Des plaintes en Normandie. Dépakine : la ministre de la Santé demande une enquête

Le ministère de la Santé se saisit du dossier de l'antiépileptique Dépakine sur les enfants. Une enquête a été demandée afin de déterminer si des erreurs ont été commises.

Mise à jour : 07/07/2015 à 18:24 par Valentine Godquin

En mai 2015, une mère de famille de Montivilliers (Seine-Maritime) a décidé de porter plainte contre le laboratoire Sanofi-Aventis.
En mai 2015, une mère de famille de Montivilliers (Seine-Maritime) a décidé de porter plainte contre le laboratoire Sanofi-Aventis. (Photo d'archives Normandie-actu)

L’affaire de la Dépakine pourrait bien prendre un nouveau tournant. Ce médicament composé de valproate de sodium, prescrit aux personnes sujettes aux crises d’épilepsie, serait la cause du handicap de plus de 400 enfants nés entre 2006 et 2014, et dont les mères se faisaient prescrire ce traitement. Alors que des parents ont décidé de porter plainte contre le laboratoire pharmaceutique Sanofi-Aventis, notamment en Normandie, la ministre de la Santé a demandé une enquête sur ce médicament.

« Une grande victoire pour nous »

Le Figaro a révélé lundi 6 juillet 2015 que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a décidé de diligenter une enquête par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur cet antiépileptique pour « reconstituer la succession des événements et des choix liés au valproate, afin d’analyser les mécanismes de prises de décision en tenant compte de l’évolution des connaissances scientifiques, des éléments de la pharmacovigilance, des décisions intervenues dans d’autres pays, notamment européens, et des conditions d’utilisation de ce médicament ».
Pour les représentants de l’association des parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anti-convulsivant, l’Apesac, c’est une (très) bonne nouvelle. « C’est une grande victoire pour nous », déclare Marine Martin, présidente de l’Apesac. « La ministre a accédé à une demande que nous avions faite avec notre avocat, Me Charles Joseph-Heudin. »

Il faut que toute la lumière soit faite sur les actions du laboratoire, mais aussi de l’agence de santé.»

Une alerte tardive

La Dépakine est commercialisée depuis 1967 en France. Efficace pour prévenir les crises d’épilepsie, ce médicament était également prescrit pour soigner les troubles bipolaires. Des premières alertes sur les méfaits de ce médicament sur le fœtus avaient été données dès 1982. Il aura fallu attendre 2006 pour que les notices aux médecins traitants préconisent de ne pas administrer ce médicament aux femmes enceintes ou en âge de procréer. Pour Aurélie Dufour, déléguée de l’Apesac en Normandie, cette enquête pourrait être majeure.

Il y a 35 familles concernées en Haute et Basse-Normandie, pour une cinquantaine d’enfants. L’enquête permettra de déterminer l’évolution de la connaissance scientifique, et le traitement de la notice du médicament. Les troubles autistiques n’ont été notés qu’en 2006 !»

Ce retard de l’information auprès des médecins et des patientes sera l’un des éléments étudiés lors de l’enquête de l’IGAS. Un recensement des enfants exposés in utero au valproate de sodium et atteint de malformations ou de troubles neuro-comportementaux a également été demandé par la ministre, Marisol Touraine, à l’Agence du médicament, (ANSM) et à la Caisse nationale d’Assurance-maladie.
L’enquête pourrait durer plusieurs semaines, avant que le rapport soit rendu au ministère. En parallèle à cette enquête, les parents d’enfants handicapés poursuivent leur mobilisation, et les plaintes contre le laboratoire pharmaceutique se cumulent. En Normandie, trois plaintes ont été déposées, ou sont en cours de traitement.

  • Informations pratiques :
    Pour prendre contact avec l’Apesac, consulter le site Internet, ou encore la déléguée régionale Aurélie Dufour, en Haute-et Basse-Normandie, au 02 33 01 38 15 ou par mail aurelie.dufour@apesac.org

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