Discorde au Conseil régional après l'éviction de deux élus PCF

Alain Le Vern, président PS du Conseil régional de Haute-Normandie, a décidé de retirer les délégations de Céline Brulin et Noël Levillain, élus Front de Gauche. Le ton monte.

Mise à jour : 01/07/2013 à 16:00 par Sarah Rebouh

Alain Le Vern, président du Conseil régional de Haute-Normandie.
Alain Le Vern, président du Conseil régional de Haute-Normandie.

Fin juin 2013, deux élus du groupe Front de Gauche au Conseil régional de Haute-Normandie se sont vus retirer leurs délégations par le président PS, Alain Le Vern. Lundi 1er juillet, Céline Brulin a rapporté un incident à 76actu. Le matin même, alors que cette dernière a essayé d’accéder au Bureau, en sa qualité de vice-présidente du Conseil régional, Alain Le Vern l’en a empêchée.

Je me suis rendue au Bureau ce lundi matin. Alain Le Vern a refusé de débuter la réunion en ma présence et a invité les élus à se rendre dans son bureau. Il s’est placé dans l’illégalité car selon l’article L4133-8 du Code général des collectivités territoriales, il lui est interdit d’évincer un vice-président du Bureau.

Un vote à l’origine du problème

Pourquoi un tel rejet de la part du président du Conseil régional ? Alain Le Vern n’a semble-t-il pas apprécié l’attitude du groupe Front de Gauche concernant le vote relatif au personnel administratif de la collectivité. Les élus Front de Gauche, membres de la majorité, sont en effet allés à l’encontre d’une mesure relative à la rémunération du personnel de la région, mesure qui instaure un nouveau régime indemnitaire et institue une « prime de fonction et de résultats », inadmissible pour les élus communistes.

Jean-Luc Lecomte, président du groupe Front de Gauche du Conseil régional, s’est exprimé dans une lettre ouverte à Alain Le Vern, datant du 28 juin. Ce dernier en profite pour faire le point sur le rapport au coeur de la discorde. Selon lui, la mesure votée par le Conseil régional est « totalement déconnectée de la situation sociale, économique, politique ». Il rappelle par la même occasion que les agents de la collectivité ont suivi un mouvement de grève qui traduit « la profondeur du malaise ».

La lettre de Jean-Luc Lecomte à Alain Le Vern :

Une « attitude autocratique »

Le président du groupe Front de Gauche au Conseil régional fait également état de « désaccords » quant à la manière dont Alain Le Vern préside la collectivité.

Votre manière de présider notre collectivité régionale devient sourde et aveugle à tout avis différent du vôtre. De nombreux collègues, bien au delà des rangs du Front de Gauche en souffrent. Cette attitude autocratique a déjà conduit notre collectivité à se ridiculiser.

Céline Brulin appuie les propos de son président. « Cet entêtement ne grandira pas le président de la Région. Ces querelles ne servent à rien. Autocratique ? C’est tout a fait ça ! », a-t-elle précisé. Avant d’ajouter que le groupe Front de Gauche réfléchit à une solution sur le plan légal : « Cela peut être un recours au tribunal administratif… Mais ce serait vraiment regrettable. »

Le PS déplore l’absence du Front de Gauche aux réunions

Du côté du PS, on déplore le fait que les élus Front de Gauche ne soient pas venus aux réunions et aux discussions en amont du vote. L’entourage du président du Conseil régional parle également de plusieurs « positions étranges » du groupe Front de Gauche, alors que ce dernier fait partie de la majorité.

Alain Le Vern a réagi dans une lettre où il précise qu’à « aucun moment [le groupe FDG] n’a fait connaître d’éventuelles remarques sur le contenu [de la mesure] ».

La lettre d’Alain Le Vern :