Rouen [Enquête] Double meurtre de Rouen. Ce que nous savons du suspect

Un homme de 34 ans, sans papiers, a été mis en examen, jeudi 31 décembre 2015, dans l'affaire du double meurtre de Rouen (Seine-Maritime). Il est en prison. Le point sur l'enquête

Mise à jour : 02/01/2016 à 15:19 par La Rédaction

Les corps sans vie d'Élise et Julien avaient découverts dans l'appartement de la jeune femme, place de la Pucelle, à Rouen (Seine-Maritime), en fin de journée, dimanche 20 décembre 2015.
Les corps sans vie d'Élise et Julien avaient été découverts dans l'appartement de la jeune femme, place de la Pucelle, à Rouen (Seine-Maritime), en fin de journée, dimanche 20 décembre 2015.

Un homme de 34 ans, Jean-Claude Nsengumukiza, a été mis en examen, jeudi 31 décembre 2015, à Rouen (Seine-Maritime), pour homicides volontaires ayant accompagné un autre crime (viol) en récidive légale. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité annonce à Normandie-actu le procureur de la République de Rouen, Jean-François Bonhnert.
Selon nos informations, le suspect des meurtres d’Élise, 24 ans, et Julien, 31 ans, commis le 20 décembre 2015 dans l’appartement de la jeune femme, place de la Pucelle, à Rouen, aurait peu parlé lors de ses 48 heures de garde à vue. Il aurait expliqué aux enquêteurs du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen et au juge d’instruction, devant les accusations, avoir été « possédé par le diable qui l’aurait poussé à agir ». Il a été conduit à la maison d’arrêt de Rouen, après son passage dans le bureau du juge des libertés et de la détention.

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Le suspect a été conduit à la maison d'arrêt de Rouen (Seine-Maritime), en fin de journée, jeudi 31 décembre 2015, après sa mise en examen au parquet de Rouen (Seine-Maritime). (Photo : TC)
Le suspect a été conduit à la maison d'arrêt de Rouen (Seine-Maritime), en fin de journée, jeudi 31 décembre 2015, après sa mise en examen au parquet de Rouen. (Photo : TC)

Il a été confondu par son ADN. Les enquêteurs disposent également d’images de vidéosurveillance. Le mis en cause aurait rencontré les victimes lorsqu’elles sortaient d’un établissement de nuit, vers 3h du matin, dans la nuit du samedi au dimanche 20 décembre 2015. Une soirée, qui a viré au cauchemar. « Une mauvaise rencontre », résume un enquêteur. Le suspect sortait de prison. Il serait resté 10 heures dans l’appartement. Une des victimes a été violée, avant d’être tuée.

L’essentiel. Le suspect du double meurtre de Rouen (Seine-Maritime), âgé de 34 ans, né en Ouganda, sortait de prison où il avait purgé une peine pour viol. Soupçonné d’être l’auteur du viol et du double homicide d’Élise, 24 ans, et Julien, 31 ans, commis le 20 décembre 2015 dans un appartement de la place de la Pucelle. Il a été mis en examen jeudi 31 décembre 2015 et placé en détention provisoire, après 48h de garde à vue. Il était interdit de séjour en France, mais les autorités françaises n’avaient pas réussi à l’expulser. Le suspect, après avoir violé et frappé Élise, aurait tué les deux victimes, par étranglement. Il aurait effectué une sorte de mise en scène, plaçant les deux corps dénudés l’un à côté de l’autre sous un drap blanc. Des prélèvements ADN retrouvés sur le lieu du double meurtre auraient notamment permis de remonter la piste du principal suspect.

