Suicide. 27 décès par jour en France. La Normandie, une des régions les plus touchées

Le nouveau rapport de l'Observatoire national du suicide a été remis à Marisol Touraine, ministre de la Santé. En Normandie, 646 décès par suicide ont été enregistrés en 2012.

Mise à jour : 03/02/2016 à 14:26 par Solène Bertrand

(Photo : © Fotolia zhagunov_a)
En France, le suicide a causé la mort de 9 175 personnes. En Normandie, 646 décès par suicide ont été enregistrés en 2012.(Photo : © Fotolia zhagunov_a)

En 2012, le suicide a causé la mort de 9 175 personnes en France métropolitaine, soit près de 27 décès par jour, loin devant la mortalité routière qui s’est élevée, cette même année, à 3 426 victimes. 75 % des décès par suicide sont masculins. Le deuxième rapport de l’Observatoire national du suicide, remis à Marisol Touraine, ministre de la Santé, mardi 2 février 2016, dresse un état des lieux de la mortalité par suicide, région par région, en s’appuyant sur des données locales. En Normandie (Haute et Basse confondues), 646 décès par suicide ont été enregistrés en 2012. Dans la Région, la pendaison est le mode de suicide le plus souvent utilisé. Les chiffres par département.

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La Normandie, 3e région la plus touchée

C’est dans les régions de l’Ouest et du Nord que l’on observe traditionnellement les taux de suicide les plus élevés, proches ou dépassant 18 pour 100 000 habitants dans cinq régions : la Bretagne (24,8), la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie (20,4), la Normandie (19,3), les Pays de la Loire (18,9) et la région Centre-Val de Loire (18,3). En Normandie, 646 décès ont été enregistrés en 2012. En Haute-Normandie, 278 décès par suicide de personnes résidant en Haute-Normandie et 378 en Basse-Normandie ont été rapportés. Si l’on affine ce panorama, le rapport note des spécificités départementales qui ressortent au sein des grandes régions. Derrière les Côtes-d’Armor, le département le plus touché, avec un taux de 30,5 pour 100 000 habitants en 2012 , six départements se démarquent des autres avec des taux compris entre 25 et 28 pour 100 000 habitants, parmi eux deux départements normands : la Manche (27,7) et l’Orne (26,4).

Si la cartographie régionale des taux de suicide masculins et féminins tend à se superposer, d’importantes disparités régionales apparaissent également quant aux deux principaux modes opératoires de suicide en France que sont la pendaison et les armes à feu. La part des suicides par pendaison parmi les décès par suicide en 2012 varie en France métropolitaine de 30,6 % en Corse à 63,9 % en Normandie et de 43,5 % à La Réunion jusqu’à 68,2 % en Martinique pour ce qui est des départements d’outre-mer. Les suicides par pendaison touchent principalement les régions du Nord-Ouest de la France pour lesquelles les pourcentages avoisinent, voire dépassent, 60 %, précise le rapport.

Le taux brut de mortalité par suicide en Haute-Normandie est de 15 pour 100 000 habitants et de 24,9 pour 100 000 habitants.

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Un taux supérieur au taux national dans l’Eure : + 11%

En Haute, comme en Basse, les hommes ont davantage recours au suicide que les femmes. En Haute-Normandie, les suicides concernent 208 hommes et 70 femmes, soit un sex-ratio de 3 hommes pour une femme, identique au sex-ratio national. C’est dans les classes d’âges des 45-49 et 50-54 ans que le nombre de décès par suicide est le plus important, soit environ une trentaine dans chacune de ces deux classes d’âges. Le taux dans le département de l’Eure est supérieur de 11% au taux national :

Au sein de la région, le taux standardisé du département de Seine-Maritime (14,8 pour 100 000 habitants) est très proche du taux national, alors que le taux de mortalité par suicide dans l’Eure (16,8 pour 100 000) est de 11 % supérieur au taux national (+15,1 % chez les hommes et +9,4 % chez les femmes).

En Haute-Normandie, la mortalité par suicide est plus élevée chez les hommes que chez les femmes dans toutes les classes d’âges et est en moyenne 3,6 fois plus importante chez les hommes. Elle augmente avec l’âge, surtout chez les hommes pour qui elle passe de 5 pour 100 000 à 15-19 ans à 40 pour 100 000 à 45-49 ans. Entre 50 et 69 ans le taux évolue autour de 25 pour 100 000 pour ensuite augmenter au-delà de 70 ans, atteignant un taux supérieur à 140 pour 100 000 chez les hommes de 85 ans et plus. Chez les femmes, la mortalité par suicide évolue peu avec l’âge.

La Manche au-dessus du taux national : + 15%

En Basse-Normandie, ces décès concernent 284 hommes et 84 femmes, soit un sex-ratio de 3,4 hommes pour une femme, plus élevé que le sex-ratio national qui est de 3. La mortalité par suicide est plus élevée chez les hommes que chez les femmes dans toutes les classes d’âges, elle est en moyenne 4 fois plus importante chez les hommes que chez les femmes. C’est dans les classes d’âges des 45-54 ans que le nombre de décès par suicide est le plus important, soit environ une quarantaine de cas dans chacune de ces deux classes d’âges. Il est aussi à noter que 30 décès par suicide de personnes de 85 ans et plus ont été constatés en 2012. Deux départements sont fortement touchés : la Manche et l’Orne, marquant ainsi une forte disparité sur le territoire bas-normand :

Comparés à la mortalité par suicide dans l’ensemble du territoire français, les taux standardisés de la région Basse-Normandie et des départements qui la composent sont plus élevés que le taux national chez les femmes et chez les hommes. Chez ces derniers, la mortalité par suicide est de 63 % supérieure au taux national masculin et chez les femmes, la mortalité par suicide est de 44 % supérieure au taux national féminin. Au sein de la région Basse-Normandie, le Calvados présente une mortalité par suicide de 15 % inférieure au taux régional, tandis que la Manche a une mortalité par suicide de 15 % supérieure au taux régional. Dans l’Orne, chez les hommes, le taux de décès par suicide est proche du taux régional mais chez les femmes, il lui est supérieur de 25 %, précise l’Observatoire.

Hommes et femmes choisissent différents modes opératoires pour se donner la mort : pendaison, arme à feu, noyade ou intoxication médicamenteuse. En Normandie, la pendaison est le mode de suicide le plus souvent utilisé.

Suicide par pendaison : un taux supérieur à la moyenne nationale en Normandie

La mort par pendaison concerne les deux tiers des hommes décédés par suicide en Haute et les trois quarts en Basse, 40 % des femmes, en Haute-Normandie, et plus de la moitié des femmes en Basse. Les femmes ont aussi recours à l’auto-intoxication médicamenteuse et la noyade dans respectivement 20 % et 13 % des suicides, en Haute-Normandie, et 20,2% et 8,3% en Bass-Normandie. Chez les hommes, le deuxième mode de suicide est l’utilisation d’arme à feu dans 12,5 % des cas en Haute et 13,7% en Basse.

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Vendredi 5 février 2016, aura lieu la 20e journée nationale de prévention du suicide. Au Havre (Seine-Maritime), une projection du film Cake, avec Jennifer Aniston, suivie d’une débat avec le docteur Limare, est organisée vendredi 5 février 2016, à 20h45, au Sirius.

La bande-annonce de Cake :

Rapport de l’Observatoire national du suicide :

 

2e Rapport de l’Observatoire National Du Suicide

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