Des salariés menacés en Normandie ? Areva va supprimer 3 000 à 4 000 emplois

Jeudi 7 mai 2015, Areva, entreprise spécialisée dans le nucléaire, a annoncé la suppression de 3 000 à 4 000 emplois. En Normandie, le site de La Hague emploie 5 000 salariés.

Mise à jour : 07/05/2015 à 22:21 par Solène Bertrand

Areva supprimera 3 000 à 4 000 emplois en France. (Illustration : la République77
Areva supprimera 3 000 à 4 000 emplois en France. (Illustration : la République77)

Jeudi 7 mai 2015, l’entreprise spécialisée dans le nucléaire, Areva, a confirmé l’information parue dans les colonnes du Figaro : elle devrait supprimer 3 000 à 4 000 postes en France. Une décision liée aux mauvais résultats financiers de 2014. 
En Normandie, si l’entreprise assurait que l’implantation de ses deux usines dédiées à l’éolien n’était pas remise en question par les problèmes financiers, les salariés de La Hague (Manche), eux, étaient inquiets. Le jeudi 5 mars 2015, les élus et syndicats de Normandie sortaient pourtant rassurés d’une réunion avec Emmanuel Macron (ministre de l’Économie) et Bernard Cazeneuve (ministre de l’Intérieur), qui avaient garanti qu’il n’y aurait pas de licenciements chez Areva. « Si suppressions de postes il y a, ils se feront sur la base de départs volontaires », promettaient-ils.
Deux mois plus tard : l’annonce est tombée. Areva est contrainte de supprimer des postes en France.

Un plan d’économies d’un milliard d’euros d’ici 2017

Au total, dans le monde, 5 000 à 6 000 postes devraient être supprimés. 3 000 à 4 000 postes sont menacés en France, en raison du plan d’économies d’un milliard d’euros auquel Areva est contrainte. Des négociations auront lieu prochainement.

D’ores et déjà le gouvernement a déclaré, par la voix de Bercy, attendre de la direction « un dialogue social exemplaire », précise Le Parisien qui rapporte les propos du DRH François Nogué, « l’effort sera plus important pour les fonctions support, corporate et siège», afin de préserver les compétences du groupe dans les activités nucléaires.

En Normandie, le site de la Hague, dédié au retraitement des combustibles usés, pourrait être concerné par cette réduction d’emplois, liée aux pertes colossales du groupe. En 2014, Areva a accusé une perte de 4,8 milliards d’euros.

Maintien des compétences dans les usines et les bureaux d’études

Conformément aux déclarations des deux ministres faites, jeudi 5 mars 2015, aux élus et syndicats normands qui les avaient rencontrés, les départs devraient se faire sur la base du volontariat. Le plan de compétitivité prévoit 1 milliard d’économies d’ici 2017.
Environ 600 millions viendront d’une réduction de 15% des frais de personnel en France et de 18% au niveau mondial, précise Le Monde, rapportant les propos de Philippe Knoche qui indiquait, jeudi 7 mai 2015, que « la direction s’engage à tout faire pour que tous les départs se fassent sur la base du volontariat. Les priorités posées concernent le maintien des compétences dans les usines et les bureaux d’études. »

Quel avenir pour Areva en Normandie ?

Le site de La Hague emploie 5 000 salariés. Au Havre (Seine-Maritime), les usines seront-elles maintenues, malgré la conjoncture ? Le 5 décembre 2014, la direction d’Areva dédiée à l’éolien offshore, confirmait le lancement des travaux sur le quai Joannes Couvert, au Havre. « Ils sont lancés depuis août 2014. Nous avons lancé les études géotechniques. Des carottages jusqu’à 40 mètres de profondeur permettent d’étudier la qualité des sols pour voir s’il faut ou non les renforcer. Ces études sont une première étape indispensable au dépôt de permis de construire, qui sera effectif en 2015. »
L’éolien en mer, sur le territoire, c’est la perspective de voir se construire deux usines de fabrication de pales d’éoliennes et d’assemblage de nacelles sur le quai Joannes Couvert, au Havre, avec la création de 750 emplois directs.

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