Nonant-le-Pin Décharge GDE dans l'Orne. Ségolène Royal demande une nouvelle expertise

Mercredi 26 août 2015, la ministre de l'Environnement a rencontré, à Alençon (Orne), les différents acteurs du dossier GDE. Une nouvelle expertise sera effectuée, le 31 août.

Mise à jour : 27/08/2015 à 09:35 par Solène Bertrand

(Photo d'illustration : wikimedia commons. Guillaume Paumier).
Ségolène Royal, à Alençon, a envoyé des signaux positifs aux opposants GDE qui espèrent une issue favorable au dossier (Photo d'illustration : wikimedia commons. Guillaume Paumier).

Les opposants à la réouverture de la décharge GDE, implantée à Nonant-le-Pin (Orne), sollicitaient l’intervention de la ministre de l’Environnement depuis longtemps dans le combat qu’ils mènent contre le site GDE. Mercredi 26 août 2015, Ségolène Royal est sortie de son silence : elle s’est rendue à Alençon (Orne) où elle a rencontré, au cours de trois tables rondes, les différents acteurs du dossier.

> Lire aussi : Attendue à la décharge de Nonant-le-Pin, Ségolène Royal se rendra finalement à Alençon

Élus, opposants et représentants de l’entreprise étaient présents. La ministre, à l’issue de ces différentes tables rondes, a demandé une nouvelle expertise sur site : le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) est attendu lundi 31 août 2015. Une décision qui satisfait les opposants qui espèrent une issue favorable à ce dossier et estiment avoir été entendus par la ministre. Hugues Moutouh, le directeur général délégué de GDE, s’est abstenu de tout commentaire.

Ségolène Royal s’engage à prendre ses responsabilités

Élus et opposants se félicitent de cette rencontre, indiquant que la ministre maîtrise son dossier. Cette dernière a envoyé des signaux positifs à l’ensemble des acteurs du territoire qui militent pour la suspension de l’autorisation d’exploitation et l’interdiction, à terme, de la décharge. La ministre s’est engagée à prendre ses responsabilités et à faire toute la lumière sur le dossier. Analyses et rapports à l’appui, elle vérifiera tous les éléments sur la dangerosité potentielle du site :

La ministre a reconnu que ce dossier comportait de nombreuses zones d’ombre qui remettent en cause l’ouverture de la décharge. En outre, elle s’est engagée à suivre directement les résultats des études environnementales indépendantes en cours et de l’enquête ouverte par le parquet national financier de Paris, indique Karima Delli, députée européenne EELV du Nord Ouest.

Nathalie Goulet, sénateur de l’Orne, salue la démarche de la ministre :

Ségolène Royal a rappelé sa volonté de protéger la santé publique, insistant sur la nécessité d’empêcher tout risque écologique.

Déclaration de Ségolène Royal, à l’issue des trois tables rondes :

Réouverture du site en septembre déconseillée

Si les représentants du site GDE n’ont fait aucune déclaration sur leur entretien avec la ministre, la déclaration de cette dernière, à l’issue des trois tables rondes, ne leur semble pas favorable. Ségolène Royal ayant déclaré : « Je déconseille vivement à l’entreprise de reprendre son activité en septembre. » La ministre a toutefois rappelé qu’il n’était pas en son pouvoir de décider de la suspension : « Je ne peux pas décider juridiquement d’un moratoire. » Elle s’est engagée, avec les services de son ministère, à mettre tout en œuvre pour faire toute la lumière sur ce dossier opaque.

À la différence de madame Kosciusko-Morizet, madame Royal s’est engagée à prendre ses responsabilités. Nous attendons désormais d’elle qu’elle mette tout en œuvre pour enterrer définitivement ce projet, sans céder au chantage de GDE qui avance des chiffres tout à fait farfelus. Les prochains jours seront décisifs et nous resterons vigilants à ce que le dialogue avec le ministère, qui a porté ses fruits aujourd’hui, perdure dans cette voie en bonne intelligence, déclare Karima Delli.

Le temps presse : les experts seront sur site, lundi 31 août 2015, pour effectuer de nouvelles analyses et apporter des pièces supplémentaires au dossier.

Nous vous rappelons qu'en envoyant votre commentaire vous acceptez de respecter la charte de modération. Vous êtes pénalement responsable de vos écrits.