La nouvelle vie de Laurent Fabius. De la mairie du Grand-Quevilly au Conseil constitutionnel

S'il achève son mandat de neuf ans au Conseil constitutionnel, Laurent Fabius quittera ses fonctions à 78 ans. Retour sur le long parcours d'un surdoué de la politique.

Mise à jour : 11/02/2016 à 08:33 par La Rédaction

Illustration de l'article : Laurent Fabius au Conseil constitutionnel, coup d'envoi du remaniement ministériel
Laurent Fabius à la sortie du conseil des ministres, le 10 février 2016, à l'Elysée à Paris (© AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)

Pendant près de 40 ans, Laurent Fabius aura marqué la politique française. Dans la majorité, dans l’opposition, au sein d’un Parti socialiste qui l’a tantôt mis en première ligne, tantôt rejeté… Parmi les Sages, celui qui a été « le plus jeune Premier ministre de la République » devra se mettre en retrait de la vie politique. Retour sur une carrière, qui a débuté dans l’agglomération de Rouen (Seine-Maritime).

Mercredi 10 février 2016, le président de la République, François Hollande, a nommé Laurent Fabius à la présidence du Conseil constitutionnel. Le départ du ministre des Affaires étrangères, qui a assisté à son dernier conseil des ministres dans la matinée, annonce ainsi un dernier grand remaniement gouvernemental avant l’élection présidentielle de 2017. Mais pour Laurent Fabius, qui succède à Jean-Louis Debré (de Normandie, lui aussi : il vient du département de l’Eure) au Palais Royal, cette nouvelle fonction marque un tournant dans sa carrière politique.

La fin de sa carrière politique ?

Son parcours en politique a débuté en 1977, trois ans après son adhésion au Parti socialiste. À 31 ans, Laurent Fabius devient adjoint au maire de Grand-Quevilly. L’année suivante, il est député de la quatrième circonscription de la Seine-Maritime et tisse progressivement son large réseau dans le département. Ministre du Budget en 1981, il passe ensuite à l’Industrie et à la recherche avant de devenir, à 37 ans, « le plus jeune Premier ministre de la République ». À Matignon, il est mis en cause puis relaxé dans l’affaire du sang contaminé.
Car Laurent Fabius est un surdoué de la politique, capable de rebondir. Exclu du secrétariat national du PS en 2005 après s’être prononcé contre le projet de constitution pour l’Europe, candidat malheureux aux primaires socialistes pour la présidentielle de 2007, Laurent Fabius, politiquement en opposition au sein du parti avec François Hollande, est parvenu à gagner le quai d’Orsay en 2012. Et à garder son poste de ministre des Affaires étrangères, malgré plusieurs remaniements, jusqu’en février 2016.
Sa nomination au Conseil constitutionnel va le contraindre à quitter le premier plan de la scène politique. Et à tourner une page. Ses collègues seront désormais Jacques Chirac ou encore Valery Giscard-d’Estaing. Il garde cependant la présidence, bénévole, de la COP 21.

Les orphelins de la fabiusie, en Seine-Maritime

S’il est probablement l’un des hommes politiques au CV le plus chargé (il a été ministre à plusieurs reprises, Premier ministre, député, maire, président d’agglo, premier secrétaire du PS, président de l’Assemblée nationale à plusieurs reprises…), il a su, comme Martine Aubry dans le Nord, tisser un réseau au niveau national, comme dans sa région d’adoption. Guillaume Bachelay, son suppléant, en première ligne. Mais aussi Didier Marie, l’ex-président du Département ; Nicolas Rouly, son successeur ; Alain Le Vern, ex-président de Région ; Nicolas Mayer-Rossignol, son successeur ; Frédéric Sanchez, président de l’agglomération de Rouen… Et d’autres élus, un peu plus loin, et même dans l’Eure. La « fabiusie ».
Car malgré des fonctions nationales, Laurent Fabius a toujours veillé sur sa terre seinomarine. Et, au cours de la dernière année, il a vu son parti perdre tour à tour le Département et la Région. Depuis le Conseil constitutionnel, Laurent Fabius gardera un œil sur sa terre adoptive. Laissant cependant la fédération PS de Seine-Maritime orpheline, à l’image de l’hommage qui lui a été rendu par Nicolas Rouly, premier secrétaire fédéral :

En devenant un Sage, Laurent Fabius n’en sera pas moins actif, bien que sous d’autres formes. Les socialistes seinomarins resteront actifs également et auront la sagesse de s’inspirer du message d’avenir qu’il a toujours porté. En leur nom, je le remercie, je le félicite et je lui souhaite pleine réussite. Nous sommes fiers de son parcours, heureux d’être ses amis et déterminés à entretenir la dynamique locale avec les équipes qu’il a fait émerger en Seine-Maritime.

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