Nonant-le-Pin Décharge de Nonant-le-Pin, un don de 40 000 euros fait sonner la polémique

Encore du rififi à Nonant-le-Pin, bourgade de l'Orne devenue célèbre pour sa décharge GDE. Claude Dauphin, le fils du créateur de GDE, fait don de 40 000 euros à la commune.

Mise à jour : 04/05/2015 à 23:43 par La Rédaction

Nonant-le-Pin est une commune de l’Orne, dont la tranquillité a été perturbée par l’installation d’un site d’enfouissement de déchets appartenant à la société Guy Dauphin Environnement. Ouverte en 2013, la décharge a été occupée pendant près d’un an par des militants qui dénonçaient un risque de pollution irréversible. Depuis, les actions en justice se multiplient pour empêcher la réouverture du site : la cour d’appel de Caen (Calvados) a annulé la décision de fermeture de la décharge. L’affaire, environnementale et politique, fait grand bruit. Et le généreux don de Claude Dauphin, fils du créateur de GDE, à la commune de Nonant-le-Pin, ne va rien arranger : l’entrepreneur vient en effet de verser 40 000 euros à la commune pour la rénovation de l’église. Les militants sonnent les cloches !

Les voies du Seigneur sont impénétrables

Claude Dauphin est soucieux de préserver Nonant-le-Pin et sa petite communauté de croyants : en 2011, il versait 11 000 euros à la commune pour la restauration de la poutre de l’église. En 2015, nouvel élan de générosité : l’entrepreneur verse 40 000 euros pour la réfection des murs et du plafond, souligne Le Réveil normand. Un don qui éveille la suspicion chez certains, même si le maire, Jacques Queudeville, ne voit pas lieu de polémiquer :

Ce sont les gens qui associent tout. (…) Où est le problème puisque c’est Mr Claude Dauphin qui fait ce don à titre personnel et non pas GDE ?, déclare-t-il au Réveil normand.

Les militants anti-GDE, eux, s’interrogent sur la nature du don : « Quand l’association de sauvegarde du patrimoine de Nonant-le-Pin s’est créée, je suis allée voir la présidente pour lui dire que moi et ma mère voulions donner. Nous n’avons jamais été sollicitées en retour », confie Noëlle Sandoz, présidente de l’association Nonant Environnement, quand le maire se défend de n’avoir reçu aucune autre proposition de don, notamment des haras.

Miser sur le bon cheval

Ces mêmes haras que GDE, selon les opposants, pourrait mettre en péril.

Nous, écologistes, resterons aux côtés des opposants pour soutenir leur juste combat, nous ne baisserons pas les bras. Il en va de l’avenir d’un département, d’un environnement exceptionnel, de la vie de centaines d’habitants, de centaines d’emplois issus des terres d’élevage et de savoir-faire liés au cheval reconnus au niveau international, déclarait, en janvier 2015, Karima Delli, députée européenne Europe Écologie-Les Verts du Nord-Ouest.

Un don pour pacifier les relations, racheter sa conscience ou être absous ? Toutes les suppositions sont permises… À Nonant-le-Pin, terre équine, gageons que les paris sont ouverts. Le tout est de savoir miser sur le bon cheval.

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