Le suspect venait de sortir de prison pour viol

Le suspect, Jean-Claude Nsengumukiza, est né en Ouganda. Il venait de sortir de prison après avoir purgé une peine pour viol.
Le mis en cause avait été condamné pour des faits de viol en 2011, à huit ans de prison. Une peine assortie d’une obligation de quitter le territoire à sa sortie de la prison du Havre (Seine-Maritime). Le procureur explique, sur Normandie-actu, que « le manque de coopération des autorités ougandaises a fait qu’il est finalement resté en France, la préfecture étant allée “au bout” des procédures possibles ». Le mis en cause, dont les deux parents sont Rwandais, et avaient fui en Ouganda, a été arrêté de manière « fortuite », quelques jours après le double meurtre : il a été contrôlé en possession de quelques grammes de résine de cannabis et les policiers ont constaté qu’ils n’avait pas respecté l’obligation qui lui était faite de signaler tout changement de domicile. Inscrit au fichier après sa condamnation pour agression sexuelle, il devait le faire, à sa sortie de prison. Il a alors été placé en garde à vue, et c’est au cours de son audition que les enquêteurs (qui disposaient de photos de caméras de vidéosurveillance) auraient fait le rapprochement avec celui qu’ils recherchaient pour le double meurtre. Le parquet a donc décidé d’une comparution immédiate, à l’issue de laquelle il a écopé d’une peine d’emprisonnement de deux mois et qui a surtout permis, pendant ce temps, « de la garder au chaud » et de procéder à des comparaisons ADN avec celles retrouvées sur la scène de crime et notamment sur le corps de la jeune femme. Les résultats sont tombés lundi 28 décembre en fin de journée, et l’ADN concorde. L’Ougandais a été extrait de la prison et placé en garde à vue, mardi 29 décembre 2015. Une garde à vue qui a été prolongée et s’est terminée par une présentation devant le juge d’instruction pour une mise en examen, jeudi 31 décembre 2015.
Les corps des deux jeunes victimes se trouvaient sous un drap blanc, dans une mystérieuse mise en scène. Élise F., 24 ans, originaire de Dieppe (Seine-Maritime) et Julien T., 31 ans, originaire de Lyons-la-Forêt (Eure), avaient été retrouvés morts, dimanche 20 décembre, en fin de journée, dans l’appartement de la jeune fille, place de la Pucelle, dans le centre-ville de Rouen. Rapidement, les enquêteurs du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen ont travaillé sur la piste d’un double homicide.

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Élise a été frappée et a subi des violences sexuelles

Les autopsies révéleront qu’Élise a subi des violences sexuelles et que les deux victimes ont été tuées par strangulation. Les deux jeunes gens étaient des amis, ils n’étaient pas en couple : ils s’étaient retrouvés en soirée, dans la nuit du samedi au dimanche 20 décembre 2015, dans des établissements de nuit de Rouen. Ils avaient terminé la soirée au XXL, un bar gay de la ville. Selon nos informations, le suspect, jeune homme, environ 1m70, coiffé de dreadlocks, arrivé en France en 2001 (et ayant purgé deux peines de prison : une pour des vols et une autre pour un viol sur une Rouennaise, en 2009), aurait proposé de l’aide à Élise, pour ramener son ami, Julien, ivre. Il était un peu moins de 4h du matin. Les deux corps sans vie seront découverts dans l’appartement du rez-de-chaussée de cette maison à colombages, le lendemain, en fin de journée. Dans ce laps de temps, les deux victimes ont vraisemblablement vécu l’horreur.
Julien était infirmier au CHU de Rouen, Élise assistante de direction, à la recherche d’un emploi. Les victimes n’étaient pas connues des services de police. « Des jeunes sans problèmes », souligne Jean-François Bohnert. Dimanche, inquiets, des proches s’étaient rendus à l’appartement de la jeune femme. Trouvant porte close, ils appelleront les secours. Les pompiers découvriront les corps, allongés par terre, dévêtus, et recouverts d’un drap blanc. Élise a été violée et frappée. La fenêtre de l’appartement était ouverte, mais rien n’avait été volé. Des marches blanches avaient été organisées, samedi 26 et dimanche 27 décembre 2015, à Dieppe et Rouen.
L’auteur présumé qui aurait lui aussi consommé de l’alcool, aurait profité de la vulnérabilité de Julien, ivre, à cette heure tardive, pour rentrer dans l’appartement et profiter d’Élise, en jouant les Bon Samaritain et en lui proposant de l’aide pour ramener son ami qui ne tenait pas debout… Le mis en cause serait resté de 4h du matin jusqu’à 16h le lendemain dans l’appartement de la place de la Pucelle. Une nuit de cauchemar pour les victimes.

Isabelle Villy
et Briac Trébert

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