DOCUMENT. Plats cuisinés. Le rapport accablant de l'UFC-Que choisir

L'UFC-Que choisir a publié, le 8 février 2016, une enquête sur les plats cuisinés vendus dans la grande distribution. Une fois sur deux, l'origine de la viande n'est pas indiquée.

Mise à jour : 10/02/2016 à 10:24 par Valentine Godquin

Les plats cuisinés à base de poulet ont rarement un étiquetage complet sur l'origine de la viande utilisée. (Photo : ©Fotolia)
Les plats cuisinés à base de poulet ont rarement un étiquetage complet sur l'origine de la viande utilisée. (Photo : ©Fotolia)

« Trois ans après le scandale de la viande de cheval, l’opacité persiste sur plus de la moitié des produits. » Telle est la conclusion tirée d’une enquête de l’UFC-Que choisir sur l’étiquetage des produits cuisinés, vendus dans la grande distribution. Lors des manifestations de juillet 2015, les agriculteurs de Normandie avaient déjà relevé les défauts d’étiquetage, en menant des opérations de contrôle dans les camions frigorifiques, et les cantines.
Pour les besoins de cette enquête, grandes marques de plats cuisinés et marques distributeurs des hypermarchés ont été dans le viseur des enquêteurs, qui ont analysé l’étiquetage de quelques 245 aliments transformés. Et les résultats ne sont pas concluants !

Opacité autour du poulet

Du poulet surgelé, originaire du Brésil, avait été saisi par des agriculteurs, lors des manifestations de juillet 2015, au Havre. (Photo archives)
Du poulet surgelé, originaire du Brésil, avait été saisi par des agriculteurs, lors des manifestations de juillet 2015, au Havre. (Photo archives)

Cette étude de l’UFC-Que choisir s’est déroulée trois années après le scandale des lasagnes à la viande de cheval. Scandale qui avait semé le doute sur l’origine des viandes utilisées dans les plats cuisinés, qui représentent aujourd’hui « la grande majorité des produits alimentaires consommés ».
Au final, les lectures des différents étiquetage ont révélé que seul « un produit sur deux porte la mention du pays d’origine ».

C’est sur les produits à base de bœuf que l’on trouve le plus d’information sur l’origine de la viande avec 70% des produits étiquetés. S’agissant des produits à base de porc, seulement 43% affichent l’origine de la viande. Mais c’est sur les produits à base de poulet que les résultats sont les plus insuffisants avec à peine 1 produit sur 4 étiqueté.

L’étiquetage de l’origine de la viande n’étant obligatoire que pour les viandes non transformées, les informations des viandes de plats cuisinés sont ainsi difficile à récolter, où cause de la colère des agriculteurs, qui relèvent parfois la provenance étrangère de ces produits. C’était notamment le cas en juillet 2015, où certains d’entre eux avaient saisi de la marchandise dans des camions frigorifiques, dont des émincés de poulet, qui provenaient… du Brésil !
L’étude pointe ainsi du doigt « une information lacunaire », quelque soit les grandes marques de produits alimentaires, ou hypermarchés. L’organisme demande à ce que la Commission européenne ne limite plus l’étiquetage de l’origine des viandes, sur la base du volontariat, mais impose bien l’étiquetage complet à l’ensemble des acteurs, sur la même base que l’étiquetage des viandes non-transformées. Cette mesure serait, selon l’association, « seule à même d’informer correctement les consommateurs ».

Étude de l’UFC- Que choisir ? sur l’étiquetage de l’origine des viandes, dans les plats cuisinés :

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