après la sortie du film Spotlight, inspiré de faits réels, qui raconte l’enquête des journalistes du Boston Globe, l’un des plus célèbres journaux du Massachussets. Spotlight, qui a révélé au monde entier l’autre visage de l’Église catholique. À la fin du générique, les faits similaires qui se sont produits dans le monde sont recensés. Parmi eux, le cas du Père Pican, qui, évêque de Bayeux et Lisieux (Calvados), avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour « non-dénonciation des agissements pédophiles » d’un prêtre de son diocèse, le Père René Bissey, qui avait été condamné à 18 ans de réclusion.

> Lire aussi : Prêtres et pédophilie. Une plainte à Lyon, le film de Spotlight, et l’affaire de Normandie

AFP

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