Le Havre Douanier du Havre abattu à Toulon. Édouard Philippe interpelle le gouvernement

Le député-maire du Havre (Seine-Maritime), Édouard Philippe, a posé une question au gouvernement, mercredi 13 janvier 2016, sur les moyens des Douanes. Explications.

Mise à jour : 13/01/2016 à 18:35 par Valentine Godquin

le député-maire du Havre Edouard Philippe avait rencontré la famille du douanier tué en opération, en décembre 2015. (Photo : ©Eric Houri)
Le député-maire du Havre (Seine-Maritime), Édouard Philippe, avait rencontré la famille du douanier tué en opération, en décembre 2015. (Photo : ©Éric Houri)

Lors d’une session de questions au gouvernement, le député-maire du Havre (Seine-Maritime), Édouard Philippe, s’est adressé au premier ministre, Manuel Valls, pour l’interroger sur les moyens attribués aux Douanes françaises. Cette question fait suite au décès du douanier Pascal Robinson, originaire du Havre, et tué lors d’une opération, à Toulon (Var).

Missions à risques

S’adressant au premier Ministre, le député est revenu sur les faits ayant entraîné la mort de Pascal Robinson, lors d’une opération datant du 23 novembre 2015.

Le 23 novembre dernier, en pleine intervention à Toulon, ce chef d’équipe de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été assassiné, d’une balle dans la tête. Il laisse une compagne, un enfant et des collègues inconsolables.

Le député-maire précise avoir rencontré la famille de la victime, qui « n’exprime ni colère ni désir de vengeance ; elle a confiance en la justice. Mais elle voudrait que ce drame soit l’occasion d’une prise de conscience nationale ».
Édouard Philippe revient alors sur l’évolution des missions de la Douane, qui « se sont considérablement alourdies : mondialisation des fraudes et des réseaux, contrefaçon, commerce électronique, trafic d’armes et de stupéfiants et, désormais, flux migratoires et menaces terroristes ».

Ce sont des missions à risques. Or les moyens attribués ne sont pas, ne sont plus, à la hauteur. Et depuis longtemps. Pascal Robinson devait bricoler lui-même un bélier en prévision d’une intervention ! Des agents doivent équiper à leurs frais leurs véhicules ou s’acheter des gilets pare-balles lourds qui ne sont pas en dotation administrative ! Tous ceux qui connaissent les Douanes le savent.

Quels moyens supplémentaires ?

Devant ces évolutions, Édouard Philippe interroge sur l’annonce du président de la République, devant le Congrès, concernant la création de 1 000 emplois supplémentaires dans les Douanes dans les deux années à venir. Estimant cette déclaration « floue », ce dernier rappelle l’annonce, le 2 décembre 2015, par le secrétaire d’État au Budget, de la création de 500 postes seulement, « laissant entendre que le solde résulterait de la “non-suppression” de postes initialement appelés à être supprimés ».

Ma question est simple, monsieur le Premier ministre : les 1 000 postes en question seront-ils effectivement créés ? Et qu’allez-vous faire, au-delà des projets stratégiques en cours, pour permettre aux agents des Douanes de mener à bien la mission difficile et essentielle qui leur est confiée ?

Une intervention saluée par la famille du douanier

Sur le réseau social Twitter, cette intervention du député-maire du Havre a été saluée par Emmanuel Robinson, petit frère du douanier décédé. Édouard Philippe était venu à la rencontre de sa famille, en décembre 2015, pour honorer la mémoire de Pascal Robinson.

Emmanuel Robinson avait honoré la mémoire de son frère lors d’une cérémonie organisée en son honneur. Tous deux avaient passé leur enfance au Havre, où leurs parents vivent toujours

Pascal Robinson est mort à l’âge de 42 ans. Outre sa profession de douanier, il était reconnu pour ses performances sportives. Préselectionné olympique pour les Jeux Olympiques de Barcelone et badminton, ceinture noire au 2e ou 3e dan de judo, participant au championnats du monde de lutte russe… Son frère rappelait qu’il « était fier d’être douanier, fier de mener sa mission à bien, fier de servir son pays ». Il avait notamment rappelé lors de la cérémonie les conditions de travail de son frère, en présence de représentants de l’État.

J’ai encore le souvenir vivace de mon frère fabriquant avec mon père un bélier digne de ce nom, améliorant avec le concours d’une couturière bien connue de la DNRED de Paris, son gilet pare-balles, hurlant contre une voiture d’intervention, que j’ai encore empruntée hier, pas assez puissante pour suivre les grosses cylindrées des trafiquants, utilisant son propre téléobjectif pour obtenir des clichés assez nettes de ses cibles. Je sais que les moyens ne font pas tout, mais dans les arbitrages que vous ferez pour le prochain projet de loi de finances, en souvenir de mon frère et pour tous ses collègues, ne faites pas des Douanes françaises le parent pauvre de la sécurité française.

Le soutien du maire du Havre et sa question posée au gouvernement sera l’occasion pour la famille d’obtenir des réponses sur ces moyens mis en place pour la sécurité des douaniers.

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