Le Havre Drones, stérilisation... Au Havre et sur le littoral, les goélands en ligne de mire

Au Havre (Seine-Maritime) la campagne de stérilisation des œufs de goélands a débuté. Et sur le littoral de Normandie, certaines communes innovent en utilisant notamment des drones

Mise à jour : 04/05/2015 à 10:17 par Sophie Quesnel

Le goéland argenté est en constante augmentation le long des côtes ouest de la France qu'il a progressivement colonisé au cours des récentes décennies
La population du goéland argenté est en constante progression, le long des côtes ouest de la France qu'il a progressivement colonisées.

La campagne de stérilisation des œufs de goélands a débuté au Havre (Seine-Maritime). Elle se déroulera jusqu’au vendredi 29 mai 2015. Afin de limiter les nuisances causées par cette espèce protégée, la Ville du Havre réalise depuis 1994, tous les ans, une campagne de stérilisation des œufs de goélands argentés. De l’autre côté de la Seine à Trouville-sur-Mer (Calvados), la mairie teste cette année, la stérilisation à l’aide de drones.

Prédateurs mais protégés

Ils font partie du folklore des villes de bord de mer mais peuvent devenir le cauchemar des habitants et des touristes. Les goélands argentés génèrent de nombreux dégâts et nuisances : déjections, cris, poubelles éventrées… et rendent parfois difficile l’accès aux terrasses et aux balcons.
Dans le Calvados, par exemple, la Ville de Deauville reçoit environ 130 plaintes par an. Attiré par la nourriture, le goéland est pour le moins envahissant.

Maîtriser la présence des goélands

En 2014, 2 867 couples de goélands argentés ont été observés au Havre, contre 142 pour les goélands marins et 65 pour les goélands bruns. Sans mesure de gestion, l’effectif augmenterait de 10 % par an, c’est pourquoi il est important de maîtriser cette présence. La stérilisation est une opération soumise à autorisation annuelle du ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement. Cette autorisation ne concerne que les goélands argentés, en raison de leur effectif conséquent.

Le déroulement de la campagne

Les objectifs de la campagne sont :
• à court terme, de concilier la présence du goéland avec le cadre de vie des Havrais, en évitant au maximum les nuisances générées par la présence de ce volatile
• à moyen terme : réduire au maximum la croissance démographique de la colonie en milieu urbain
• à moyen et long terme : déplacer la colonie vers son milieu d’origine, le littoral

Au Havre, la campagne de stérilisation des œufs de goélands a donc commencé le 27 avril et s’achèvera le 29 mai 2015. Cette période correspond à celle de la reproduction des goélands. Une équipe de la société CAN Industrie intervient en effectuant deux passages entre 8h et 17h, sur les toits du secteur. Deux passages sont prévus. Le premier au début de la ponte, jusqu’au mercredi 13 mai 2015, et un second pour le traitement des pontes tardives, du 15 au 29 mai 2015.

Des drones à Trouville-sur-Mer

À Trouville-sur-Mer, la commune reconduit, pour la 5e année consécutive, cette opération jugée la plus efficace possible et recommandée par le ministère de l’Écologie, soumise à autorisation préfectorale et suivie par le Groupe ornithologique normand. La stérilisation consiste à pulvériser un mélange de formol et d’huile de paraffine sur les œufs afin d’empêcher l’éclosion tout en leurrant l’animal qui continue de couver.
Elle ne concerne pas les œufs de goélands bruns et marins mais seulement l’espèce goéland argenté, la plus répandue sur la commune. Cette année, un drone de la société Civic Drone sera utilisé pour les interventions de stérilisation. Une première que détaille Christian Cardon , le maire de la commune :

Nous avons eu une proposition d’utilisation de drones pour lutter contre les goélands par un habitant de Trouville, spécialiste des drones. Nous avons accepté de faire une expérimentation en 2015, pour un coût modéré. Les drones épandront sur les œufs le même produit stérilisant que celui utilisé jusqu’ici, mais sans déranger les propriétaires. Il n’y a pas besoin de monter sur les toits et c’est sans risque pour le personnel, qui pilotera les drones à distance. Je rappelle qu’il y avait eu une chute, à la maison des associations, l’an dernier ».

Dans la lutte contre l’invasion des goélands, la technologie pourrait donc être un atout essentiel.

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