Dieselgate. Les usines Renault de Seine-Maritime éclaboussées par le scandale

Le quotidien Libération a révélé un possible scandale concernant les moteurs diesel de Renault, le 15 mars 2017. En Normandie, les salariés des usines du constructeur s'inquiètent.

Mise à jour : 17/03/2017 à 10:25 par Raphaël Tual

Le scandale auquel est confronté Renault depuis les révélations de Libération éclaboussent les usines de Cléon et sandouville, en Seine-Maritime. Près de 6000 salariés travaillent chez le constructeur français en Normandie. (illustration ©RT/Normandie-actu)
Le scandale auquel est confronté Renault depuis les révélations de Libération éclabousse les usines de Cléon et Sandouville, en Seine-Maritime. Près de 6 000 salariés travaillent chez le constructeur français en Normandie. (Illustration ©RT/Normandie-actu)

Après Volkswagen, c’est au tour du groupe Renault-Nissan d’être au cœur de la tempête, avec ce nouveau dieselgate.

Le journal Libération a publié, mercredi 15 mars 2017, le contenu d’un procès-verbal rédigé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), le gendarme du ministère des Finances. La question se pose : le constructeur français a t-il triché dans le contrôle anti-pollution de ses moteurs diesel ?

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« Fausser les résultats des tests »

Selon le quotidien national, « Renault SAS a trompé les consommateurs sur les contrôles effectués et notamment le contrôle réglementaire de l’homologation sur les émissions de polluants […]. La société a utilisé une stratégie ayant pour objectif de fausser les résultats des tests anti-pollution ».

Le parquet de Paris a ouvert une enquête le 12 janvier 2017, confiée à trois juges d’instruction spécialisés dans les atteintes à la santé publique.

Près de 6 000 salariés en Seine-Maritime

Les usines du groupe basées en Seine-Maritime sont évidemment touchées de plein fouet. Le site de Cléon, fabrique les moteurs diesel 1,6 litre, R9M, destinés aux Mégane ou Scénic. De même pour le site de Sandouville, spécialisé dans la pose de moteurs diesel sur les véhicules. Au total, en Seine-Maritime, près de 6 000 salariés travaillent pour ce groupe automobile (avec l’usine Alpine de Dieppe), sans compter les intérimaires.

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« Il y a une inquiétude, si jamais la fraude était avérée. Est-ce que tout est clean ? On n’en sait rien. C’est grave pour l’image d’une entreprise comme Renault », indique à Normandie-actu William Audoux, responsable du syndicat CGT à Cléon.

Le malaise est grand. Un responsable syndical de Sandouville ne souhaite même pas réagir à ces révélations.

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La direction dément

Dans un communiqué de presse publié mercredi 15 mars 2017, le groupe Renault indique ne pas vouloir « commenter une instruction en cours, procédure confidentielle par nature et à laquelle l’entreprise n’a, à ce stade, pas accès. Renault ne peut en conséquence confirmer la véracité, l’exhaustivité et la fiabilité des informations contenues dans cet article ». Et de préciser : « Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution ».

La direction du site de Cléon est sur la même ligne. Elle a reçu les organisations syndicales mercredi 15 mars, à midi. « Elle assure qu’il n’y a aucune fraude », précise William Audoux.

« Catastrophique pour les salariés »

Pour la CGT, « cela serait irresponsable et catastrophique pour les salariés si les procédures en cours venaient à démontrer « une tromperie de l’entreprise vis-à-vis des clients » car au final, ce sont toujours eux qui paient la facture du comportement des dirigeants de l’entreprise qui imposent leur stratégie ».

Que risque Renault ?
Aux termes du code de la consommation, la tromperie est punie d’un emprisonnement de deux ans et/ou d’une amende de 300 000 euros. Mais l’amende peut être portée à 750 000 euros et l’emprisonnement à sept ans en cas de circonstance aggravante.
Le Code prévoit en outre que le montant de l’amende puisse être porté à 10% du chiffre d’affaire du professionnel, proportionnellement à l’avantage tiré du manquement. La DGCCRF, dans son rapport, à estimé l’amende maximale de Renault à 3,58 milliards d’euros. C’est à une décimale près son bénéfice net au titre de 2016 (3,54 milliards). Les investisseurs n’ont pas apprécié ces révélations: le titre Renault a perdu jusqu’à 10% en trois jours à la Bourse de Paris.

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