Serquigny Dans l'Eure, son château lui coûte trop cher, elle vend ses meubles aux enchères

Près de Bernay, elle n'a plus les moyens d'entretenir le château de Maubuisson, hérité de son père, et le met en vente. Samedi 30 mai 2015, elle vend son mobilier aux enchères.

Mise à jour : 29/05/2015 à 10:37 par Karine Lebrun

Elodie Plaissy n'a pas les moyens d'entretenir le château dont elle a hérité. Elle fait le choix de le vendre. Samedi 30 mai, une vente aux enchères du mobilier est organisée à Serquigny (©Eveil Normand).
Élodie Plaissy n'a pas les moyens d'entretenir le château dont elle a hérité. Elle fait le choix de le vendre. Samedi 30 mai, une vente aux enchères du mobilier est organisée à Serquigny. (Photo © Éveil normand)

La vie de château, rêve ou cauchemar ? À Serquigny, près de Bernay (Eure), Élodie Plaissy a tranché. Unique héritière du château de Maubuisson, la jeune femme de 30 ans, après plusieurs années de labeur, fait le choix de se séparer du bien dont son père avait fait l’acquisition en 2006. La vaste demeure est mise en vente au prix de 657 000 euros. Samedi 30 mai 2015, une vente aux enchères des objets et du mobilier du château est organisée.

De la ville à la campagne

Par le passé, le château de Maubuisson a accueilli une maison de retraite. C’est en 2006 que Philippe Plaissy a acheté la demeure pour y aménager salles de réception, chambres d’hôtes et appartements meublés. « Il a toujours voulu vivre dans un château. Quand j’étais petite, on en visitait partout, c’était son rêve. Et puis il est tombé sur celui-ci », raconte sa fille à nos confrères de L’Éveil normand. Philippe a vécu son rêve pendant sept ans. Élodie, propriétaire de la demeure depuis 2013, a tenté de s’y accrocher. « Mais la vie de château, ce n’est pas pour moi. »
La jeune femme âgée d’une trentaine d’années, installée à Paris, s’apprête à démarrer sa carrière d’inspectrice de l’Urssaf. Elle aspire à d’autres rêves : « J’ai envie de voyager, d’aller à l’étranger, de faire des rencontres. » Des envies totalement incompatibles avec le travail à plein temps qu’exige l’entretien du château, d’une superficie totale de 850m2.
En plus des travaux de rénovation, Élodie devrait s’atteler à la gestion des chambres d’hôtes et des salles de réception, sans oublier la taille des pieds de vignes plantés par son père dans les jardins de Maubuisson.

24 000 euros annuels de frais de succession

Des activités qui n’assurent pas le paiement des 24 000 euros annuels de frais de successions que la jeune propriétaire doit payer. Après plusieurs années de doutes, la jeune femme s’est finalement résolue à vendre son bien. « Cela me laisse un goût amer. Ce château représente des années de chine et de travail. Et moi, je vends tout. (…) Les gens pensent que je suis riche, mais en fait, cet héritage, c’est un cadeau empoisonné. Je suis prise à la gorge. »
Un cas qui n’est pas isolé. Les ventes de châteaux et de maisons de caractère se multiplient, notamment en Normandie. Marie Merien, de l’agence Patrice Besse, agence immobilière parisienne spécialiste de ce type de ventes, explique à L’Éveil Normand que la raison est conjoncturelle :

Les jeunes générations n’ont plus les moyens de reprendre les biens familiaux. Ces jeunes sont souvent en construction de vie privée et professionnelle. Des charges supplémentaires d’entretien de propriétés de famille pèsent donc lourd sur leurs revenus qui ne sont pas forcément conséquents. »

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